Un comparatif de mes deux métiers (ou pourquoi je n’étais pas faite pour être game designer) 

Les professeurs d’une école secondaire, voyant mon profil, m’ont demandé de venir parler à la fois de littérature et de jeux vidéo à leurs élèves. Cherchant un angle intéressant, j’ai monté hier un power-point de comparaison entre le métier d’auteur et celui de concepteur de jeu (game designer).

Et j’ai réalisé à quel point je suis à ma place en littérature.

1er point : travail solitaire vs travail d’équipe
Les équipes de jeux vidéo sont de plus en plus grosses. Illustrateurs, modeleurs, animateurs,  codeurs, j’en passe, et des meilleurs! Vous me direz que le livre se fera également avec d’autres personnes une fois le manuscrit remis, et vous aurez bien raison, mais ce sera un travail d’équipe très différent. En jeu vidéo, tous les intervenants ont un fort sentiment d’appartenance au jeu, et viendront donner leurs idées au concepteur de jeu. Constamment, pendant des mois de travail. Ils proposeront des changements, des ajouts, des améliorations. Pour quelqu’un d’ouvert aux idées des autres, c’est fantastique! Pour moi, c’est l’équivalent d’un cauchemar!

J’aime beaucoup mieux l’approche littéraire dans laquelle mon éditeur.trice va pointer les failles et me laisser me débrouiller avec mes troubles. Question de personnalité, je suis comme ça : par défaut, je n’aime pas les idées des autres. Je ne suis même pas certaine que je serais capable d’écrire un livre à plusieurs, comme le fait si bien le quatuor d’auteurs de La Clique du camp.

 

2e point : longueur du travail
Il existe peut-être encore de petits jeux indépendants dont le temps de production est court, mais pour la plupart, les jeux prennent des années à se construire, et le concepteur y travaille à temps plein du début à la fin. De mon côté, même mes manuscrits les plus longs se terminent en quelques mois! S’ils prennent parfois beaucoup de temps avant d’arriver sur les tablettes, je continue sur d’autres projets en attendant. Même lorsque j’écris des séries, je me change les idées avec d’autres projets entre chaque tome. Je suis beaucoup trop volage pour rester concentrée si longtemps sur un seul univers! Je suis plus sprinteuse que marathonienne.

 

3e point : la relation à l’argent, au risque et à la propriété intellectuelle
C’est là qu’il faut une drôle de personnalité pour être auteur plutôt que concepteur de jeu. Il faut une relation zen avec ses finances. Il faut l’avouer, c’est un métier au revenu instable, incertain, surtout si on le compare aux salaires réguliers versés aux employés qui travaillent en jeux vidéo.

Moi, ça va.

Vous me direz: « c’est facile lorsqu’on a un conjoint qui fait un salaire fixe ». Mais en vérité, même lorsque j’étais célibataire, le compte en banque vide ne m’a jamais inquiété. Cette angoisse n’est pas dans mon ADN.

Comme le dit le chanteur Chaton : « ♫ Au bord de la faillite, je continue d’écrire des poésies ♫».

Je suis prête à prendre ce risque en échange de la propriété de mes personnages et mes univers. Tout ce qu’un concepteur de jeu crée appartient au studio qui l’embauche. La stabilité financière est à ce prix.

 

Je concluerai en disant qu’un métier n’est pas meilleur que l’autre. C’est vraiment une question de personnalité… et je sais bien de quel côté je me situe!

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Une réflexion au sujet de « Un comparatif de mes deux métiers (ou pourquoi je n’étais pas faite pour être game designer)  »

  1. J’adore tes commentaires. Notamment quand tu parles de sprinteuse. Il n’y a pas UNE façon d’écrire. Je suis nettement marathonienne et sans doute marathonienne extra distance!

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