Le problème avec les premiers tomes

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Dimanche 22 janvier 2012 20:52

J’ai récemment envoyé le manuscrit du tome 1 de ma nouvelle série pour Courte Échelle. Je l’ai travaillé, et retravaillé, en sachant comment ce début de série est important. Pourquoi? Parce que c’est la porte d’entrée des lecteurs pour tous les livres qui suivront. C’est la qualité de cet ouvrage qui décidera du nombre de tomes 2, 3, 4, etc. vendus. Eh oui, si mon dernier billet portait sur les différents éléments qui font vendre un livre, cette liste ne s’applique que pour un roman unique, ou pour le premier tome d’une série. Pour tous les livres subséquents, la qualité du premier prime.

Je vois bien ce phénomène avec Terra Incognita. Malgré le fait que chaque aventure soit complète et que les livres puissent être lus dans le désordre, je vends, année après année, plus du tome 1 que de n’importe quel autre. Les nouveaux lecteurs préféreront commencer au début plutôt que de plonger dans la dernière nouveauté fraichement sortie des presses d’impression.

Pourtant, et voilà bien le problème, le tome 1 n’est pas nécessairement le meilleur! Les personnages en sont à leurs premiers balbutiements, l’auteur joue encore avec le ton, la forme, voire même les règles qui régissent l’univers qu’il est en train de créer. Ce n’est qu’avec l’écriture des tomes 3 et 4 de Terra Incognita que j’ai vraiment eu l’impression d’utiliser la série comme elle le mérite! Je connais les personnages par cœur, et je tire tout le jus possible de la personnalité de chacun! Dans le tome 1 de ma nouvelle série, j’ai l’impression de tâtonner, de changer des concepts cruciaux en cours de route et devoir tout réviser. Au fil du travail, il a, évidemment, pris forme, mais le second sera meilleur, et le troisième après lui encore plus!

C’est un phénomène que la télévision et le cinéma connaissent bien. La plupart des séries sont écrites dans le désordre, pour que le premier épisode, le plus crucial pour l’avenir de la série, soit écrit à l’apogée des capacités des scénaristes! De la même manière, les premières scènes d’un film ne sont jamais les premières tournées, afin que les acteurs aient eu le temps de s’imprégner de leur rôle et faire une meilleure première impression.

Écrire le tome 3 en premier? Est-ce vraiment une solution possible? Je ne suis pas certaine que mon cerveau soit capable de penser son histoire dans un tel désordre!

L’année qui fut

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Jeudi 5 janvier 2012 16:42


Ce qui est bien avec un blog, c’est que, à l’heure des bilans, on peut retourner en arrière pour voir avec précision quel était l’état des choses un an auparavant, histoire de se donner un peu de perspective.

Ce qui j’y ai trouvé?

D’abord, une résolution, celle prise en janvier 2011, de lire plus de livres. Je suis très satisfaite de dire que ce fut un succès. J’ai lu de tout, comme prévu, et en plus, j’y prends goût. On dirait que plus je lis, plus la télé m’ennuie. De plus, je suis en train de parfaire ma culture littéraire jeunesse, je vous reviendrai bientôt sur mes lectures de grands classiques.

Ensuite, une analyse de l’année 2010 comme étant « celle du développement ». J’y dis avoir « semé à tout vent » et espérer que 2011 en verrait les fruits.

 

Le résultat, un an plus tard?

Projet

État en janvier 2011

État actuel

Livre illustré En négociation avec 2 éditeurs Signé avec Boomerang, paraîtra en 2013
Roman pour les tout petits Sur une tablette Acceptée par du Phoénix, paraîtra en septembre 2012
Nouvelle série d’aventure Plan global proposé à 1 éditeur, sans réponses Plan étoffé proposé à 2 éditeurs. Signé avec Courte Échelle, paraîtra en septembre 2012
Conte de Noël en rimes Envoyé en France Aucune nouvelle

 

L’année en chiffre :

Livres écrits : 1 roman et demi + 1 livre illustré

Nouvelles séries placées : 3

Livres publiés : 1

 

Je déclare donc que l’année 2011 aura été celle des ententes d’éditions!

