Terra Incognita Tomes 4, 5, 10… et 50?

Posted by Annie Bacon | Réflexions, Terra Incognita | Mercredi 3 mars 2010 07:56

Il m’est arrivé souvent d’en vouloir à certains auteurs de bandes dessinées de continuer les mêmes vieilles séries sans jamais rien offrir de nouveau. Scrameustache N.39, Yoko Tsuno N. 24, pourquoi Gos et Leloup s’entêtent-ils à ne faire carrière que de ces seuls personnages?

Puis, j’ai moi-même commencé une série de roman. Pas une série épique avec une fin prévue telle qu’Amos Daragon ou Harry Potter, quelque chose qui ressemble plus à une série de bandes dessinées ou d’animation télé: des aventures différentes à chaque livre, et un « presque statu quo » retrouvé à chaque dernière page. Le troisième était à peine entamé que j’avais déjà des idées pour les tomes 3 et 4. Récemment, un chapitre complet du tome 10 m’est venu en tête.

Je comprends maintenant les auteurs qui continuent des séries année après année! Une fois que les personnages t’habitent, les aventures viennent toutes seules. Une fois celles-ci en tête, pourquoi ne pas les écrire?

Cher éditeur, valide moi!

Posted by Annie Bacon | Le métier, Réflexions | Lundi 1 mars 2010 07:51

Récemment, Maxime DeBleu et Nancy Pilon discutaient sur Twitter de cette crainte, partagée par plusieurs écrivains, qu’un de leur manuscrit n’ait pas la qualité désirée.

Ma participation, en 140 caractères, ressemblait à ça : http://twitter.com/Annie_Bacon/status/9640758883 mais j’ai eu envie d’élaborer un peu.

Voilà : pour le premier manuscrit, le seul fait qu’un éditeur qui n’a jamais entendu parler de toi et qui n’est définitivement pas ton ami décide de le publier est preuve suffisante de la qualité du manuscrit. Ces gens en reçoivent des centaines par année et n’acceptent que très peu de nouveaux auteurs. La validation est complète (et très satisfaisante pour l’égo)!

Or, ce n’est plus le cas du deuxième manuscrit, surtout s’il s’agit d’une série! La question s’insinue : « et si mon éditeur (trice, dans mon cas) avait accepté de publier le Tome 2 uniquement parce que le Tome 1 se vend bien ». Un éditeur mercantile, ça s’est déjà vu! Ce doute est invariablement suivi par l’angoisse : « et si le tome 2 était mauvais! »  Reste quoi? Les critiques? Les chiffres de vente? Ces deux choses ne remplaceront jamais la validation de l’éditeur, Grand Autre par excellence de l’industrie.

Les trois pires règles d’écritures

Posted by Annie Bacon | Le métier, Réflexions | Mercredi 24 février 2010 21:29

Aujourd’hui, Mathieu Fortin, du blogue les archives du sanatorium, a partagé sur Twitter un fort intéressant article du Guardian intitulé « The ten rules for writing fiction »  dans lequel plusieurs auteurs connus dévoilent leurs dix règles d’écritures. À partir d’un tel article, je pourrais avoir eu envie de partager les perles (il n’y en a plusieurs), ou encore d’écrire mes propres dix règles. Ces deux choses viendront peut-être… pour l’instant, je préfère vous présenter les quelques règles auxquelles je m’oppose avec véhémence!

Elmore Leonard

Rule #3 : Never use a verb other than “said” to carry dialogue.

En fait, je suis tellement en désaccord, que, dans mes animations scolaires, je fais un segment complet sur l’incapacité du verbe “dire” à exprimer quelque chose d’intéressant! Imaginez la scène : un personnage perd pied au sommet d’une falaise et se rattrape in extremis à une racine.

- À l’aide, dit-il.

Et bien non! Il ne « dit » pas! Il crie, il hurle, il vocifère, il supplie, il s’époumone, il pleure, mais il ne « dit » certainement pas!

Richard Ford

Rule #2 Don’t have children.

