Archives pour la catégorie Réflexions

Pourquoi pas faire la lecture aux plus grands?

Comme la plupart des parents, j’ai fait la lecture à mes enfants tant qu’ils étaient petits… puis j’ai arrêté.

Il aura fallu une commotion cérébrale pour que je recommence, avec ma plus grande. Elle devait bien avoir 10 ans, et un coup à la tête lui a légué de vilains mots de têtes qui la rendaient incapable de faire quoi que ce soit. Nous étions au chalet de ma belle-mère, loin de ma propre collection de livres, mais j’ai mis la main sur le premier tome d’Harry Potter dans la bibliothèque.

Je lui ai fait la lecture.

Nous avons lu le premier assez rapidement, puis les deux suivants de manière beaucoup plus aléatoire, profitant des soirs où son père était en voyage d’affaires et que les deux plus jeunes étaient couchés. J’ai fermé le troisième tome alors qu’elle avait 12 ans.

Cette année, avec notre exil temporaire en France, ma plus jeune s’est mise à faire de l’anxiété et de l’insomnie. Nous lui avons apporté plusieurs solutions dont je ne ferai pas étalage ici, mais dans la trousse, ce qui a le plus aidé côté sommeil, c’est le retour à la lecture du soir. Voilà un mois que je lui lis Tobie Lolness, à raison de quelques pages par jours.

Elle a huit ans; elle adore ça!

En ces temps de quarantaine, où les heures peuvent être longues, pourquoi ne pas tenter le coup? Pour les plus jeunes, remplacez l’album pour le roman, ça vous changera de lire le même livre vingt fois de suite. Pour les plus vieux, aidez-les à lire quelque chose qu’ils n’oseraient pas lire seuls, découvrez ensemble un nouvel univers, ou faites-lui découvrir le classique qui a marqué votre jeunesse! Parlez-en, faites-en votre jardin secret.

Quoi qu’il arrive, vous en sortirez tous les deux gagnants!

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Les droits d’auteur en France: l’éléphant dans la pièce!

illustration de Karen Arnold prise sur publicdomainpictures.netEntre le rapport Racine et l’affaire Matzneff, il s’en passe, des choses, dans le monde de l’édition en France en ce moment. Aujourd’hui, c’est plutôt du premier dont je voudrais vous parler, mais surtout, je veux partager mon étonnement de « personne extérieure » sur ce qui me semble absent du débat.

Petite mise en contexte, le rapport Racine, intitulé « L’auteur et l’acte de création » est une étude sur les conditions de travail et de vie des auteurs, avec, à la clé, des suggestions pour améliorer leur sort.

Autour de ce rapport, il a été beaucoup question, dans les médias, de surproduction, de régimes de retraite, et de la possibilité de rémunérer les auteurs pour leur temps en salon du livre.

Pourtant, de mon œil extérieur, le vrai nerf de la guerre devrait être le suivant :  le faible pourcentage de droit d’auteur que reçoivent les auteurs français!

Explication chiffrée ci-dessous.

La situation au Québec
J’ai 25 romans jeunesse publiés au Québec. Chacun de ces livres me rapporte 10% du prix de vente suggéré (parfois séparé avec l’illustrateur, selon les cas). Il ne m’est arrivé que deux fois, au Québec, de me voir offrir moins. Dans le premier cas, l’éditeur s’est ravisé, et a depuis changé ses politiques. Dans le deuxième cas, l’éditeur est resté sur sa position, et je suis repartie avec mon manuscrit sous le bras. Je suis chanceuse, j’ai les reins assez solides pour me permettre de dire non.

Bref, au Québec, la norme, c’est 10%.

La situation en France
J’ai signé un seul livre à 8%, c’est celui publié en France. Là-bas, c’est la norme, j’y étais préparée. Voici quelques chiffres pour illustrer la chose, tirés de l’étude « 7e baromètre des relations auteurs /éditeurs » réalisée en l’honneur du Salon du livre de Paris de 2018.  (point 3, rémunération pour ceux qui veulent lire le texte original).

