Gloire et misère d’une première animation masquée

La semaine dernière, j’avais deux journées d’animations scolaires de prévues. Deux journées collées, de trois animations chacune, rien d’inhabituel. J’avais fait d’autres animations depuis le début de l’année, mais la distance aux élèves et la possibilité d’ouvrir les fenêtres m’avaient permis de les faire à visage découvert. Depuis, la température extérieure s’est refroidie, les règles sanitaires se sont resserrées, j’allais donc faire mes premières animations masquées.

J’avais quelques appréhensions, comme la plupart de mes collègues. Est-ce que les élèves m’entendraient bien? Est-ce que la connexion s’établirait sans la possibilité du sourire complice?

Je fais ma première animation. Je pousse un peu ma voix, histoire de m’assurer que les jeunes m’entendent jusqu’au fond de la classe. Tout va bien! Le groupe est dynamique et enthousiaste. Ils ont lu le premier Pétronille en classe, ce qui aide toujours. J’en ressors tout à fait rassurée, pour ne pas dire gonflée à bloc, certaine que mes deux journées d’animation masquée seront fantastiques.

Je remarque tout de même que la présence du masque fait que je n’ai pas bu une goutte d’eau depuis mon arrivée. J’avale une grande lampée et me laisse conduire vers ma prochaine classe.

Je fais la deuxième animation. À partir de la chanson, ma gorge commence à piquer. Je bois de l’eau, en soulevant le bas de mon masque. Puis à cinq minutes de la fin : la catastrophe. Ma voix casse, complètement. Plus un son ne veut sortir. J’ai trop forcé pour compenser la présence du masque. Évidemment, je n’ai aucune pastille pour la gorge. Je prends tout de même une petite sucrette menthe, espérant que ça fera la job. Après une ou deux minutes à avaler ma salive, je peux finalement terminer l’animation.

Je panique, parce que cette situation, je l’ai déjà vécue! Et ça s’était terminé par une extinction de voix qui avait duré une bonne semaine. Il me reste une dernière animation pour la journée, et trois le lendemain.

Comme l’école n’est pas loin de chez moi, je retourne dîner à la maison. Tisane, soupe, ramassage de pastilles, et je suis d’attaque pour la troisième animation.

Je suis chanceuse : la classe est bien attentive (certains élèves tricotent!!??). Je me surveille, force un peu moins sur la voix, prends une pastille à mi-chemin et me rends jusqu’au bout.

L’honneur est sauf, mais ma gorge fait mal. Plutôt que de risquer ma voix ou de donner une animation dans un râle le lendemain, je fais une adulte de moi, et j’écris à la responsable pour lui demander de remettre les animations restantes à un autre jour. La responsable accepte sans problèmes, m’avoue que bien des professeurs ont eu des problèmes similaires en début d’année.

Tout est bien qui finit bien!

Apprentissage : désormais, je traînerai systématiquement des pastilles, et tenterai de garder une journée de repos entre deux journées d’animations!

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Une réflexion au sujet de « Gloire et misère d’une première animation masquée »

  1. Autre truc d’une ancienne prof qui a gardé une gorge fragile et fait une extinction de voix par salon du livre : les suppositoires Néo-Laryngobis. Ça permet d’être d’attaque le lendemain.

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