Archives pour la catégorie Le métier

La roulette russe des taxes

Illustration de casino prise suropenclipart.orgQuoi? On va parler d’impôts? Quel sujet non-littéraire, me direz-vous! Mais il est une bête noire avec laquelle tous les travailleurs autonomes, y compris les auteurs, doivent composer, j’ai nommé la TPS et la TVQ.

Je m’explique. Il existe un plafond de 30 000$ de revenus, en dessous duquel un travailleur autonome ou un auteur n’est pas obligé de charger la TPS-TVQ à ses éditeurs et clients. Je fais confortablement du limbo sous cette barre depuis des années.

Je pensais pouvoir ignorer ces taxes encore longtemps puisque, dans ma naïve tête de citoyenne mal informée, je croyais que les droits d’auteurs ne comptaient pas dans le calcul du 30 000$! J’ai appris en fin d’année dernière que oui, ça compte.

J’ai d’abord paniqué! Je savais que j’avais fait une bonne année, avec un nouveau client de pige, et plus d’animations scolaires qu’à l’habitude! Or, si j’avais dépassé le fameux plafond, il m’aurait fallu recontacter tous mes clients (et éditeurs) de l’année pour leur réclamer la TPS-TVQ plusieurs mois après que le contrat soit terminé. PAS SUPER TENTANT!

Parce que le problème est là : on ne commence pas à charger les taxes APRÈS avoir atteint le 30 000$, mais bien RÉTROACTIVEMENT pour toute l’année en cours!

Tous ceux qui ont déjà fait de la pige le savent, la facturation n’est pas toujours une partie de plaisir. Alors, imaginez une facturation rétroactive sur 12 mois! Ouch!

Fin de l’histoire : en décembre, j’ai fait un calcul rapide de mes revenus de l’année, et ça va, je passe encore sous la barre. Je n’ai jamais été aussi contente d’avoir un tout petit revenu!

Une auteure prudente aurait tout de suite demandé son numéro de taxe pour l’année suivante. Personnellement, j’ai préféré me taper une autre année de la roulette russe des taxes! Il faut croire que j’aime vivre dangereusement! On s’en reparle en décembre?

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Démystifier le GG!

mathilde poissonVoilà, les gagnants des prix du Gouverneur Général ont été annoncés, et c’est à Véronique Drouin et son L’importance de Mathilde Poisson qu’est revenu l’honneur du prix Jeunesse-Texte. Ne vous inquiétez pas pour moi, avec la pile de nomination à laquelle j’ai droit cet automne, je ne suis aucunement contrite que le grand prix m’ait échappé! Au contraire, juste la nomination, c’était déjà extraordinaire! J’en profite donc pour vous partager quelques apprentissages sur ce prix prestigieux!

On ne sait pas d’avance si on est finaliste…
Pour la plupart des prix, l’auteur et son éditeur sont avertis d’avance de la nomination qui s’en vient. Parfois, même, plusieurs mois d’avance. On fête donc en catimini avec ses proches, puis on attend l’annonce publique pour pouvoir s’exciter avec les autres. Pour le GG, j’ai appris ma nomination en même temps que tout le monde! Je dois l’avouer, c’est beaucoup plus excitant.

… mais on sait rapidement si on gagne!
Les finalistes sont avertis que, s’ils sont lauréats, ils recevront un coup de fil une semaine après l’annonce publique des nominations. On ne passe donc que quelques petits jours dans l’incertitude, puis on attend l’annonce officielle pour re-fêter avec les autres.

Le seul rôle du gouverneur est cérémonial
Bon, c’est peut-être moi qui suis naïve, mais je pensais que la Gouverneur Général avait son mot à dire sur les lauréats. J’imaginais qu’un comité choisissait les finalistes, et que c’est le (ou la!) Gouverneur en poste qui choisissait parmi ceux-ci. J’ai réalisé après coup l’impossibilité de la chose! Avec les volets anglophones et francophones, ça fait quand même 70 livres à lire, ce qui n’est pas à la portée de tous! (Bravo, donc, à tous les comités de sélection de tous les prix du monde, qui en lisent bien plus que ça!)

Et côté cérémonie, seuls les Lauréats sont invités à Ottawa. Les autres recoivent leur récompense par la poste.

Le relationniste de presse est fourni!
Comme finalistes, on se fait demander nos disponibilités pour le relationniste de Presse responsable du prix. Il faut l’avouer, c’est une belle touche, après tout, l’idée d’un prix est de mettre le “spotlight” sur quelques titres! J’ai envoyé les miennes avec le sarcasme de penser que seuls les finalistes des prix adultes seraient contactés, et j’ai rapidement été démentie avec une demande de réponses-courriels de la part du magazine l’Actualité. Bravo à eux de s’intéresser à nous!