Je vous en donne les grands points :

  • Taux moyen de rémunération des auteurs en France: 7,2%
  • Seuls 24% des auteurs y reçoivent 10% de droits d’auteurs, les autres moins!
  • En jeunesse, le taux peut descendre aussi bas que 6% (qui devient 3% lorsque séparé avec l’illustrateur).

10 % au Québec, même pas tout à fait 8% en France. Pour voir lequel des deux est hors norme, j’ai cherché des chiffres de ce qui se fait dans d’autres pays. Notez que je ne suis pas journaliste, on ne parle pas ici d’enquête de fond, mais voici tout de même ce que j’ai trouvé.

La situation ailleurs :
Aux États-Unis, selon « the business of Publishing » de Alan Jacobson, les auteurs recevraient 10% à la base, avec une clause escalier à partir de 5000 copies vendues.

L’étude de 2010 « les droits d’auteurs en usage en Europe » nous donne* :

Allemagne : 9,56 % en moyenne (p.21)

Espagne : 10% à la base (p.37)

Grande-Bretagne : 10 % pour un auteur moyen, plus pour un auteur installé (p.52)

Ce n’est donc pas la Québec qui exagère avec ses 10%, c’est la France qui est en dessous des normales!

Pourquoi alors ce n’est pas la première chose dont on nous parle lorsqu’il est question, en France, d’améliorer le sort financier des auteurs?

 

*Notez que pour tous les chiffres cités, on parle des éditions principales, et non des éditions de poche, pour lesquels les chiffres sont habituellement moin élevés partout.

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Résolution 2020 : laisser-aller…

La plupart des résolutions de janvier que j’ai prises sur ce site, à date, étaient des résolutions de lectrices : lire des romans québécois, lire des classiques, partager les œuvres que j’aime, etc. Cette année, je prends une résolution d’autrice : ma carrière va bien, il est temps que je laisse aller mes livres une fois publiés.

Je m’explique!

Je suis une mère poule! Tant avec mes enfants qu’avec mes livres. Avec ces derniers, une fois qu’ils sont publiés, je m’inquiète de leur sort. Sont-ils disponibles sur les tablettes? Sont-ils lus? Sont-ils appréciés? Commence alors une spirale de vérification de l’inventaire des librairies, des médias sociaux et des sites littéraires.

Bref, beaucoup d’énergie dépensée. POUR RIEN!

Pour rien, parce que la plupart du temps, il n’y a rien d’intéressant à y trouver, puisque la vie de mes livres se fait sur le long terme. Pour rien parce que les nouvelles importantes finissent par se rendre à moi de toute manière, via mes éditeurs ou mes amis. Pour rien parce que, une fois le livre publié, je n’ai plus grand contrôle sur ce qui lui arrive.

En y réfléchissant, je crois que cette compulsion à rechercher de l’information était reflet d’une grande ambition : vivre de ma plume. Je consultais les sites comme d’autres consultent les oracles : « Goodreads, Goodreads, dis-moi, puis-je y croire encore? ». Mais voilà, l’ambition est remplie : je suis revenue au salaire que j’avais comme employé de bureau. Il est temps de profiter de ce métier fantastique, et de lâcher prise!

Désormais, j’écris mes livres, je les relâche dans l’univers, et je passe à autre chose!

Fiouf! Ça va faire du bien.

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Réflexion de déracinement #3: on s’adapte moins vite qu’on pense

Petit rappel, j’utilise mon déménagement pour analyser les réactions d’un humain sorti de sa culture. Chez un auteur normal, ces réflexions peuvent servir pour une histoire d’adolescent qui déménage et change d’école secondaire. Dans mon cas, il y a plus de chances que ça serve au passage d’humains vers un monde parallèle, ou à l’arrivée d’un extra-terrestre dans un petit village des Laurentides.

