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Quand le passé vous rattrape

J’ai toujours été fascinée par le principe de « Grisù le petit dragon », soit celui d’être déjà convaincu, dur comme fer, de notre futur métier à un très bas âge (dans le cas de Grisù, pompier). Plusieurs auteurs ont ce métier dans la peau depuis leur tendre enfance, alors qu’il m’a fallu la trentaine pour que je le considère. Et pourtant…

 

Pourtant, des copines du secondaire m’ont il y a quelques années, ressorties des textes intitulés « les belles histoires plus ou moins vraies de matante Annie » que je leur écrivais pour rigoler lorsque nous avions 14-15 ans.

Pourtant, je me souviens de certains de mes devoirs de vocabulaire épinglés au tableau de ma classe de troisième année parce que, plutôt que d’écrire de simples phrases tel que demandé, je transformais l’exercice en livres complets, page couverture comprise.

Pourtant, un professeur, j’ai malheureusement oublié lequel, m’a déjà prise à part pour me dire que l’écriture était une avenue que je devrais considérer. Je ne l’avais pas écouté à l’époque. Maintenant, j’y repense souvent.

 

Pourquoi n’ai-je vu ces signes qu’une fois la décision d’écrire prise, plutôt que de les prendre en compte dans mes choix de carrière, dix ans plus tôt? Petit Grisù aveugle, il faut croire!

Lorsque les étoiles s’alignent… et que l’une d’entre elles tombe

Au printemps dernier, je suis allée au « Book Expo America » à New York. J’en suis revenue avec les noms de deux éditeurs américains intéressés à en savoir plus sur mon projet avec Boomerang. Le problème, c’est que rassembler le matériel additionnel en question a été long… très long… trop long! Si bien qu’hier, lorsque j’ai enfin envoyé le tout, l’un des deux courriels est revenu avec la notice « Madame XXXXX ne travaille plus chez nous ».

ZUT!

Évidemment, tout n’est pas perdu et je vais tout de même envoyer le tout à sa remplaçante, mais cette dernière ne m’a pas rencontré, je ne lui ai pas présenté le concept sur papier, en personne, dans toute sa splendeur. Est-ce qu’un simple message accompagné de JPEG pourra vraiment avoir le même effet?

Une opportunité ratée.

Il y en aura d’autre.

Si mon passage au BEA m’a appris quelque chose, c’est que ce projet sera vendu à l’international éventuellement. Peut-être pas aux États-Unis, pas nécessairement grâce à mes efforts personnels, probablement pas avant d’être au moins complété et imprimé, mais il s’y rendra!

Toujours trop court!

Jeudi dernier, j’ai terminé le premier jet de mon Tome 1 de la série d’aventure pour Courte Échelle. Après la préparation du plan, tout a bien roulé sauf un tout petit détail : malgré le grand nombre de chapitres prévus au plan, le résultat est trop court pour respecter le contrat. Trop court de 3 pages, pour être précis. De manière amusante, je suis arrivée, exactement, au nombre de pages des tous mes manuscrits Terra Incognita, soit 72 (17 000 mots pour ceux qui comptent plutôt comme ça). On dirait que c’est mon chiffre magique… je devrais peut-être essayer de le jouer à la loto!

Faire trop court a toujours été mon plus grand problème en écriture. À l’école, lorsque le professeur demandait un travail de 10-15 pages, je ne dépassais jamais les 9 feuilles, et devait faire des miracles de mise en page (paragraphes aérés, marges agrandies, Police de caractère légèrement plus grande, etc.) pour réussir à remplir les exigences requises. Non pas que je manquais de matériel, aucun professeur ne s’est jamais plaint que le contenu du texte manquait de substance. J’ai une écriture concise, voilà tout!

Remarquez, écriture concise et écriture jeunesse se conjuguent à merveille! Et j’ai déjà vu pire que moi! Je me souviens avoir lu un simple chapitre de Celtina (coucou Corinne!) et m’être dit que ces cinq petites pages recélaient d’assez de contenu pour écrire un demi-roman.

Ne vous en faites pas pour mon manuscrit, je le laisse macérer quelques jours, le temps de régler un petit contrat, et je trouverai bien quelques paragraphes manquant lors de la réécriture.

Eh oui, certains auteurs coupent de moitié à la relecture; moi, j’ajoute! À chacun son style!

Mon premier dessin d’admirateur!

