Comment est payé un scénariste télé?

J’ai signé, cette semaine un contrat Sartec, ce qui veut dire que je vais écrire des scénarios pour la télévision (pour un projet dont je ne peux parler pour le moment). Je découvre, à travers tout ça, comment sont payés les scénaristes et je suis fascinée par les différences avec les auteurs.

Pour mes lecteurs qui ne font pas partie de l’industrie, sachez que les auteurs sont payés autour de 10% du prix du livre pour chaque livre vendu (moins si un pourcentage est donné à l’illustrateur). L’auteur reçoit ces sous environs une année après l’arrivée du livre sur les tablettes, et reçoit habituellement une avance sur le montant anticipé en attendant.

Évidemment, avec une série télé, ce serait impossible, puisque les spectateurs ne paient pas pour chaque série ou épisode. Par contre, contrairement à l’auteur, le scénariste qui répond à une commande d’un studio sera payé même si le produit final ne se rend jamais jusqu’à son public.

Voici donc les grandes lignes, selon ce que je constate :

  • Les scénaristes sont payés selon un pourcentage du budget de production de l’épisode qu’ils sont en train d’écrire.
  • Ils reçoivent une avance lors de l’écriture, non-remboursable, que la série soit produite ou non.
  • Il est possible, selon les cas, d’obtenir également des redevances sur ce que paieront chaque distributeur qui désire diffuser la série.

Donc, le scénariste est payé dès l’écriture, un montant qui ne dépend que de la longueur du scénario désiré par le studio, selon des montants prescrits par la Sartec.

Si la série n’est jamais produite, ça s’arrête là. Si elle set produite et que le pourcentage du budget de production dépasse l’avance reçue, le scénariste reçoit un nouveau montant. Il est dont plus payant d’être scénariste sur une grosse production que sur une série petit budget… mais seulement si la série se rend jusqu’en production.

Si le scénariste n’a pas de redevances, ça s’arrête là… mais s’il en a, il recevra des montants pour chaque nouveau distributeur qui achète les droits de diffusions. Si la série fait le tour du monde, les montants peuvent rentrer pendant longtemps, comme pour un livre qui se retrouve traduit dans plusieurs pays.

 

Je dois avouer que ce nouveau défi m’excite énormément! Je suis une touche à tout, j’adore découvrir de nouveaux médiums… mais ne vous en faites pas, je ne change pas de métier et je reste avant tout une autrice jeunesse!

Comment les libraires français agissent contre la surproduction

Il y a quelques semaines, j’ai vu passer un article de Actuallité qui parlait du ras-le-bol généralisé des libraires français face à la surproduction littéraire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce mot, « surproduction » se chuchote dans les salons du livre et les rencontres du milieu littéraire depuis des années. Il y a trop de nouveautés, ce qui laisse moins de place pour chaque livre et réduit la part de tarte de chacun. Tout le monde le sait… mais personne n’ose dénoncer trop fort. Pourquoi? Parce qu’ils ont trop à perdre! Les éditeurs craignent de voir leurs subventions diminuer et les auteurs s’inquiètent d’avoir plus de difficulté à placer leurs manuscrits si les éditeurs en publient moins.

Les seuls qui n’ont rien à perdre sont les libraires, qui sont à bout de souffle à force de recevoir des caisses et des caisses de nouveaux livres à placer chaque semaine. Je n’étais donc pas surprise de les voir dénoncer à haute voix le phénomène, mais je dois avouer m’être dit : « qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire? ». Je pensais qu’ils n’avaient aucun pouvoir, aucune chance d’impact sur la situation.

Cette semaine, un second article m’a prouvé à quel point d’avais tort !!! Un article qui parle de la « Trêve des nouveautés ».

Ne laissez pas le « T » au début du mot vous induire en erreur, il s’agit bel et bien d’une forme de Grêve du zèle que certains libraires ont mise en place pour passer un message aux distributeurs, représentants et éditeurs. Je dois avouer avoir dû lire un troisième article pour comprendre exactement en quoi ça consistait.

En gros, les libraires étaient encouragés, entre décembre et juin, à ralentir le rythme de leur prise en compte des nouveautés. Voici quelques exemples tirés du document officiel de l’association pour l’écologie du livre.

