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Oui, j’ai bien dit « autrice »!

La première fois que j’ai entendu le mot, j’ai fait comme tout le monde : « Ouache »! Nous ne sommes pas habitués à l’entendre, alors il écorche les oreilles.

Puis, il y a eu le merveilleux mouvement #MeToo, qui m’a fait réaliser que ma génération avait son propre combat féministe à mener. Nos mères et grands-mères ont luté pour l’égalité, nous luttons désormais pour le respect. La deuxième fois que j’ai entendu le mot « autrice », je m’y suis intéressé. J’ai fait quelques lectures.

J’y ai trouvé, tout d’abord, que c’est linguistiquement la bonne forme. Les masculins en « eur » se féminisent soit en « euse » ou en « trice ». D’ailleurs, le terme est accepté à la fois par Antidote et Le Petit Robert.

Ensuite, j’ai découvert que c’est un terme qui a été utilisé jusqu’au début du XVIIe siècle.

Selon l’Académicien Frédéric Vitoux : « il était d’usage d’employer le mot “autrice“, comme on le faisait du féminin d’acteur, “actrice“. Cela entrait en cohérence avec sa racine latine». (Source: Le Figaro)

Pourquoi il serait tombé dans l’oubli? Certains en remettent la faute au Cardinal de Richelieu, d’autres disent qu’il aurait été chassé par l’Académie. Dans les deux cas la misogynie serait en cause, l’idée qu’une femme puisse exercer une profession dite « noble » ayant été jugée de mauvais goût. D’autres prétendent qu’il est simplement tombé dans l’oubli par lui-même, faute d’usage. Parce que, comme on me l’a si bien rappelé dans les commentaires de mon dernier billet (dans lequel j’avais utilisé le terme), c’est l’usage qui décide de la langue.

Côté usage, on m’a aussi fait remarquer, dans les commentaires du même billet précédent, que le Québec a décidé d’utiliser la forme féminine « auteure ». Moi-même, j’utilise cette forme depuis des années. Mais à la lumière des lectures faites plus haut, il me vient à l’esprit que le Québec a sans doute choisi cette féminisation pour ne pas trop déranger. On n’entend pas la différence, alors ça évite la controverse.

Mais la controverse, parfois, c’est utile, surtout pour obtenir le respect. Tant qu’on voit encore passer des articles qui expliquent que prendre un nom de plume masculin peut augmenter ses droits d’auteurs (Want to earn more as a book author? A male name will help, article basé sur une grande étude effectuée sur plus de 2 millions de livres publiés en Amérique du Nord), on ne peut pas dire que le combat n’en vaut pas la peine!

Et si c’est l’usage qui décide, si on veut réhabiliter le vrai terme, celui qui dérange un peu plus, la seule chose à faire, c’est de l’utiliser!

Bref, tout ça pour dire que j’ai décidé d’essayer le mot « autrice » pour quelque temps. Je ferai les changements dans mes divers médias sociaux dans les prochains jours. Je ne le fais pas en montrant le poing avec la certitude d’avoir raison. Je l’essaie, voir s’il arrête de m’écorcher les oreilles avec l’usage, voir si je me sentirais bien dans la peau de ce nouveau titre.

« Trying it on for size », diraient les anglophones.
(Oui, j’ose terminer sur un billet qui parle de pureté de langue sur une expression anglaise! C’est comme ça!)

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Les petites causes que l’on épaule

croquelivreLa semaine dernière, je suis allée à Henryville faire une mini lecture de texte pour le lancement de deux croquelivres, ces boîtes de prêts qui rendent la lecture encore plus accessible aux enfants.

C’est ma cousine, Fanny Delisle, qui m’a proposé d’aider le croquelivre de sa ville cet été. Henryville est un tout petit village de campagne, un milieu défavorisé, mais dans lequel plusieurs personnes s’impliquent avec une grande volonté. Avec la cousine en question, j’ai donc orchestré une collecte auprès des auteurs qui suivent ma page Facebook, ou qui sont connectés à mon compte personnel.

J’en profite donc pour remercier les auteurs suivants pour leur participation:

Julie Champagne
Maxime de Bleu
Lucien Couture
Danielle Malenfant
et Cécile Gagnon

Mais aussi Réjean Dumouchel, qui, sans être auteur, nous a donné une montagne de livre qui en réjouira plus d’un!!!

Comme auteur, on est souvent sollicités pour des causes diverses. Donner des livres, donner du temps. Il est parfois difficile de faire la part des choses, de trouver une balance entre exploitation, bénévolat et générosité. On ne peut dire “oui” à tout…  mais rien ne nous oblige à dire toujours “non”, non plus. Étrangement, le choix entre les deux est souvent une question du “timing” de la demande. Il y a des moments où nous avons besoins d’aider, de se sentir utile dans l’univers, tout autant que les demandeurs ont besoins d’aide.

moi

Ma cousine m’a donc offert cette opportunité juste au bon moment, durant un été où je me sentais coupable d’avoir quitté le C.A. de l’AEQJ, et malheureuse de ne pas avoir réussi à changer les choses comme je le voulais durant mon presque deux ans de mandat. Les croquelivres m’ont rappelé comment “faire une différence” est toujours accessible à qui le désire, et comment les plus petits gestes comptent tout autant que les grandes actions d’éclat.

Cette implication ne sera pas la dernière!

Longue vie aux croquelivres d’Henryville!

 

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