Réflexion sur le rythme d’écriture

Sur le site de Jean-Claude Mourlevat, un des plus grands auteurs francophones de littérature jeunesse (prix Astrid Lindgren à l’appui), on peut lire ceci :

« Je parviens à livrer un roman par an. Il me faut en moyenne cinq mois pour me décider, trois pour l’écrire, et quatre pour m’en remettre ! »

Et je me mets à rêver de ce rythme d’écriture, moi qui écris trois romans par année, avec deux semaines pour rédiger le plan, et une seule journée de congé avant de m’attaquer au suivant.

Ça semble pourtant être le rythme de la plupart de mes idoles d’écritures : Mourlevat, De Fombelle, Vesco, Beauvais… un roman par année, parfois moins, rarement plus.

Si je n’en écrivais moi aussi qu’un seul par an, serait-il meilleur? Serait-il plus attendu? Est-ce que la seule chose qui sépare mes livres de ceux de mes auteurs préférés est le rythme que je m’impose ? (On peut rêver!)

On me dit prolifique, mais au Québec, beaucoup d’auteurs jeunesse produisent bien plus que moi. J’en ai vu fêter leur 100e, leur 200e publication. J’y aspire moi-même, je l’avoue. Est-ce qu’on s’épuise? Qu’on se dilue? Ou est-ce que cette surproduction est notre seule chance de vivre de l’écriture au Québec?

Bref, je m’en sors avec plus de questions que de réponses… et peut-être un certain sentiment d’épuisement.

À vrai dire, le rythme de Mourlevat, je ne l’entrevoie possible qu’à ma retraite.

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Une réflexion au sujet de « Réflexion sur le rythme d’écriture »

  1. C’est une question intéressante. Je pense que plusieurs facteurs entrent en compte : taille du marché, moment dans la carrière, public-cible, longueur et complexité des romans…

    Je ne pense pas que surproduire est la solution pour survivre dans le marché québécois… mais je ne pense pas non plus qu’à 3 romans jeunesse par an, tu sur-produits. C’est un marché qui roule vite et qui consomme beaucoup. Si tu écrivais 3 romans policiers pour adulte de 75 000 mots, là tu risquerais de diluer ta qualité et saturer ton marché…

    Cela dit, peut-être pas. Ça dépend des gens et des années je suppose. Personnellement, je peux produire environ 60 000 mots valables par an, répartis en nouvelles et romans. En adulte, ça fait entre un et un demi roman par an. En jeunesse, ce serait plus.

    Le meilleur indicateur, c’est sans doute ta perception des choses. Si tu es épuisée, c’est peut-être le temps de lever le pied… quitte à revenir avec une année à 5 romans ensuite! 😉

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