  • Trêve perlée : (…) s’autoriser à ralentir, ne pas prendre un autre rendez-vous, sauter un office.
  • Trêve tournante : (…) s’unir entre librairies pour sauter certains offices et en garder d’autres, renvoyer un client chez l’un·e ou l’autre volontairement…

Et ma préférée :

  • Trêve par l’absurde : Arrêter les couvertures bleues, les titres trop courts ou trop longs, les  récits  de  soi,  les  auteur·rices  trop  vieux/vieilles,  les  livres  de moins de 273 pages et tout ce qui peut vous aider à dire non à votre représentant·e ou à le faire rire

Ces actions ont une triple raison d’être. Évidemment, elles servent à faire passer le message que la situation ne peut plus durer, en plus de permettre aux libraires de reprendre leur souffle en réduisant le temps passé en rencontres et en gestions de la rotation des livres. Finalement, ils en profitent pour accumuler des données qui pourront éventuellement aider à trouver des pistes de solutions. Par exemple, ils ont constaté que de n’accepter des nouveautés qu’une semaine sur deux n’a pas beaucoup d’incidence sur les secteurs de la littérature étrangère ou jeunesse, alors que l’impact est plus grand en littérature généraliste.

Pourquoi s’intéresser à tout ça alors que ça se passe en France? Parce que notre industrie littéraire québécoise est aux prises avec les mêmes problèmes!  S’ils réussissent à trouver une solution, ne serions-nous pas bien bêtes de ne pas au moins prendre le temps de la considérer?

De l’angoisse à l’inspiration pour Paul Thibault!

Serait-ce un sac rempli d’idée que m’apporte Grugeux? (Illustration Sans Cravate)

Parfois, j’écris un livre qui me trotte en tête depuis des mois, voire des années. Au moment de m’y mettre, j’ai alors déjà plus de la moitié du plan en tête. Je m’y mets avec hâte.

Parfois, j’écris une suite avec aucune espèce d’idée de ce que sera l’histoire. Dans ces cas-là, j’ai toujours une petite angoisse qui monte, une impression que ça y est, je suis à court d’idées, pour toujours. Ce n’est pas facile, écrire à partir de rien.

Je me souviens d’avoir eu ce sentiment entre chacun des Victor Cordi, et il était bien présent il y a trois semaines, alors que j’attaquais un deuxième tome de Paul Thibault.

Trois semaines plus tard, pourtant, me voilà avec un premier jet dans les mains! Les idées sont venues, et ont été couchées sur papier, à raison d’une histoire par semaine. Chacune est en rime, comme dans le premier tome, et chacune fait environ 750 mots. Elles ont encore besoin d’un peu d’amour et de beaucoup de travail avant d’être envoyées à mon éditrice… et d’encore plus avant d’arriver entre vos mains!

Pour chaque histoire, une journée entière a été consacrée à trouver mon récit. Quelques béquilles pour m’aider? J’ai lu presque une dizaine de documentaires jeunesse sur la forêt Canadienne, et j’ai fait une liste de pistes potentielles, à laquelle je suis revenue régulièrement en cours de route.

La voici :

  • Orignal avec un monde complet sur ses bois
  • Un bruit effrayant qui sort d’une caverne et ce n’est qu’un ours qui sort d’hibernation
  • Coulée des érables
  • Cocottes
  • Fonte des neiges
  • Premières fleurs qui sortent
  • Retour des bernaches
  • Les traces d’animaux qui se transforment en traces humaines
  • La rencontre avec Louisette
  • Des interludes de Grugeux
  • Le maringouin
  • Le ouaouaron
  • Le bruit du pic-bois
  • Les hélicoptères
  • Quenouilles
  • Grand Polatouche!!??
  • Pourquoi le hibou (ou le grand-duc?) ne sort plus le jour
  • Crosses de violon
  • Le chant magique des grenouilles

Je ne vous dévoile pas lesquelles j’ai choisies, et surtout, je garde les autres précieusement dans un dossier dans l’éventualité d’un troisième tome!

Ma face pour les prochaines années!

