India Desjardins, Michel Brûlé, et l’héroïsme

Je n’avais jamais écouté de Podcasts. Durant les moments propices à avoir quelque chose dans les oreilles, j’ai tendance à écouter de la chanson française, une passion pour laquelle je n’ai jamais assez de temps à mon goût. Mais là, j’étais trop intriguée, autant pas le sujet que par les bonnes critiques. J’ai écouté la série de podcasts d’India Desjardins sur Michel Brûlé. Et quel podcast!!! Fascinant, instructif, palpitant, j’ai écouté les six en trois jours.

Déjà, la question de départ d’India Desjardins est intéressante : quel genre de vie il faut vivre pour que les gens ne croient pas à ta mort? Comme de fait, à l’annonce de la mort de Michel Brûlé, éditeur qui a marqué la littérature jeunesse avec sa maison d’édition Les Intouchables, nous étions plusieurs à mettre la nouvelle en doute. Il faut dire qu’il venait d’être reconnu coupable d’agression sexuelle et devait recevoir sa sentence. Surtout, il faut dire que c’était un personnage tel que l’idée qu’il puisse simuler sa propre mort devenait possible. C’est ce personnage que nous présente India Desjardins, sous toutes ses facettes : ses bonnes comme ses mauvaises.

Je ne vous résumerai pas le podcast lui-même, allez l’écouter à la place, vous ne serez pas déçu. J’ai plutôt envie d’y ajouter ma propre expérience.

Ma rencontre avec Michel Brûlé
Je l’ai rencontré une seule fois, alors que je cherchais un éditeur pour l’Encyclopédie du Merveilleux Urbain, porte-folio sous le bras, au Salon du livre de Montréal. Je lui ai demandé s’il avait le temps de regarder mon projet, il m’a installé à une table au milieu de son kiosque et m’a écoutée. La rencontre elle-même n’avait rien d’extraordinaire. Il m’a parlé de son amour pour la Russie, m’a félicité pour la qualité du projet, et m’a dit que ce n’était pas son créneau. Fin de l’histoire? Pas tout à fait.

À la fin de cette rencontre, une de ses employées m’a rattrapée pour me demander : « Y’as-tu été correct avec toi? ». Une phrase pleine de sous-entendus, de non-dits, d’avertissements… de bienveillance, aussi. Une phrase à laquelle j’ai beaucoup repensé lorsque le nom de l’éditeur est sorti dans la lignée de #metoo.

Je crois que dans une situation difficile, il y a plusieurs sortes de héros. Il y a ceux qui agissent selon les règles pour que les choses changent. C’est ce qu’a fait la victime de harcèlement en portant plainte. Il y a ceux qui analysent, essaient de comprendre, informent les autres, comme India Desjardins avec ce podcast. Finalement, il y a les héros de l’ombre, dont on entend rarement parler. Ceux qui restent aux alentours… en tentant de limiter les dégâts. Ceux sur lesquels on n’écrit jamais de romans.

Aujourd’hui, j’ai envie de remercier cette employée qui est venue s’assurer que rien de grave ne m’était arrivé. Qui que tu sois, sache que ta sollicitude m’a touchée.

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