Les prix littéraires sont exemptés d’impôts
Ça, je dois l’avouer, c’est une jolie surprise! C’était inclus dans la lettre finale reçue du Conseil des arts! Bon, ils protégeaient leurs fesses en disant bien que l’avis de leurs conseillers fiscaux ne constituait pas un conseil fiscal (??!!??), mais l’extrait de texte de loi rendait la chose assez claire, du moins au niveau fédéral. Il faudra creuser au niveau provincial au printemps!

Bref, une très belle aventure que tout ça! Ma seule déception? Ne pas avoir rencontré Julie Payette! N’importe quel autre Gouverneur Général m’aurait laissé de glace, mais, pour toutes les femmes québécoises de ma génération, son entrée à la NASA constituait la première véritable preuve tangible que tout nous était possible.

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Réviser en morceau

J’ai toujours écrit mes manuscrits d’un coup, en premier jet, pour réviser le tout par la suite. Mais sur mon dernier manuscrit terminé (les rats), qui faisait une fois et demie la taille des plus longs précédents, j’ai trouvé le processus interminable! Et quand je ne fais que re-travailler trop longtemps sans rien créer de neuf, mon humeur finit par s’en ressentir!

Alors cette fois-ci, j’essaie quelque chose de nouveau avec Terre Promise. Je réviser mon texte à tous les 10 000 mots environ, ou à chaque arc narratif, selon le cas. Et quand je dis révise, je veux dire que je le travaille jusqu’au bout :

  • Re-travail à l’ordinateur
  • Re-travail papier
  • Antidote orthographe, phrases longues et répétitions

Ça ne me sauvera pas de tout relire d’un coup une fois terminé, juste pour m’assurer de l’uniformité du tout, mais avec un peu de chance, ça sera assez rapide pour ne pas me tanner!

Autre avantage, comme je commence à véritablement croire en mon texte environ au deuxième re-travail, ça me permet d’y croire plus vite, une section à la fois!

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Allez-y, appelez!

ScreenHunter_01 Aug. 14 09.08Dans les groupes d’auteurs, il est une demande qui revient environ tous les trois mois. À chaque fois, elle suit un peu le même schéma : « Mon éditeur devait me donner des nouvelles, le délai est passé, devrais-je l’appeler? »

Derrière la question se cachent deux angoisses! Premièrement, l’auteur s’inquiète que le retard dans les nouvelles cache une catastrophe. Il se met à s’imaginer que l’éditeur a changé d’idée, qu’il n’aime plus le manuscrit, qu’il ne le publiera pas finalement, ou quelque chose du genre. Il faut dire que les auteurs ont de l’imagination (ça fait partie du métier), et qu’on a tous entendu des histoires d’horreurs dans le genre, lorsqu’on en a pas directement vécu nous-mêmes!

Cette angoisse, je la comprends! La dernière fois qu’un éditeur a arrêté de me donner des nouvelles, il a fait faillite! :-/

Le problème, c’est la deuxième angoisse. L’auteur n’ose pas appeler, parce qu’il a peur de déranger! On apprend à l’adolescence qu’il faut se faire désirer, et ne pas appeler l’élu de notre cœur trop souvent pour ne pas le faire fuir! Mais la relation avec l’éditeur n’est pas une relation amoureuse; c’est une relation d’affaires! Il ne va pas changer d’avis sur une publication à cause d’un appel impromptu, du genre : « pas question que je le publie, il ose m’appeler une fois par six mois! ».

Bref, à la demande « devrais-je appeler? », ma réponse est toujours la même : absolument! Ne rongez pas votre, frein, demandez des nouvelles! Répondre à votre coup de fil fait partie du travail de votre éditeur comme de remettre les manuscrits à temps fait partie du vôtre! Je me demande d’ailleurs si, dans la liste des tâches officielles de l’éditeur, il n’y a pas une ligne qui dit : « Rassurer les auteurs, qui sont de grands sensibles ». Il devrait.

Et de l’autre côté, chers éditeurs, n’hésitez pas à nous contacter plus souvent! Les auteurs sont toujours contents d’avoir des nouvelles de leurs œuvres, aussi triviales soient-elles (les nouvelles, pas les œuvres!), et de se faire demander de parler un peu de leurs projets en cours. Vous y trouverez peut-être même votre compte, j’ai déjà donné des manuscrits à des éditeurs juste parce qu’ils m’avaient parlé au bon moment!