Billet lui-même, maintenant:

Voilà près des cinq mois que je suis en France, soit la moitié de notre séjour. On pourrait penser que ça y est, mon adaptation est faite, et c’est vrai sur certains points. Je ne me pointe plus dans un petit magasin local en début d’après-midi (c’est fermé!!), le St-Moret a remplacé le beurre d’arachide sur mes rôties du matin, et je prends les ronds points comme une championne.

ET POURTANT…

Pourtant, il reste plusieurs adaptations qui tardent à venir! La première est celle du langage! Je suis toujours incapable de parler du repas du midi comme étant le déjeuner, ou celui du soir comme étant le dîner. Même chose pour calorifère (radiateur) et boîte à lunch (panier-repas). J’ai beau savoir que ce sont les termes utilisés ici, ce ne sont pas ceux qui sortent de ma bouche. C’est comme si la portion de mon cerveau qui traduit d’une culture à l’autre avait toujours quelques secondes de retard sur ma parole. Lors de dialogues, je suis constamment en train de me reprendre moi-même lorsque je parle à des Français.

Le deuxième problème, c’est la fameuse bise! Au moins, dans le sud, c’est deux, comme au Québec! Ça fait déjà ça de pris. Par contre, c’est beaucoup plus souvent. Les premières fois que des gens que je n’avais rencontrés qu’une seule fois ont approché leur bouche de mes joues alors qu’on se croisait à peine, mon réflexe a été de reculer avec un air terrifié. J’ai probablement insulté des dizaines de Français en agissant de la sorte! Avec le temps, je m’y suis fait, preuve qu’il y a adaptation,  mais cette dernière n’est pas complète. Il y a une chose à laquelle je ne m’habitue pas: faire la bise aux enfants. Déjà, ça m’a pris DES SEMAINES avant de comprendre pourquoi, lors de rencontre avec leurs parents, les enfants se plantaient parfois devant moi, sans rien dire, le visage tendu vers le haut. Et si, maintenant que j’ai compris, je suis capable de m’y contraindre, le geste ne m’est toujours pas naturel, et je m’y dérobe dès que je sens que je peux le faire sans offusquer personne.

Bref, cinq mois plus tard, je suis encore, parfois, un poisson hors de l’eau.

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Prédictions 2020

image prise sur clipart libraryGrande année d’incertitude au niveau personnel, puisque la sabbatique en Provence prendra fin au mois de juillet, que nous n’aurons plus de maison rendus là! Ou habiterons-nous? Le plan officiel est Montréal, préférablement dans un quartier qui permettrait à la grande de continuer son secondaire dans la même école, mais en vérité, le tout dépendra des opportunités d’emploi de mon mari!

Côté professionnel, j’aimerais bien continuer de publier des deux côtés de l’Atlantique, mais je n’ai, pour le moment, rien d’autre de signé en France et ma fenêtre d’opportunité pour 2020 se rapetisse à vue d’œil. C’est donc sous le signe des « on verra », comme le dit si bien ma comparse Geneviève Blouin dans son propre bilan de prédictions.

En fait, j’ai un seul livre de signé officiellement pour 2020 :

  • Pétronille Inc. T2 : Chauves-souris locales

Qui devrait sortir au printemps! J’ai tout de même d’autres publications de prévues, mais comme ce sont des albums, et que ma malchance avec ceux-ci est légendaire, je ne sabrerai pas le champagne tant que ça ne sera pas signé!

Les voici tout de même :

  • Un album de coureur des bois
  • Un album plutôt sérieux

Qui devraient sortir tous les deux chez le même éditeur.

À tout ça pourrait s’ajouter un troisième Pétronille, et un premier tome de nouvelle série annoncé sous le nom « Les Abysses » dans mon bilan de 2019. Le Soutermonde n’est pas tombé dans l’oubli, mais il prendra une presque-pause* en 2020 pour mieux vous revenir en 2021 si tout va bien!

Côté écriture, il y a plus de projets qu’il y a de temps dans l’année! L’incertitude sera donc surtout une question de priorité, selon ce que je réussis à signer d’ici l’été! Seuls les deux premiers sont certains :

  • Pétronille T.3 : Mandragore sans gluten
  • Un projet secret chez Bayard (chuuuuut!)