Je pète ma coche contre l’absence de livres québécois sur le Kindle

Posted by Annie Bacon | Livres numériques,Réflexions | Mardi 13 décembre 2011 11:07

J’ai un Kindle depuis quelque mois, et je n’ai jamais acheté autant de livres! Le processus est facile, instantané, et je n’ai même pas besoins de sortir ma carte de crédit, ce qui me donne l’impression (fausse, je sais) que ça ne coûte rien! Sans blague, je crois avoir acheté plus de livres neufs dans les deux derniers mois que dans la dernière année!

Combien de livres québécois, ou même francophone dans tout ça? ZÉRO!

Pourquoi? PARCE QU’ILS NE SONT PAS LÀ!!!

Tout le monde se vante de leur passage au numérique! Youpi, youpi, nos livres sont disponibles en numérique, de dire les Éditions X, Y, et Z (à ne pas confondre avec les Éditions XYZ). Pourtant, j’ouvre mon Kindle, effectue une recherche dans le « kindle store » et NE TROUVE RIEN!

Je sais bien, je pourrais me lever de mon fauteuil, aller à mon ordinateur, le commander sur un des autres magasins, envoyer le tout par courriel à mon kindle, et lire. Je le pourrais… et pourtant, je ne le fais pas. C’est beaucoup plus facile de lire autre chose, un gros succès américain qui, lui, est à ma portée. C’est la simple loi du moindre effort. Vous me trouvez paresseuse? Je m’en fous, ce n’est pas le point de ce billet.

Le grand rêve du numérique était que, avec la disparition du concept « d’espace-tablette », les livres puissent être disponibles facilement et en tout temps. Si votre livre n’est que sur la hutte, ou sur le site de Archambault, c’est comme s’il n’était qu’à la petite librairie indépendante du coin, et pas chez Renaud-Bray. Alors pourquoi les livres québécois n’y sont pas?

C’est peut-être interdit? me suis-je dit. Pourtant, les livres de Marie Potvin, eux, y sont!

C’est peut-être compliqué, ou onéreux? Me suis-je ensuite dit. Mais selon le site ehow, l’opération est, je cite : « moderately easy », et tout à fait gratuite puisque le modèle d’affaire de Amazon est de se prendre un pourcentage sur les ventes, comme n’importe quelle librairie.

Alors POURQUOI, POURQUOI, est-ce que les auteurs québécois ne sont pas disponibles sur Kindle? Michel Tremblay? Niet! Annie Groovie? Non plus! Dany Laferrière? Uniquement en anglais?!

Je suis toute prête à accepter l’idée qu’il existe une excellente raison pour ces absences… une raison que, dans mon ignorance, je ne réussis pas à voir pour le moment. Si c’est le cas, éclairez mes lanternes, parce que, en attendant, je pète ma coche!

Le « top 3 » de mes tics d’écriture!

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Jeudi 8 décembre 2011 14:00

Comme le savent ceux qui suivent ma page d’auteur sur Facebook, je suis en révision depuis deux semaines. Après avoir partagé quelques perles sur les médias sociaux, je vous dévoile mes trois plus grands tics d’écriture, tels que repérés par moi-même! J’en ai, évidemment, bien d’autres, mais ceux là, je les réserve pour mes éditrices et leurs correctrices!

Tic numéro 1 : la description est dans le regard des autres…

À me relire je remarque avoir tendance à trop insister sur la direction des regards de mes personnages. Comme si seule cette interaction me permettait d’insérer des descriptions. C’est le principe « If a tree falls in the forest… ».

Exemples de phrases révisées:

« X regarde le visage de Y se tordre de douleurs »

« Le regard de X est attiré au sol, à l’endroit ou les hautes herbes ont étés couchées par le corps de l’animal. »

 

Tic numéro 2 : les verbes timorés

J’utilise beaucoup plus qu’il n’est utile des verbes qui annihilent l’action. Mes personnages n’agissent pas : ils tentent, ils essaient, ils semblent.

Exemples de phrases révisées:

« La jeune fille tente de s’approcher. »

« Il tente d’envoyer vers l’arrière la mèche brune qui menace de lui cacher la vue »

« Malheureusement, la technique semble lui échapper »

« Les deux jambes postérieures ne semblent plus en mesure de supporter le poids de l’insecte »

 

Tic numéro 3 : les négations inutiles

Ceux qui me connaissent bien le savent : je suis plutôt du genre « verre à moitier plein »! Pourquoi donc est-ce que j’embourbe mes phrases de « ne…que », de « ne… pas » et « jamais »?