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De la longueur de mes manuscrits

Illustration de cyberscooty prise sur openclipart.orgJe n’ai jamais été très bonne pour « faire long ». À l’école, lorsqu’un professeur demandait deux pages, j’en avais une et demi. Lorsqu’il en demandait 10, j’en avais 8… en grossissant les caractères et en élargissant les marges (je connais tous les trucs!). Ce n’est pas que je n’ai pas grand-chose à dire, c’est que je le dis de manière concise, par défaut.

Depuis que je suis auteure, j’ai appris à compter en mots plutôt qu’en pages. En gros, ça donne ça :

  • 16 000 mots pour les Terra Incognita
  • 10 000 mots pour les Gardien des soirs de bridge
  • 20 000 mots pour les Victor Cordi

Le chiffre peut sembler impressionnant, mais, très honnêtement, ce n’est rien! Prenez une grosse brique, par exemple un George R.R. Martin, elle comptera plutôt dans les 300 000 mots. En y pensant bien, c’est le double de la série entière de Victor Cordi!

Lorsque je sors trois livres dans une année, on s’exclame que je suis prolifique, mais tous ces mots mis bout à bout ne font que la moitié d’un Mylène Gilbert-Dumas, et à probablement même pas le tiers d’un Elisabeth Tremblay! (p.s. je m’ennuie de votre blogue mesdames!)

Comme dans toutes pratiques, à force d’exercer, on évolue! J’ai récemment terminé mon manuscrit des Rats (nom actuel : « La ballade de Johnny Sans-Dèf »), et il compte 31 000 mots! Un record pour moi!

Et finalement, le plus grand problème d’un manuscrit plus volumineux, ce n’est pas tellement l’écriture… mais bien la révision! Je suis dans ma deuxième passe de re-travail de mes rats, et je me sens comme un pré-ado à l’arrière d’une voiture en partance pour le Lac-Saint-Jean : « Quant est-ce qu’on arrive? C’est looooonnng!!! »

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Auteure à temps très partiel

Mon printemps a toujours été occupé. Je parle parfois de jongler pige et écriture, mais la vérité est qu’il y a parfois des mois entiers durant lesquels je n’ai pas le temps d’écrire une seule ligne. Et cette année, c’est pire que tout! Depuis le début du mois de février, j’ai écrit environ une journée par mois, sans plus. Pige, animations scolaires, pédagogiques des enfants, et même une petite semaine de vacances dans le sud, pour bien vous montrer que je ne fais pas pitié à travers tout ça!

Écriture? Très peu.

Les mois de mai et juin devraient être plus tranquilles et me permettre de me rattraper et, je l’espère, de terminer mes rats avant l’été.

J’imagine que c’est normal, que la pige et les animations scolaires me demandent de plus en plus de temps avec les années. Je suis en demande, c’est plutôt bon signe. Mes finances ne s’en plaignent pas!

De manière surprenante, ce sont les tournées à l’extérieur qui me sauvent! J’ai réussi à coincer deux séances de travail à Edmonston il y a dix jours, et j’espère bien faire la même chose durant la tournée Hackmatack de cette semaine. L’avantage d’une chambre d’hôtel, c’est qu’on y trouve peu de distraction et encore moins d’obligations domestiques!

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Disponibilité et bibliodiversité

Grosse nouveauté cette semaine sur le site Leslibraires.com, il est désormais possible de consulter la disponibilité des titres selon les librairies. J’en profite donc pour vous bombarder de chiffre, ça faisait longtemps! La synthèse de ce que ça veut dire se trouve sous les deux tableaux.

Voici donc (plus bas) tout d’abord un tableau comparatif de la disponibilité de quelques un de mes titres en librairie. Je me suis concentrée sur les premiers titres des séries, puisque c’est avec ceux-là que l’on acquiert habituellement de nouveaux lecteurs.

L’inventaire est décrit ainsi : Le premier chiffre est le nombre d’exemplaires, et celui après l’« égal » est le nombre de librairies de ce réseau dans lequel ce nombre d’exemplaires se retrouve.

J’ai ajouté, en guise d’échantillon témoin, un des grands succès de l’heure : le tome 7 des filles modèles, présent dans les palmarès de ventes des trois sites, et que je considère donc un peu comme la distribution maximale possible, soit le 100% de la deuxième table.