Les autres sont pure spéculation :

  • Un (ou deux) projets du Soutermonde
  • La suite des Abysses
  • Un Magical Girl T2, si jamais je finis par placer le premier!
  • Un autre album, on y prend goût!

Alors voilà, une année sous le signe de l’incertitude, mais que je commence avec optimisme et trépidation! Au plaisir qu’on s’y croise!

 

* J’expliquerai le « presque » en temps et lieu!

 

 

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Découverte du « livre familial »

Clémentine Beauvais ne blogue pas souvent, mais lorsqu’elle le fait, c’est toujours hyper intéressant! La semaine dernière, elle a publié un billet dans lequel elle disait, en gros : il existe des « films familiaux », alors pourquoi pas des « livres familiaux », pour ensuite décrire, analyser et tenter de définir ce qu’il est.

Lisez le texte entier, c’est ici!

Il y a quelque chose de jouissif dans cette idée : que l’on puisse lire un livre, partager notre plaisir et en discuter en famille comme on le fait avec les séries télé et les films. Chez nous, on le fait également avec les BD. Je discute des Bergères Guerrières avec ma fille comme je discutais des Thorgal avec mon père étant enfant.  Et les livres…? Mais oui! Pourquoi pas les livres! Comme les albums que l’on lisait tous ensemble avant que notre progéniture ne sache lire… mais cette fois, avec la possibilité aussi de les lire chacun de son côté.

Il aurait été facile de dire qu’il suffit qu’un livre soit bon pour qu’il puisse être familial, ou encore de mettre seulement tous les classiques dans ce bateau. Heureusement, le billet de Clémentine Beauvais va plus loin! Il est d’excellents livres jeunesse qui ennuient les adultes et ravissent les enfants! Comme il est des titres méconnus qui peuvent faire de très bons livres familiaux. Non, la classification est ailleurs.

Je recopie ici son paragraphe qui en liste ses hypothétiques prérequis :

« Par exemple, je crois que le ‘livre familial’, comme le ‘film familial’, entretient un rapport principalement romantique à l’enfance et à l’adolescence, avec des thèmes de prédilection comme la nature, le voyage, la famille (of course) et la littérature; valorise la découverte et l’aventure, une certaine ouverture sur le monde libérale; une esthétique de l’émerveillement ou de la curiosité; est plutôt intertextuel/ interréférentiel et révérend envers les classiques; est stylistiquement d’un registre de langue plutôt élevé, l’esthétique stylisée, métaphorique, le ton spirituel et bienveillant, pas majoritairement cynique; l’humour à différents niveaux (du scatologique au pastiche); et suit des chemins narratifs plutôt bien balisés. Il a tendance à avoir une voix narrative bien définie, souvent une troisième personne focalisation interne, qui incite à la performativité et à l’oralité. Il est publié et distribué commercialement dans une tranche qu’on appellerait ‘mid-brow’ en Angleterre, c’est-à-dire ni snob ni littérature très commerciale, juste entre les deux. »

Il y aurait sans doute place à une grande discussion sur chacun des points, mais mon épiphanie personnelle est surtout que je reconnais certains de mes livres dans cette liste (particulièrement sur l’esthétique de l’émerveillement et le niveau de langue plutôt élevé que me reprochent parfois les professeurs, mais pas du tout sur l’humour à deux niveaux, qui n’a jamais été ma force!). J’ai toujours dit que mes Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage et, plus récemment, La Promesse du fleuve, étaient mes livres les « plus accessibles aux adultes ». J’ai d’ailleurs des mamans qui me disent avoir volé le premier à leur fille et avoir adoré, et une journaliste m’a récemment demandé du deuxième si c’était vraiment du jeunesse, parce qu’elle y avait pris son pied!

Je n’ai jamais trop su qu’en penser, mais désormais, j’ai une réponse si jamais on me demande le public cible : ce sont des romans familiaux, voilà tout!