Exemples de phrases révisées:

«  Il ne peut que courir à l’aveuglette »

« L’offre de Vic n’est reçue que par un long silence »

« L’apparition du garçon est possiblement la chose la plus excitante qui ne soit jamais arrivée dans la paisible vie de X »

 

Ces phrases ont, évidemment, été corrigées, en compagnie d’une centaine d’autres qui le méritaient tout autant! J’en suis à un manuscrit qui tient la route! Plus qu’un petit tour d’Antidote et j’envoie le tout à mon premier lecteur.

 

Adieu procrastination, je t’aimais bien

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Mercredi 30 novembre 2011 06:52

Dans les deux dernières années, mes plages horaires d’écritures se sont élargies. Même s’il pouvait se passer des mois sans que je puisse écrire, lorsque l’occasion se présentait, j’avais 4, 5, 6 heures d’affilées pour me concentrer sur un projet. Le résultat? Avant de m’y mettre, je…

  • - Regardais mes courriels
  • - Lisais tout article reçu
  •  - Passais un moment sur Facebook
  • - Puis, sur Twitter
  • - Faisais le tour de mes blogues préférés sur mon fil RSS
  • - Écrivais moi-même un billet
  • - Me faisais un café
  • - Retournais voir Facebook
  • - Etc.

Bref, je procrastinais jusqu’à ce que ma plage horaire devienne assez serrée pour qu’un certain sentiment d’urgence me pousse à regarder enfin mon manuscrit.

Ces temps-ci, vie familiale oblige, c’est bien différent! Mes plages horaires vouées à l’écriture sont de moins d’une heure. Dès que je suis libre, top chrono, j’ouvre mon manuscrit. Si seulement je pouvais garder ce rythme une fois mon temps libre revenu! Ce que j’en ferais de grandes choses!

 

Géronimo Stilton et le « relooking » de personnage littéraire

Posted by Annie Bacon | Réflexions,Tendances | Mardi 22 novembre 2011 14:11

 

En fin de semaine, par un hasard le plus total, je suis tombée sur un épisode télévisé de la série Géronimo Stilton, tiré du livre du même nom. Quelle ne fut pas ma consternation de réaliser que celui que j’ai toujours affectueusement surnommé « La grosse souris » avait changé de look pour son passage au petit écran.

Comparatif :

Géronimo aurait donc perdu…

  • - Une bonne vingtaine de livres
  • - Une bonne dizaine d’années
  • - Ses éternelles lunettes rondes

Je n’ai pas osé regarder trop longtemps, tout d’un coup qu’ils auraient également fait subir une augmentation mammaire à Téa! Je n’y aurais pas survécu!

Et vous pensez que Géronimo est le seul? Selon un article de Entertainment Weekly traitant des extras du dernier DVD de Harry Potter, J.K. Rowling aurait trouvé les acteurs beaucoup trop beaux pour jouer les « geeks » qu’étaient dans sa tête Harry, Ron et Hermione. Plusieurs critiques dans le même genre auraient été faites sur la beauté de l’actrice jouant la version cinématique de Lisbeth Salander, merveilleux personnage de la série Millénium.

Il semblerait donc que les héros physiquement imparfaits n’auraient leur place qu’en littérature! J’ai une soudaine poussée d’affection pour mon médium, et pour la liberté qu’il m’offre!

Détester écrire, mais aimer avoir écrit.

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Mardi 8 novembre 2011 15:06

La citation dans son contexte :

Ni la sensation délicieuse sur la peau de la brise qui annonce l’été, ni le fait de caresser un autre corps, ni boire du whisky écossais dans son bain jusqu’à ce que l’eau refroidisse, ni, enfin, un autre plaisir auquel il aurait pu penser ne procurait à Wells un bien-être plus important que celui qu’il éprouvait toujours quand il mettait le point final à un roman. Cet acte culminant l’anéantissait toujours intérieurement d’une satisfaction enivrante, d’un élan de bonheur qui naissait de la certitude que rien de ce qu’il pourrait réaliser dans sa vie ne le satisferait davantage que d’écrire un roman, même si l’écriture en soi lui apparaissait comme un travail ennuyeux, délicat et ingrat, Wells faisait partie de ces écrivains qui détestent écrire, mais qui adorent avoir écrit.

 

Félix J. Palma et son H.G. Wells fictif dans La carte du temps.