Une très jolie surprise, il y a quelques semaines, dans une école, un professeur avait préparé ma venue avec ses élèves! Non seulement ils avaient chacun une question toute prête à me poser, mais le professeur avait lu un extrait de mon livre en classe, et, cerise sur le Sunday, deux des élèves m’avaient fait un dessin!

Je vous présente donc mon premier « fan art », soit une représentation de la couverture des Naufragés de Chélon!

 

De quoi aurais-je l’air sans correctrices?

Je viens de terminer de réviser les premières corrections me venant de mon éditrice. Pour votre plus grand divertissement à tous, j’en ai retiré les plus belles erreurs effectuées par bibi! Amusez-vous bien!

Le festival des pléonasmes!
• Petites bouclettes
• Cheminée verticale
• Fourrées touffus
• Enchevêtrement chaotique
• Cueillir une récolte
• Innombrable multitude
Et, bien que les deux mots aient été séparés par plusieurs autres, une phrase qui parlait, lorsqu’on s’y attardait, d’un « confort confortable »! Rien de moins!

Des non-sens et erreurs de logique :
– « Les branches fouettent son visage de leurs caresses feuillues ». Il semblerait que lorsque ça fouette, on ne peut pas trop parler de caresses!
– « il verse un liquide brunâtre dans deux tasses ébréchées » suivi, quelques pages plus loins de « Ce dernier lui sert une tasse d’un liquide verdâtre et épicé. » Le même liquide aurait donc changé de couleur! On n’a rien vu de mieux depuis les noces de Cana!

Le prix de l’erreur relevée le plus souvent :
En dessous, que j’écris systématiquement AVEC un trait d’union, et qui revenait cinq fois au cours du manuscrit.

Un seul anglicisme, mais non le moindre :
« Sprinter », comme dans courir très vite!

Et même un quasi Jean Peronnisme :
Elle hésita à deux fois, fort jolie contraction de « elle hésita », et « elle y pensa à deux fois ». En fait, cette erreur aurait bien pu faire partie des pléonasmes, mais je trouvais qu’elle méritait une petite place à elle toute seule!

Ne manquez pas « Le vol des scarpassons », quatrième aventure de Terra Incognita, chez votre libraire en septembre, avec toutes ces erreurs en moins! Un gros merci à la correctrice qui a, il faut l’avouer, fait un travail remarquable!

Une véritable journée d’écriture

Aujourd’hui, je fais un test de productivité pour voir quelle quantité de travail je suis capable d’abattre en l’absence de mes deux sources d’anti-productivité par excellence, soit les médias sociaux et mes enfants.

 

Commençons par le deuxième! Évidemment, une fois que le plus jeune est à la garderie et que la plus grande est à l’école, ils ne dérangent en rien mon écriture. Par contre, cette situation n’arrive que trois jours par semaine pour le premier, et uniquement de 9h à 15h pour la deuxième. Bref, mes semaines de travail habituelles sont composées de trois journées de 5 heures chacune, auxquelles s’ajoutent, au besoin, quelques heures volées par-ci par-là lorsque les contrats débordent. Aujourd’hui? La marmaille est chez la grand-mère, je m’enligne donc pour une journée de 9h à 17h, comme un travailleur normal.

 

Pour ce qui est des médias sociaux, comme on le sait, il s’agit d’un « bouffe-temps » pas possible. GMail, Facebook, Twitter, refresh, reload et recommence; une ronde de procrastination dans laquelle je me laisse bien trop souvent emporter. Un récent reportage sur l’auteur américain Dean Koontz le montrait au travail… sur un ordinateur tellement dépassé et dinosauresque que le traitement de texte se faisait en blanc sur un fond bleu. Évidemment, pas de connexion internet sur une telle relique. Avouez que, pour pondre un maximum de pages en un minimum de temps, l’idée a du bon.

 

Ne vous en faites pas, je ne planifie aucunement de commencer une vie débranchée, ces outils me sont tout de même vitaux pour garder un semblant de vie sociale et d’activité humaine dans ce qui serait sinon la très grande solitude du travail à la maison. Il s’agit simplement d’un test de productivité, pas d’un nouveau mode de vie!

 

Bref, tout de suite après avoir publié ce billet, je coupe le réseau pour ne le rouvrir que sur mon heure de lunch, pour ensuite le couper de nouveau jusqu’à la fin de ma journée. En sortirais-je hyper-productive et désireuse de recommencer? Complètement épuisée? Morte d’ennui? On verra bien!