Je comprends son point : les enfants prennent un temps fou, temps qui ne peut être utilisé pour écrire! Mais voilà, j’ai personnellement écrit mes deux premiers romans lors de congés de maternité. Sans enfants, je n’aurais possiblement jamais écrit de livre. D’ailleurs, une autre auteure, Helen Dunmore, cite le contraire comme règle numéro 8 : « If you fear that taking care of your children and household will damage your writing, think of JG Ballard.”

PD James

Rule #1: Increase your word power. (…) We who write in English are fortunate to have the richest and most versatile language in the world. Respect it.

Non, mais, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre! J’aimerais bien savoir combien de langues le PD James en question parle pour pouvoir affirmer une telle énormité! L’anglais, langue la plus efficace? Oui! La plus rependue? Peut-être. Mais la plus riche et versatile! J’en serais bien surprise!

Je joue à l’avocat du diable, mais en fait, l’article au complet est bien inspirant! J’ai possiblement décidé de lister les mauvaises règles parce qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que les meilleures!!! Paresse, quand tu nous tiens!

Je vous invite fortement à aller y faire un tour!

Les visites scolaires dans les salons : culture ou perte de temps?

Posted by Annie Bacon | Le métier, Réflexions | Vendredi 12 février 2010 14:21

Après la publication de mon dernier billet, pensés après cette première journée de salon, une grande discussion s’est engagée sur Facebook entre de mes amis auteurs et de mes amis professeurs au sujet de l’interdiction d’acheter des livres au Salon que certaines écoles en visite imposent à leurs élèves. Évidemment, cette décision ne plaît pas aux auteurs qui prennent une journée à leur frais pour faire de la promotion et n’ont pas envie de la passer à poireauter devant des piles de livres invendus.

Les raisons des professeurs sont nombreuses : argent perdu, emphase des inégalités sociales, mauvais choix de livre, enfants pris dans une file pour payer alors que l’autobus s’en va, etc. Je comprends parfaitement les raisons des enseignants : la gestion de l’argent est une chose compliquée à apprendre aux enfants, possiblement une qui devrait être du ressort des parents plutôt que de celui des professeurs.

N’empêche que le résultat est que les enfants ne font qu’errer sans but pendant une heure entre les allés de livres en collectionnant les signets devant des auteurs qui, eux, se disent qu’on ne les y prendra plus. Donc, si cette tendance se maintient, les auteurs bouderont de plus en plus l’événement, du moins durant la semaine, et, avouons-le, tant qu’à amener les élèves dans un salon sans auteurs, les écoles sont aussi bien de les amener au Renaud-Bray!

Mon conseil au Salon du livre jeunesse de Longueuil:

Utilisez plutôt les jours de semaine pour organiser une journée pour les professionnels (conseillers pédagogiques, bibliothécaires, etc.) remplie de conférences et d’animations. Si vous réussissez à en attirer un bon nombre, les éditeurs se battront pour un espace-kiosque.

Mon conseil aux parents :

Allez au Salon du Livre Jeunesse avec vos enfants, donnez-leur 20$ et « lâchez-les lousses »! Le salon est trop petit pour être dangereux, et ce sera pour eux soit une belle occasion d’apprendre, soit une belle occasion de vous surprendre.

Mes conseils aux écoles qui imposent cette interdiction d’achat :

- Si vous désirez que vos élèves aient un contact avec des auteurs, invitez-en plutôt un dans votre classe, que ce soit pour une animation comme la mienne, avec la Caravane de la fête du livre où avec le programme La culture à l’école.

- Si vous désirez leur offrir un moment privilégié entouré de livres, amenez-les à la bibliothèque où ils pourront les ouvrir et s’y plonger.

- Si vous désirez tout de même les amener au Salon, imposez-leur au moins un devoir qui les obligera à regarder les livres, par exemple d’en noter trois qui serviront de suggestions pour la bibliothèque de l’école.

Finalement, il existe aussi une solution qui les englobe toutes : certaines librairies (Boyer sur la Rive-Sud, et BuroPlus à Saint-Jean, entre autres) font des salons privés dans les gymnases des écoles. On jumèle le tout avec une présence d’auteur dans les classes, et les achats s’effectuent avec les parents lorsqu’ils viennent chercher leurs rejetons après 3 h! Tout le monde y gagne!