Je ne peux m’empêcher de me demander si je ne fais pas partie de ce groupe, du moins parfois.

Écrire… par plaisir

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Lundi 19 septembre 2011 10:43

Récemment, mon mari et moi jouions à « et si on était millionnaires ». Ayant des tendances plutôt paresseuses, je me suis demandé si j’écrirais dans une telle situation. Entendons-nous, tant qu’à avoir besoins d’un métier pour mettre du beurre dans les épinards, j’aime mieux écrire que faire n’importe quoi d’autre, mais si tous mes besoins monétaires étaient comblés, est-ce que je prendrais la peine de m’asseoir à l’ordinateur pour noircir quelques pages-écrans chaque jour plutôt que de simplement m’écraser dans un divan pour lire et jouer à des jeux vidéo?

Puis, cette semaine, quelque chose d’intéressant s’est produit. Je m’étais fixé quelques objectifs d’écriture avant l’arrivée du bébé, soit un premier jet du tome 1 de mon roman pour Courte Échelle, ainsi qu’une révision et un envoi de la deuxième partie des textes pour l’album illustré chez Boomerang. Une fois ces deux choses faites, j’ai pris une journées de paperasserie et bureaucratie, puis une journée à ne rien faire du tout.

La troisième journée, j’ai repris la plume.

Je me suis lancée dans une première relecture du roman Courte Échelle, sans objectif de productivité, sans obligation, par simple envie. C’était merveilleux!

L’ambition de vivre de l’écriture m’a poussé m’imposer à moi-même certains critères de productivité et certains délais dans les deux dernières années qui ont transformé le tout en obligation. Mais dès que j’ai du temps libre en quantité suffisante, une évidence me rattrape: si je n’écrivais pas, je serrais morte d’ennuie!

Est-ce que j’écrirais si j’étais millionnaire? Il semblerait bien que oui… mais peut-être pas au même rythme!

 

Hunger Games et la différence en romance selon le public cible

Posted by Annie Bacon | Lectures,Réflexions | Jeudi 1 septembre 2011 12:58

Après avoir lu le premier livre de la très populaire et très aimée série « Hunger Games », je n’avais qu’une seule critique : le pourcentage trop élevé de temps accordé à l’analyse, par l’héroïne et narratrice Katniss, des faits et gestes de son pendant masculin, Peeta. Cette surabondance m’énervait, jusqu’à ce que je rappelle mes propres amours adolescentes. N’ai-je pas moi-même déjà noirci, à l’adolescence, plusieurs pages d’un journal intime à inventer mille et une raisons pour lesquelles Vincent Hébert m’aurait emprunté un crayon? Il faut croire que l’analyse inutile de gestes anodins fasse partie de cette phase de la vie, du moins pour les filles.

Ce qui m’amène à une grande réflexion sur la différence entre la romance en littérature « adulte » et en littérature « ado ».

Du côté des ados, et, par association, dans la littérature « jeune adulte », tout est une question de « est-ce que je l’aime? » et de « m’aime-t-il en retour? », alors que, pour les adultes, il s’agit plutôt de comprendre « Mais où diable cette relation s’en va-t-elle? ». Un peu comme si, avec la maturité, on apprend à reconnaître la présence d’amour chez soi comme chez l’autre, mais qu’on a également appris que cette dernière ne suffit pas à l’élaboration d’une relation harmonieuse.

D’ailleurs, chez les ados, une fois le premier baiser échangé, tout est dit, alors que, chez les adultes, plusieurs longues nuits de passions peuvent s’écouler sans que la trame narrative n’ait atteint son paroxysme. Ami, amant, amoureux exclusifs, mari et femmes, les adultes ont accès à plus de choix dans l’étiquetage de leurs relations et chaque passage ne se fait qu’avec sa part de drame… et de romance!

Deux jolis exemples : dans Sex and the City, on a beau savoir, avec certitude, que Carrie Bradshaw et Mr. Big s’aiment, leurs tribulations amoureuses ne nous tiennent pas moins en haleine. Du côté « jeunesse », une fois que Ron et Hermione (SPOILER ALERT) se sont embrassés dans Harry Potter, on peut passer directement à l’épilogue : « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ».