Pensées en vrac après une journée intense d’animations scolaires:

Il faut avouer que, comme prémices à une histoire improvisée sur place, un personnage qui aime couper des têtes (proposé par un élève de Varennes), ça permet des péripéties plus exhaltantes qu’un personnage passionné de football.

On peut parfaitement aller faire une animation scolaire à Contrecoeur sans pour autant aller faire une animation scolaire à contrecœur.

L’école du Moulin utilise le thème de Star Wars comme sonnerie de récréation… dommage qu’ils n’aient pas la marche de l’empire comme cloche de retour en classe!

Ce qui est super d’être installée dans la bibliothèque pour faire les animations, c’est qu’on peut lire des BD durant pauses!

Maxime Roussy avait raison : sortir un élève, ça replace des choses!

Bon, « quel est ton animal favori » n’est pas la première question qui me viendrait en tête à poser lors d’une période de questions avec un auteur, mais, après tout, pourquoi pas!

Passer par la maison prendre ses courriels entre deux animations, c’est merveilleux!

Un enfant qui te raconte un livre qu’il a lu, c’est difficile à interrompre, et rarement intéressant!

Les élèves de 3e et 4e années ne lisent pas de manga. Surprenant.

Ils ne savent pas non plus qui est Vasco de Gama. Moins surprenant.

Ça fait toujours un petit velours de découvrir un personnage de roman qui porte notre nom. Imaginez ce gosse de Pointe-aux-Trembles prénommé Amos!

Après quatre animations dans deux villes différentes dans la même journée, on rentre gonflé à bloc… et on s’écroule vers 20 heures!

La relecture est commencée!

Finalement, les trois premiers chapitres étaient bien! Un peu de travail de tournures de phrases et de choix de termes, sans plus! Bien fière de moi.

Puis, est arrivé le quatrième chapitre! Ouch! Il est rare pour moi de mettre un chapitre à la poubelle pour le recommencer du départ, mais j’ai bien peur que c’est ce qui va devoir arriver. Le ton n’est pas juste, les réactions ne sont pas crédibles, et pour couronner le tout, un personnage s’y foule la cheville… événement complètement oublié par la suite! On nage en pleine série B! Ré-écriture majeure en vue.

Par contre, le travail en question devra attendre, deux contrats de pige et un salon du livre (Estrie) me garderont vraisemblablement occupée jusqu’à la fin du mois! C’est à peine si j’ai eut le temps de mettre mon status Facebook à jour cette semaine! Ça devrait être moins pire après ma remise de document de mardi pm!

On se revoie mercredi matin!

Retour sur mon retour!

Seriez-vous surpris si je vous disais que je n’étais pas plus enthousiaste qu’il le faut à partir en vacances? Lorsqu’on partage son temps entre les contrats et l’écriture, le temps pour le deuxième peut souvent sembler insuffisant, et transformer trois semaines complètes de temps en une chose aussi futile que des vacances me semblait superflu. Intéressant, agréable, reposant, enivrant même, mais au reste superflu!

Superflu, mais nécessaire (segment contradictoire) : j’étais crevée!

La première semaine, le cerveau s’est fait aller! Dès que j’avais quelques minutes de répits, les idées venaient d’elles-mêmes, comme si elles n’avaient attendu qu’un petit espace libre dans mon emploi du temps chargé pour se faire connaître. J’ai même noirci plusieurs pages de notes illisibles, moi qui ne couche habituellement rien sur papier.

À partir de la deuxième, le silence s’est fait. Les véritables vacances pouvaient commencer.

De retour, donc, et pour la première fois depuis plusieurs mois, je me sens à jour dans mes idées. Il ne reste plus qu’à me remettre du décalage pour attaquer avec énergie la liste de chose à faire laissée en jachère pour la presque totalité du mois de septembre.

Dans le collimateur :

  • –  Ré-écriture de Terra Incognita Tome 4 dont j’ai terminé le premier jet juste avant le départ.
  • –  Des billets sur deux visites et deux lectures inspirantes du voyage
  • –  Attente de réponse sur deux concepts envoyés à un éditeur
  • –  Présence continue au Salon du livre de l’Estrie
  • –  Contacter certains libraires pour les animations scolaires
  • –  Ré-écriture de mon conte de Noël

Ah, oui! Défaire les valises et faire quarante brassées de lavage aussi. Au boulot!