Analyse de trois narrateurs

On a parfois l’impression qu’une narration à la troisième personne est obligatoirement neutre et doit s’effacer au profit de l’histoire. Voici pourtant trois lectures récentes qui offrent de belles opportunités d’utiliser le narrateur pour donner plus de personnalité au récit.

La tour sombre, Stephen King :

Je suis en train de terminer la Tour sombre de Stephen King. Cette série se passe (en partie) dans un autre monde, avec se codes, ses expressions et son langage. Jusque-là, rien de bien spécial puisque la plupart des livres issus des littératures de l’imaginaire suivent ces mêmes règles. La différence, c’est que les expressions colorées sont également utilisées par le narrateur, plutôt que d’être confinés au dialogues. Le narrateur, omniscient et à la troisième personne, va donc se permettre des « Say Thankya »  ou autre expression de l’autre monde, nous donnant l’impression non seulement que l’aventure s’y déroule, mais que le narrateur lui-même en fait partie. Une belle touche.

Le joueur d’échecs, Stefan Zweig  :

Pour celui-ci, ce n’est rien de neuf, puisqu’il s’agit d’un narrateur-témoin, donc un personnage secondaire de l’histoire, qui observe le héros et rapporte ses gestes. On trouve la même sorte de narrateur dans Don Quichotte (Sancho Pansa), Sherlock Holmes (Watson) et même Moby Dick (Ishmahel). Pourtant, c’est un procédé beaucoup que j’ai rarement vu en littérature jeunesse. Je suis donc bien titillée à l’idée de m’y essayer moi-même, me disant que ça serait une belle manière d’introduire un héros adulte tout en gardant une touche jeunesse!

La voleuse de livres :

Autre coup de génie : le narrateur de ce classique n’est nul autre que la mort. On parle donc ici d’un narrateur témoin, comme dans le joueur d’échecs, mais son identité lui permet d’être également omniscient, puisque c’est une sorte de dieu!  Le narrateur se permet donc des apartés, des digressions, tout en étant omniscient. Le meilleur des deux mondes.

 

Pour des narrateurs 3e personnes intéressants en littérature jeunesse, regardez du côté de Songe à la douceur de Clémentine Beauvais ou de Desastruses aventures des orphelins Baudelaire de Lemony Snicket!

 

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