En post-scriptum, je voudrais ajouter quelques titres que j’affectionne particulièrement à ceux que Clémentine Beauvais cite en exemple de romans familiaux :

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Réflexion de déracinement #2: les petites choses qui tuent

Pour la réflexion #1, c’est par ici! 

On pourrait croire que les différences les plus énormes seraient ceux qui nous marque le plus lorsqu’on vit dans une autre culture. Étrangement, c’est tout l’inverse! L’accent, je ne l’entends même plus, comme je ne remarque plus les grandes différences architecturales. Je ne m’étonne même plus de voir les gens se stationner sur le trottoir, j’ai même déjà tendance à faire comme eux.

Vous voulez savoir ce qui me fait sentir le plus loin de chez moi?

Les feuilles mobiles. Elles ne sont pas lignées de la même manière qu’au Québec, et ça me tue à chaque fois.

Voici la comparaison:

Motif d’une feuille mobile du Québec

feuille mobile canadienne

Motif d’une feuille mobile en France (aussi appelées « copies simples »).

feuille mobile francaise

C’est tout bête, une différence sans importance, mais c’est justement sa mondanité qui lui donne toute sa force. C’est un objet du quotidien que l’on tient pour acquis, que l’on ne remet pas en question… jusqu’à tomber sur une version nouvelle.

Lorsqu’on crée de nouvelles cultures en littérature de l’imaginaire, on s’attarde souvent sur le cérémonial: culte, événements spéciaux, objets d’apparat, etc. Alors que la différence culturelle (ou l’altérité, si vous préférez) peut jaillir de partout, même de l’objet le plus banal.

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Les vibrants portraits anthropomorphiques de Travis Louie

Ça fait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’art contemporain. Mon obsession actuelle est pour Travis Louie, qui peint des portraits si réalistes qu’on dirait de vieux Daguerréotypes. En plus, les portraits en question représentent parfois des personnes excentriques, parfois des créatures étranges, et, dans ma série préférée, des animaux anthropomorphisés!

Trois des "storied animals" de Travis Louie
Trois des « storied animals » de Travis Louie

C’est donc eux que je vous présente ici, ses « storied animals », ou animaux historiés. Ils ont l’air si vivants qu’on croirait qu’ils ont véritablement existé, et pour amplifier cette impression, l’artiste accompagne la plupart des portraits de la biographie du personnage.

Voici deux exemples, pris sur le site de la Gallerie Roq La rue de Seattle, où Travis Louie vient tout juste d’exposer :

Travis louis rabbit « Sam was thought to be part rabbit, part wallaby, but very often he was referred to as that “rabbit”. He was very ill-tempered and prone to cussing. He also had the nickname of “Surly Sam”. They say when Sam was a small child, his whole family was eaten by wild dogs and being the only survivor of that ordeal made him mean and quick tempered. For a short time, he was a lawman in New Mexico, but he let his temperament get the better of him and was fired for excessive use of force on a public building. When gold was discovered in the North Dakota territory, Sam moved out there, became a goldminer, and spent the rest of his days living a more solitary existence taking out his aggressions with a pickaxe and shovel.”

Travis Louie pig« Harriet was a popular “entertainer” at an establishment in Port Royal, Jamaica. She possessed a remarkable ability to make people laugh while also insulting them. It was her skill at detecting a person’s deepest insecurities and making light of them that was so alluring. She attracted many would be suitors, which consisted mostly of sailors, thieves, and the occasional cutthroat. She made the best of her situation and longed to save enough money to retire to a farm in the Americas. Her plans changed when she met a privateer who used his letters of marque to acquire a vast fortune only to have it stolen by his first mate. She struck a deal with him to help lure his betrayer into a trap and share the recovered treasure. The scheme worked and she ended up living the rest of her life with him on a sugar plantation. »

J’aime à penser que Travis Louie invente l’histoire de ses personnages en amont, et que c’est ce qui donne tant de vie à ses portraits. Ils seraient alors de parfaits exemples de ce que l’on peut faire en écriture : étoffer le passé (back-story) de nos héros pour les rend plus crédibles. Même si le matériel ainsi créé n’est pas utilisé directement dans l’œuvre finale, on sentira, dès la première rencontre, qu’ils ne sont pas que de simples protagonistes en carton-pâte.