Sinon, un dernier petit commentaire sur Hunger Games : je voudrais saluer le brio avec lequel l’auteur réussit à naviguer le terrain délicat qu’est le concept de « des adolescents qui s’entretuent ». La plupart des morts surviennent en périphérie de l’action (au cinéma, on dirait « off screen »), et Suzanne Collins réussit à garder les deux héros à la fois actifs et « propres » en ne les rendant responsable que de morts accidentelles, mort par pitié pour quelqu’un qui souffre, ou encore en présentant la victime comme un meurtrier qui l’a bien mérité. De toute façon, l’héroïne agonise bien moins sur sa première victime humaine que sur les états d’âme de son peut-être amoureux à la maison! Question de priorité!

Écrivain salarié, ça vous tente?

Posted by Annie Bacon | Le métier,Réflexions | Mardi 30 août 2011 06:05

Je viens tout juste de terminer la lecture d’un excellent article du Guardian qui parle de la survie des auteurs dans un monde où le prix des divertissements tend vers zéro.

Si, dans l’introduction, son hypothèse que, dans une génération, le métier d’écrivain tel qu’on le connait sera disparu peut choquer, son argumentation est bonne, citant la diminution actuelle des avances payées par les éditeurs ainsi que de multiples exemples d’autres industries dans lesquelles le prix d’une commodité (film, photo, musique) est de plus en plus faible.

J’aurais tendance à crier « foutaises », mais voilà que mes dernières lectures d’articles sur l’autopublication racontent un processus audacieux par lequel les auteurs vendent leurs livres 99 cents jusqu’à ce que ceux-ci se voient propulsés dans les palmarès, où le livre jouira d’une grande visibilité. D’ailleurs, l’industrie du livre jeunesse au Québec n’a pas attendu le numérique pour offrir des livres (et créer d’immenses succès) avec un tel prix! Évidemment, dans les deux cas, le livre finit par reprendre un prix normal, mais ce qui est insidieux avec des prix aussi bas, c’est que le consommateur pourrait s’y habituer, voire y prendre goût.

L’auteur de l’article explique également que les éditeurs numériques et les « librairies numériques » s’en sortent grâce au « long tail », un principe par lequel le fait de pouvoir rejoindre énormément de monde permet de vendre des articles utra-spécialisés à haut prix à un très petit nombre d’intéressés. La technique marche, à condition d’avoir assez de ces articles ultra-spécialisés pour que, tous mis ensemble, ça puisse équivaloir à la vente d’un gros best-seller. Par contre, chaque auteur de ces livres, de manière individuelle, ne recevra qu’un chèque risible de droits d’auteurs.

 

Si l’auteur ne peut vivre de ses droits ni en vendant des millions de livres à 10 cents, ni en vendant 10 livres à 100 dollars, quelles sont ses autres options? Selon l’article du Guardian : un salaire lui permettant de subvenir à ses besoins, quel que soit le chiffre de vente des livres.

Quelques réflexions sur l’idée de l’auteur salarié:

  •  - Tout d’abord, la source d’un tel salaire? Les super éditeurs (à la Google Books) pourraient certainement se permettre de payer un tel salaire à certains auteurs en échange d’une plus grande part sur leurs livres. Sinon, ce serait plutôt des subventions gouvernementales, ce que nous avons déjà ici, et qui ne fait pas vivre grand monde!

  •  - Quel est le prix caché d’un salaire? La censure, certainement, possiblement même une imposition des sujets, et, ne soyons pas étonné : l’apparition du positionnement de produit dans les livres!

  •  - Est-ce qu’une commande à un « employé » peut devenir un livre à succès? Absolument! Il n’y a qu’à regarder du côté de Géronimo Stilton pour voir qu’un auteur unique et dédié à son œuvre n’est pas nécessaire pour l’obtention d’un succès. Bien au contraire, des équipes de type « sweatshop » seraient possiblement plus appropriées au rythme de publication parfois nécessaire pour la création d’un tel succès, surtout dans le secteur jeunesse. Évidemment, je ne parle ici que de « quantité »!

  • - La stabilité d’un salaire permettrait à des auteurs de se consacrer à leur œuvre à temps plein. On ne peut pas dire que ce ne soit pas attrayant…
  • - Mais l’absence de partage de risque, veut habituellement également dire une absence de partage des bénéfices dans le cas d’un succès énorme. C’est un pensez-y-bien!

La question se pose : échangeriez-vous vos droits d’auteurs contre un salaire?

 

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