Pensées en vrac après cette première journée de Salon

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Mercredi 10 février 2010 17:31

Tenir son livre dans ses mains pour la première fois, c’est toujours un bon « feeling »!

Fini la distribution systématique des signets! Je ne renfloue plus ces collections qui termineront toutes éventuellement dans les poubelles! Je ne les donne plus qu’aux personnes qui semblent réellement intéressées.

J’ai beau comprendre les raisons des professeurs, je trouve qu’interdire aux enfants d’acheter des livres lors de leur présence au salon, c’est envoyer le mauvais message à tout le monde!

C’est l’arrivée des « booth babes » dans les Salons du livre! Juste devant notre kiosque, une grande blonde habillée en « SuperGirl » faisait la promotion de livres personnalisés de Marvel.

Les professeurs de primaire masculin existent! J’en ai rencontré trois juste aujourd’hui!

Supplique pour une librairie dans mon quartier!

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Jeudi 21 janvier 2010 11:37

À chaque fois qu’une nouvelle boutique ferme ses portes dans mon quartier, soit l’est du Plateau, je scande intérieurement : « librairie, librairie, librairie! ». Voyez-vous, en bonne piétonne montréalaise que je suis, mon quartier m’offre tout le nécessaire à l’intérieur de quelques coins de rue. Tout, sauf une librairie qui vend des livres neufs. Pour ça, il faut marcher un bon 25 minutes pour se rendre au Renaud-Bray rue Saint-Denis, un établissement qui ne pourra jamais être qualifié de « librairie de quartier », pour cause de taille « gigantissime ».

L’envie est encore plus grande depuis que je suis auteure! Je rêve de connaître mon « libraire du coin » pour qu’il place mon livre un peu plus en vue que les autres et qu’il me laisse faire une petite séance de dédicace de temps en temps!

J’en appelle donc, par la présente, à la Librairie Monet, dont le blogue fait preuve de la passion et de l’attachement littéraire de ses employés, pour qu’ils viennent s’installer dans le secteur est du plateau, également connu sous le nom antique de « Village de Lorimier ». Pourquoi eux? Parce que tout établissement qui fait une journée spéciale « Claude Ponti » mérite mon respect! Pourquoi l’est du plateau? Parce que c’est un quartier de plus en plus familial, toujours aussi intello, et avec, possiblement, le plus haut taux national d’auteurs par mètre carré!

J’ai même fait un peu de repérage : l’épicerie Métro, Le Bingo Papineau et le Centre Hi-Fi abandonnent tous les trois des locaux suffisamment grands pour les besoins de la cause!

C’est le narrateur qui parle, qu’on se le dise.

Posted by Annie Bacon | Lectures, Réflexions | Mardi 5 janvier 2010 17:18

Profitant d’une visite à la bibliothèque, j’ai pris quelques secondes pour feuilleter le livre Piquette le chat boiteux d’André Richard, mieux connu pour son personnage de Fanfan Dédé à la télévision. À ma grande surprise, le moindre paragraphe est chapeauté d’un nom de personnage, un peu comme un scénario de film ou de théâtre. La pratique n’est pas complètement surprenante dans un roman jeunesse, mais même les phrases du narrateur y sont annoncées comme telles.

CHAT BOITEUX: Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Donec molestie justo eu turpis accumsan adipiscing. Sed scelerisque ultrices massa, sed suscipit nunc blandit nec.

NARRATEUR: Suspendisse consequat blandit risus id fringilla. Duis nec metus purus, sit amet viverra eros. Praesent non purus nec elit feugiat tempor vel eu eros. Proin sit amet nisl massa, nec convallis mauris.

CHAT BOITEUX: Praesent felis nibh, dictum at hendrerit tempor, vestibulum sit amet nisi. Sed odio velit, scelerisque ac congue eget, egestas nec ante. Cras auctor, neque vel ultrices aliquet, dui nisl semper nunc, vitae varius erat mauris vitae tellus.

J’adore quand le narrateur, de par sa personnalité, devient un personnage. Le meilleur exemple étant possiblement le fameux Lemony Snicket de la série des Orphelins Beaudelaires. Mais pourquoi transformer ses commentaires en dialogue? Par défaut, si aucun personnage ne parle, c’est qu’il s’agit du narrateur, non?