Ça faisait deux ans que j’en parlais et que je laissais traîner : il me fallait de nouvelles photos professionnelles. Il faut dire que celles que j’utilisais encore dataient de 2017.

J’ai finalement pris un rendez-vous chez une photographe conseillée par une amie, et voici le résultat, en galerie cliquable : cinq nouvelles photos, prises par Mélissa Saint-Arnaud!

© 2024 Melissa St Arnauld

J’ai pris le pari de les faire au naturel, sans maquillage, histoire que les enfants me reconnaissent un peu mieux. C’est toujours un peu malaisant de voir les élèves faire des allers-retours entre ta photo, prise sur Internet, et ta « vraie face » avec un regard rempli d’incompréhension!

 

La chance, ce piège narratif!

Lors de ma dernière animation de l’année, l’école avait un projet de vidéos-blogues, mené par le professeur d’anglais. J’ai donc pris 15 minutes pour m’asseoir avec deux élèves qui me posaient des questions préparées d’avance. Ils avaient choisi le thème de la chance pour leur émission de la semaine et une des questions allait comme suit : « Parmi tous vos personnages, lequel est le plus chanceux »?

Et ma pensée immédiate a été : « Aucun d’entre eux, je l’espère ».

Pourquoi? Parce que la chance est un piège, pour un auteur. Un héros doit réussir sa quête ou se sortir d’embarras grâce à ses qualités personnelles. Son intelligence, son courage, sa facilité à attirer la loyauté d’amis utiles. S’il s’en sort grâce à la chance, c’est un peu de la triche! L’intuition, qui fait que le héros regarde dans le tiroir même s’il n’a aucune raison de regarder dans le tiroir, entre un peu dans la même catégorie. Ce sont des raccourcis paresseux.

À bien y penser, une scène d’action est d’ailleurs bien plus intéressante lorsque tout tourne mal et que le héros doit sans cesse s’adapter à la situation et trouver de nouvelles solutions. C’est sa malchance qui permettra les meilleurs rebondissements : le fusil qui s’enraye, la liane qui cède sous le poids, le garde qui revient parce qu’il a oublié son café.

Définitivement, je préfère les héros malchanceux !

Je commence l’écriture de…

Un second tome des aventures de Paul Thibault!

L’éditeur (400 coups) est partant, l’illustrateur (sans cravate) est partant… et moi aussi, évidemment!

Il faudra être patient, les délais pour les albums sont beaucoup plus longs que pour les romans, et je n’ai pour le moment aucune idée de sa date possible de sortie. La bonne nouvelle est simplement qu’elle existera, cette suite!

J’ai terminé mon manuscrit de Mon moniteur est un gobelin vendredi dernier, je m’attaque donc à Paul dès cette semaine dans la joie, l’allégresse, et tout de même un peu l’appréhension! Pourquoi ce dernier? Parce qu’il me faut des idées pour non pas une, mais bien trois histoires aussi bonnes que celles du premier tome, et surtout parce que ce n’est pas facile (voire sacerdotal) d’écrire en vers!

J’entre donc en période de recherche d’inspiration et j’accepte toutes les suggestions sur les choses suivantes :

  • Des albums et documentaires à lire pour m’inspirer
  • Des facettes de la forêt Canadiennes que vous aimeriez me voir réinventer
  • De personnages ou aspects du premier tome que vous souhaitez retrouver.

Longue vie à Paul, et merci à tous les lecteurs et passeurs qui ont permis que l’aventure continue.

Pétronille à l’école

Très jolie surprise pour moi cette semaine : dans le dernier magazine Lurelu, grande référence en littérature jeunesse au Québec, un article propose des suggestions d’utilisation de ma série Pétronille inc. en classe, autres que celles déjà proposées dans les fiches pédagogique déjà disponibles sur le site de l’éditeur.

L’article liste les thèmes à aborder, la manière de séparer les romans, le meilleur moment de l’année pour amorcer le projet, des pistes de causerie, et même trois options différentes d’utilisation pour le cours d’univers sociale.

En voici le résumé dans le sommaire:

Ce que j’adore de ce genre d’article, c’est que pour un seul professeur qui décide d’utiliser un livre en classe, une vingtaine d’élèves découvrent mon univers. Le tout se multiplie si l’expérience est concluante et que le professeur décide de renouveler l’expérience pour les prochaines années.