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Pour donner une meilleure synthèse, voici également, le pourcentage de la présence des livres dans chaque réseau. Sous chaque titre, j’ai un peu résumé de quelle sorte de livre il s’agit, histoire de pouvoir extrapoler un peu aux autres titres de l’industrie.

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Quelques points intéressants :

  • D’abord de réaliser qu’une nouveauté n’est pas nécessairement présente partout en librairie, même s’il y a des lois qui encadrent la distribution des titres québécois. Simon et la galette d’intelligence, sorti il y a moins d’un mois, ne se retrouve que dans la moitié des Archambault, et moins que la moitié des Renaud-Bray.
  • Un bon point pour la centralisation des inventaires, il suffit qu’une seule personne décide qu’un titre doit être en inventaire pour qu’il s’y retrouve de manière unilatérale. C’est ainsi que le premier Victor Cordi, qui avait pourtant disparu des Renaud-Bray un an après sa sortie, a fini par y retourner, avec un exemplaire par succursale, remplacé automatiquement à chaque vente.
  • Un point que j’ai déjà souligné, et qui fait très mal aux titres qui ne sont pas de grands best-sellers, c’est le fait que les premiers de séries ne sont pas systématiquement repris à la sortie des tomes successifs. C’est ce qui se passe chez Renaud-Bray et Archambault pour Sous le Divan. Selon eux, la vie de ce livre est terminée. Le fait qu’il soit actuellement listé pour deux prix littéraires n’y change rien. 30% des libraires indépendants lui laisse encore une chance de faire sa place.
  • La progression de la place en librairie pour les Chroniques post-apocalyptiques sera intéressante dans l’année à venir. Il a été très présent dans les libraires du mois dernier, sera très présent dans le prochain Lurelu, ainsi que dans un autre média traditionnel au printemps. Est-ce que ça suffira à ralentir sa sortie des deux grands réseaux plus commerciaux? C’est à voir!
  • Mais surtout, la conclusion : on parle souvent que les librairies indépendantes sont importantes pour la biblio-diversité. Je crois bien que mon tableau en montre un exemple concret! D’un réseau à l’autre, que de différence! Et si je suis reconnaissante à Renaud-Bray d’avoir inclus Victor Cordi dans leur « fond » universel, je le suis doublement à tous les libraires indépendants qui permettent à tous les titres, quel qu’ils soient d’avoir leur chance de trouver leurs lecteurs.
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POURQUOI je suis auteure?

On m’a demandé plusieurs fois comment je suis devenue auteur. La réponse est tout ce qu’il y a de plus banale, une question d’ennui et de congé de maternité. Mais récemment, dans une classe, un élève m’a plutôt demandé POURQUOI je faisais ce métier. La réponse est sortie toute seule :

« Parce que j’aime raconter des histoires, et que je ne travaille pas bien en équipe ».

Explication en deux parties.

Parce que j’aime raconter des histoires

Un billet de blogue se promenait dans mon feed Facebook cette semaine en demandant de définir sa vie en un verbe, selon le principe que plusieurs métiers peuvent découler d’un même désir.

Mes verbes à moi sont du domaine de « raconter », « rêver », « inventer », « émerveiller », « évader ». Sans le savoir à l’époque, ce sont probablement ces désirs qui m’ont fait quitter la biologie. Les verbes « apprendre » « étudier » « observer » « comprendre » arrivaient trop loin derrière.

Plusieurs métiers permettent de raconter des histoires : le cinéma, la télévision, le théâtre et, à sa manière, les jeux vidéos. Alors, pourquoi avoir choisi la littérature? À cause de la deuxième partie de ma réponse :

Parce que je ne travaille pas bien en équipe

Évidemment, ça a fait bien rire la classe dans laquelle je me trouvais; les gens n’avouent habituellement pas leurs défauts aussi ouvertement. D’aussi loin que je me souvienne, les idées et les suggestions des autres m’ont toujours ennuyé. Au secondaire, par exemple, je ne copiais jamais lors d’examens, pas parce que j’étais plus honnête que les autres, mais simplement parce que je prenais pour acquis que mes réponses seraient meilleures que celles de mes voisins.

C’est un défaut que j’ai appris à endiguer, entre autres lorsque je fais de la pige, et aussi lorsque je fais des activités avec mes enfants. Il reste que dans tous les métiers mentionnés plus haut, l’histoire se raconte en équipes énormes, allant de cinq à deux cents personnes. Et même si les tâches sont bien réparties, on trouve toujours quelqu’un pour proposer : et si on ajoutait ceci, ou celà. On se retrouve alors soit à devoir incorporer quelque chose qui nous plait moins, soit à gérer la déception de la personne ayant proposée.