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Réflexions de déracinement #1 : La différence entre culture et personnalité 

Lorsque je parlais à une amie (coucou Eza!) de notre année en Provence, elle m’a demandé tout naturellement si j’allais écrire sur l’expérience. Je dois avouer que je n’y avais pas pensé jusque là! Après tout, j’écris rarement le réel, et même, je ris régulièrement du grand nombre de romans miroirs qui commencent par un déménagement (et finissent par un bal de fin d’année!).

Deux mois plus tard, je n’ai toujours pas l’intention d’écrire le récit de mon déménagement, mais je réalise que l’expérience acquise me sera utile dans l’écriture de romans de l’imaginaire. Ces réflexions risquent de faire une série de billets, dont voici donc la première :

La différence entre culture et personnalité. 

Lors de la première rencontre de parents avec la professeure de ma plus jeune, j’ai rigolé intérieurement, car je trouvais que sa professeure semblait bien stricte, et qu’en fait, je m’y attendais un peu. Nous avions même averti les enfants sur ce point avant leurs rentrées respectives. Pourtant, quelques semaines plus tard, je discutais avec une mère du coin, dont le fils avait eu la même professeure, et elle a commenté sur sa sévérité. Ce que j’avais pris pour une différence culturelle (tous les professeurs français sont sévères) n’était en fait que le trait de personnalité d’une seule personne.

En récit fantastique, il arrive souvent que l’on ne présente de prime abord qu’une seule personne d’une race inventée. Lorsqu’on désire introduire une seconde personne de la même race, on se retrouve devant cette grande question: “qu’est-ce qui est culturel et commun à tous ceux de la race, et qu’est-ce qui fait simplement partie de la personnalité du personnage initial?”

C’est une ligne difficile à tracer! S’ils tous les personnages se ressemblent trop, la race deviendra caricaturale. S’ils sont trop différents, aucune culture n’émergera et l’effet d’exotisme sera gâché.

Ajoutez à ça le fait qu’il y a des exceptions partout (un Italien introverti, ça existe!), et qu’en plus, la littérature aime bien s’intéresser aux personnages qui ressortent du lot. Le seul représentant pacifiste d’une race guerrière sera bien plus intéressant que ses cinq cousins à gros bras qui rentrent dans le rang!

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Le cabinet de curiosités

D’abord un petit mot pour dire qu’il y a un exemplaire de Pétronille gagner sur mon Facebook! C’est tout!

Je l’avais vu annoncé il y a quelques semaines: “Salon de l’imaginaire du pays d’Aix”. L’événement me tentait bien… puis j’ai vu qu’ils proposaient un cabinet de curiosité, et c’est devenu un incontournable! Si j’aime les littératures de l’imaginaire, je ne peux résister à ces collections d’objets hétéroclites qui jouent les funambules entre le merveilleux et le bizarre! Voici quelques-unes de mes trouvailles:

Tout d’abord, il y avait Retro Univers, une compagnie de Carcassonne,  qui proposaient des accessoires steampunk, des pieuvres articulées, et des livres hantés sous vitres.

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Puis, Studio Landai qui, pour leur part, avait des squelettes d’animaux, des hippocampes séchés, et même un masque à gaz classique.

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Gros coup de coeur pour les potions magiques qu’offrait l’Atelier des flammes noires! Tellement que je compte conserver mes prochains pots d’épices vides… et peut-être mettre ma plus grande là-dessus!

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Et finalement, clou du spectacle, une exposition de l’artiste Gerard Boyer, pour lequel je n’ai malheureusement pas trouvé de site web, mais qui fabrique des machines-animaux plutôt abstraites, mais qui prennent vie de manière fascinante lorsque les spectateurs appuient sur un bouton. Je m’en veux de ne pas avoir fait de vidéos pour vous montrer… il faudra, pour ce coup-ci, me croire sur parole!

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