Que sont les héros adultes revenus?

Posted by Annie Bacon | Inspiration | Mercredi 28 juillet 2010 07:09

Je suis en pleine réflexion de conception pour de nouvelles séries, et réalise soudainement que toutes mes idées impliquent des enfants comme héros… comme la plupart des romans jeunesse. Normal, diront certains : les enfants aiment s’identifier aux héros des histoires, alors on leur en donne à leur image. C’est ainsi que les héros de nos enfants sont des Harry Potter, Amos d’Aragon, Aurélie Laflamme, etc.

Pour tant, il est bien plus compliqué de mettre en scène des enfants, surtout lorsqu’il s’agit de romans d’aventures. Passeport, argent, transport, etc. sont tous bien plus compliqués à gérer lorsque les protagonistes sont mineurs. Déjà, à la base, il faut habituellement se débarrasser des parents, sinon le sentiment de danger est amoindri. Il n’y a rien de plus fatigant qu’un enfant toujours en train de sauver la peau des adultes qui devraient, logiquement, être en charge. Tous les fans de Star Trek : Next Generation sauront de quoi je parle! C’est ainsi qu’on trouve une effarante proportion d’orphelins en littérature.

Dans les autres médiums (Bande dessinée, film et télévision), il y a bien les superhéros qui viennent rétablir une certaine balance en offrant des modèles ayant laissé l’adolescence loin derrière, mais ce genre est, de manière surprenante, plutôt absent des rayons « romans » de la librairie.

Et la tendance ne s’arrête pas aux romans jeunesse! Dans un article récent, Entertainment Weekly  présumait que si les œuvres « To kill a Mockingbird » et « The Catcher in the Rye » étaient publiées aujourd’hui, ils le seraient dans la section jeunesse, rayon « jeunes adultes » juste à côté de Twilight. Pourquoi? À cause de l’âge de leurs protagonistes!

Moi qui ai été jadis fascinée par Yoko Tsuno (et amourachée d’Albator), il y a de quoi se poser des questions. Certains spécialistes (je ne retrouve plus la source, je ferais une terrible journaliste!) pensent d’ailleurs que cette absence de modèles plus vieux entraverait le développement des enfants en leur enlevant cette envie de grandir. Pourquoi s’en donner la peine alors que, selon la culture qu’ils consomment, les enfants sont toujours les plus forts!

C’est donc une piste de réflexion pour ma création de nouvelle série. Est-il temps de réhabiliter le héros adulte à la Bob Morane, Zorro, Daniel Boone et compagnie?

Et surtout… est-ce que j’ai vraiment envie de le faire, moi?

John William Waterhouse: illustrateur de fiction!

Posted by Annie Bacon | Inspiration | Samedi 6 février 2010 08:08

Depuis plusieurs mois, le Musée des Beaux Arts de Montréal présente une exposition des œuvres de John William Waterhouse. Une éclaircie dans mon écriture et mes contrats m’avaient permis de faire le projet d’y aller vendredi dernier, mais malheureusement, un imprévu m’a obligée à reste à la maison. L’exposition se termine dans deux jours.

Certains se demanderont l’intérêt d’un tel artiste. Après tout, c’est du figuratif, style considéré comme intellectuellement un peu « facile », et n’est même pas dans les meilleurs du genre, comme, par exemple, un Raphael ou un Michel-Ange. Pourtant, il est de loin mon préféré, parce que ce n’est pas un peintre : c’est un illustrateur de fiction! On retrouve dans ses œuvres tous les grands personnages féminins des auteurs qui ont traversé les âges : Ophélie (Shakespeare), Circé (Homère), la belle dame sans merci (Yeats), pour n’en nommer que quelques-unes! Mais non seulement ses tableaux sont inspirés des plus grands récits fantastiques, mais chacun semble raconter, sans le support de l’œuvre originale, une histoire à lui seul. À preuve, ses tableaux ont ornés maintes et maintes couvertures de livres écrits bien après sa mort.

J’ai mémoire d’une encyclopédie du merveilleux que possédait une tante, et dans laquelle figuraient plusieurs tableaux de John William Waterhouse, dont la sirène placée en haut du présent billet. Que d’heures j’ai passées à les regarder avec la conviction grandissante que ces personnages mythiques avaient existé pour de vrai!

Certaines expositions ouvrent les yeux, d’autres l’esprit, celle de John William Waterhouse, j’en suis certaine, ouvre l’imagination.

Le pouvoir d’un nom

Posted by Annie Bacon | Inspiration | Lundi 1 février 2010 10:36

Adam Savage, l'original! Je n’aime pas beaucoup trouver des noms à mes personnages; l’importance de l’exercice me paralyse. Un nom permet de qualifier à lui seul la personnalité d’un protagoniste, sans même que la plus petite description n’ait été abordée. Si certains noms possèdent une connotation rattachée aux homonymes historiques, culturels ou rencontrés, certains autres évoquent des traits de personnalités de par leur seule musicalité.

Lorsque je rencontre un tel nom, je le garde en mémoire. Puisque le présent blogue me sert un peu de carnet de notes, voici les derniers rencontrés et ce qu’ils m’inspirent!

Michael Dark
Originellement : un personnage dans un jeu de rôle.
M’inspire : homme d’action, aventurier, sans peur. Possiblement le héros d’un polar.

Adam Savage
Originellement : animateur de l’émission MythBusters
M’inspire : Explorateur de jungle amazonienne, mal rasé et capable de tuer serpent à mains nues!

Mme Latremouille
Originellement : Gabrielle, la mère des sœurs McGarrigle
M’inspire : J’imagine autant une Duchesse rigolote qu’une concierge un peu commère. Dans un cas comme dans l’autre, très franco-française!

Oui-Oui comme mentor

Posted by Annie Bacon | Inspiration,Lectures | Lundi 25 janvier 2010 10:44

Lorsque j’ai publié mon premier roman, plusieurs personnes m’ont demandé à la blague si je nourrissais l’ambition d’être la prochaine J.K. Rowling. Dans ma tête, la réponse a toujours été : « j’aimerais bien mieux être la prochaine Enid Blyton! »

Les romans d’Enid Blyton, pour la plupart publiés dans les collections Bibliothèque verte et Bibliothèque rose, ont bercé mon enfance. Ainsi, quand j’ai réalisé que je devais faire un peu de recherche avant de commencer l’écriture d’une nouvelle série pour les 6-8 ans, je n’ai pas hésité : Oui-Oui serait mon guide!

Après la lecture de « Oui-Oui au pays des jouets » et de « Oui-Oui et la voiture jaune », je retiens qu’il faut des illustrations à toutes les deux pages pour occuper le petit lors d’une lecture à haute voix, que l’intrigue peut se permette quelques rebondissements, et, surtout, qu’il est possible d’écrire des phrases simples sans pour autant écrire des phrases moches!