Évidemment, il y a aussi une équipe derrière les livres, mais la propriété de l’histoire y est bien claire! Jamais un illustrateur ou un réviseur ne m’a proposé de changer des zombies en vampires. Au contraire, ils viennent apporter une expertise dont je suis moi-même complètement dépourvue, alors j’accepte leur apport avec la plus grande joie! Pour ce qui est de la direction littéraire, les bon(ne)s directeurs/trices pointent les faiblesses… à moi ensuite de trouver des idées (toujours très bonnes, puisque ce sont les miennes!!! Hihihi!) pour conquérir ces défauts.

Non, vraiment, c’est le parfait métier pour moi!

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Simon et les disgressions

ScreenHunter_01 Jan. 21 07.24Simon et la galette d’intelligence est le premier livre que j’écris à la première personne du singulier. Ce style de narration est pourtant très très en vogue en littérature jeunesse depuis une dizaine d’années, particulièrement au Québec, où Aurélie Laflamme a lancé la mode, mais également à l’international d’abord avec Géronimo Stilton, puis avec le Journal d’un dégonflé.

Vous trouverez un bel exemple de mon Simon à la première personne dans l’extrait de présentation du livre, publié il y a un mois.

Il faut dire que la première personne permet d’infuser beaucoup de personnalité à la narration, chose plus difficile avec un narrateur omniscient, à moins de s’appeler Lemony Snicket. Lorsque j’ai écrit Simon, j’entendais directement sa voix dans ma tête, ses choix de mots, ses réactions, et surtout…

…ses digressions!

Je dois avouer les avoir utilisées sans savoir ce que c’était au début. C’est ce qui arrive quand on fait des études en sciences et en communications plutôt qu’en littérature. En voici donc la définition d’Antidote :

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Ou, si vous préférez, tous les moments ou le narrateur au « je » se met à raconter une anecdote qui n’est pas essentielle à l’histoire. Par exemple (en vert, aussi tiré de Simon et la galette d’intelligence) :

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Dans mon premier jet, je les utilisais plutôt généreusement, un peu comme quand j’écrivais des messages à mes amies au secondaire. En re-travail, sous la tutelle de mon éditeur/directeur littéraire (coucou Thomas!), j’ai appris à mieux les doser. Les deux règles que j’en retiens :

  • Les garder courtes
  • Les éviter durant les scènes d’action ou de tension

Et à la relecture finale, je dois avouer être plutôt satisfaite du résultat. Thomas avait raison, le dosage permet de conserver la saveur tout en gardant le lecteur bien plongé dans l’histoire.

Vous pourrez constater du résultat vous-même à la mi-mars!

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L’inertie au service de l’écriture

Je dois l’avouer, depuis septembre, j’ai eu de gros problèmes de procrastination : difficulté à m’y mettre le matin, pauses fréquentes, manque total de concentration. Je n’irais pas jusqu’à m’auto-proclamer accro aux médias sociaux, mais il reste que l’appel de Facebook se fait fort au moindre blocage! Mais depuis début novembre, alors que j’ai commencé un nouveau manuscrit (le troisième Gardien des soirs de bridge), j’ai complètement changé mon installation pour écrire, histoire de tuer le problème dans l’œuf.

Une installation « unplugged »!
Je m’étais retrouvé, depuis quelques mois, avec l’ordinateur de ma mère. Une bête minuscule, et lente à s’en taper la tête sur les murs. L’idée première était de profiter de son faible poids pour faciliter le transport dans mes séances d’écriture en direct. J’ai donc désinstallé tout ce que je pouvais, histoire de lui redonner un peu de vitalité. Comme l’anti-virus était ce qui la ralentissait le plus, j’ai désinstallé toutes capacités réseau, afin d’isoler la machine du reste du monde.

Et c’est sur cette machine sans connexion que j’ai commencé mon nouveau manuscrit. J’y ai transféré mon plan à l’aide d’une clé USB, et je m’installe désormais dans le divan, en plein salon pour écrire. La lumière y est bien meilleure que dans mon bureau, et lorsque l’appel des médias sociaux se fait sentir, il rencontre un adversaire de taille : la force d’inertie qui pousse tout mon être à préférer rester dans le divan, sous une couverture.

installation-gagnanteJe dois avouer être très satisfaite des journées d’écriture que j’y ai faites depuis!

On peut donc dire que la suite de « Sous le divan » aura été écrite SUR le divan!

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