Les professeurs, comme les libraires et les bibliothécaires, sont de fabuleux « passeurs », ces adultes qui mettent des livres dans les mains des enfants avec l’espoir de déclencher en eux le virus de la lecture.

Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de voir Pétronille trouver sa place dans les écoles.

Et parlant d’elle, j’en profite pour mentionner que s’il n’y a pas de nouveau tome de Pétronille inc. cet automne, un projet est tout de même en préparation pour ma petite sorcière. J’aurai éventuellement des nouvelles à vous annoncer… à la prochaine Halloween, peut-être?

Ma quête pour l’arbre de vie de Montréal

Mon manuscrit en cours, Mon moniteur est un gobelin, est un livre foncièrement montréalais. Contrairement aux Chroniques post-apocalyptiques qui se concentraient principalement sur mon propre quartier, mes héros se promènent aux quatre coins de la ville… ce qui entraîne un peu plus de recherche.

Je suis donc partie sur les traces de mes personnages, par une belle journée du début du printemps. J’ai d’abord visité le parc Raymond-Préfontaine, point de rencontre du camps de jour.

Puis embarqué sur la ligne verte du Métro

Pour me rendre au Jardin botanique, endroit dans lequel j’avais décidé que se trouverait « l’arbre de vie » de la ville, soit celui qui rend toute magie possible. J’avais besoin d’un arbre remarquable, et une amie m’avait parlé d’un grand magnolia près des étangs, ce qui me semblait un choix parfait.

En chemin, j’ai repéré ce sympathique puits qui servira de passage secret à mes personnages…

…  mais j’ai dû me rendre à l’évidence : je suis incapable de reconnaître un magnolia s’il n’est pas en fleurs. J’ai donc quand même écrit ma scène en me promettant de revenir lors de la floraison.

Deux mois plus tard, je retourne donc au Jardin botanique. J’ai trouvé des dizaines et des dizaines de magnolias de toutes sortes… mais aucun qui méritait véritablement l’honorable titre d’ « arbre de vie ». Un peu dépitée, en sortant du Jardin, j’ai demandé conseil au kiosque d’information. Un gentil employé m’a parlé d’un peuplier dans la forêt des Premières Nations, qui serait si grand qu’il est utilisé comme toile pour des projections. Comme ma visite était terminée, je me suis dit que je trouverais bien des photos de ce fameux arbre en ligne, et je suis repartie.

Je n’ai rien trouvé en ligne… troisième visite au Jardin!

Après avoir photographié quelques candidats potentiels, je suis arrivée au Peuplier que l’on m’avait mentionné, et j’ai dû avouer qu’il s’agissait d’un bon choix! Il est énorme et entouré d’une clairière de terre, d’un étang et même d’une tente d’inspiration autochtone, un endroit parfait pour la scène de combat qui s’y déroulera!

J’ai réécrit ma scène, et l’arbre de vie de Montréal est désormais un peuplier deltoïde, réputé pour sa croissance rapide et ses petites boules de coton volantes qui emmerdent les allergiques et réjouissent les romantiques au printemps. Comme je fais partie du second groupe, je suis absolument ravie de mon choix. Ça valait bien trois visites!

Les univers oniriques de Paul Morstad

L’année dernière, j’avais fait le plein d’inspiration à la Foire Plural, regroupant plusieurs galeries d’art contemporain.

J’y suis retournée cette année, et avais envie de vous présenter le coup de cœur de ma visite : les aquarelles de Paul Morstad.

Il y avait deux aquarelles de disponibles au kiosque de la galerie Slate.

Elles ont suffi à me donner envie d’en savoir plus!

J’ai donc appris que l’artiste était de Vancouver, mais avait habité plus d’une dizaine d’années à Montréal pour y travailler en animation à l’ONF. Je me suis surtout reconnue dans les thèmes de ses œuvres : les animaux, les oiseaux, les voyages et l’imaginaire.

Voici deux autres œuvres trouvées sur son site internet : https://paulmorstad.com

Avouez qu’on pourrait écrire un roman jeunesse complet à partir de chacune de ces illustrations!