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L’univers des livres participatifs

Comme vous le savez peut-être tous, je viens du monde de l’interactif. Site web, jeux vidéo, applications, j’ai touché à peu près à tout! Je suis donc toujours un peu fascinée lorsque les autres médiums, dits « passifs », décident de faire participer les spectateurs à leur tour.

L’exemple que tout le monde connait, c’est l’émission de télévision Dora. Plusieurs fois par épisodes, la petite exploratrice se tourne vers la caméra et passe une commande telle que « Lève les bras dans les airs », « Souffle sur les nuages » ou le classique « dit : « Chipper, arrête de Chipper »! ». Ceux de ma génération savent que le principe n’est pas nouveau, les Oraliens et les 100 tours de Centour nous faisaient déjà répéter des formules à l’époque!

Contrairement à l’ordinateur, la télévision n’a aucun  moyen de savoir si l’enfant s’est exécuté, je refuse d’appeler ces épisodes « interactifs », puisque l’interaction, par définition, doit être réciproque. Je préfère donc le terme « participatif »

Évidemment, les livres ne sont pas en reste! Le premier véritable livre participatif sur lequel je suis tombée est Un livre de Hervé Thullet, maître du genre. En voici la première page :

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Sur la page suivante, le point aura changé de couleur. Au fil des pages, le livre nous demandera d’appuyer, brasser, souffler, et plusieurs autres actions encore. Les points dans le livre réagissent d’une page à l’autre selon l’action exécutée. Une petite merveille! Vous pouvez voir la bande-annonce anglophone du livre sur YouTube, ça vaut le détour!

Lorsque j’ai fait part de mon intérêt pour ce genre à mon éditrice de La Courte Échelle, elle m’en a fait découvrir plusieurs autres :

ScreenHunter_02 Jul. 05 07.40Il y a des chats dans ce livre, de Viviane Shwartz

Que vous pouvez voir en anglais au complet par ici, et qui a été une véritable obsession de ma plus jeune pendant des mois! Les trois chats sont très sympathique, et les participations sont variés et bien intégrées.

 

 Chuuuuut, de Sally Grindley

Cette fois-ci, c’est l’ambiance qui est bien réussie! D’une page à l’autre, on se promène dans le château de l’Ogre, accompagnés par la peur de le réveiller! Pour enfants courageux seulement!

 

Turlututu,histoires magiquesEt un recueil comprenant plusieurs histoires de Turlututu, du même Hervé Thullet mentionné plus haut

Chaque histoire est très très courte, moins d’une dizaine de pages, mais l’univers visuel est éclaté, et les enfants sont toujours content de participer. Inégal.

Vous vous en doutez, c’est un genre auquel je me suis essayée… mais ça, c’est une histoire pour une autre semaine (et qui paraîtra en octobre)!

 

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5 qualités discrètes du Royaume de Lénacie

Lenacie_Page_1_Image_0001Je ne me contente pas d’écrire du jeunesse, j’en lis également beaucoup! Si je prends certains ouvrages par curiosité professionnelle, il arrive que j’embarque tant dans l’histoire que je ne peux m’empêcher de lire la suite! Ça m’était arrivé avec les Amos Daragon, avec les Mathieu Hidalf, et dans les derniers mois, avec le Royaume de Lénacie de Priska Poirier.

Je n’en suis qu’au tome 4, mais j’avais malgré tout envie de parler aujourd’hui de certaines des qualités subtiles de cette série. Je ne vous parlerai donc pas de l’action, des personnages ou de la plume de l’auteure, mais bien de petits détails plus discrets qui m’ont séduite.

1- Le souci du détail dans la création de l’univers
C’est d’après moi la plus grande force du royaume de Lénacie. Le monde sous-marin créé par Priska Poirier a été pensé en long et en large : système politique, modes de vie, nourriture, habillement, décoration, rien n’a été laissé au hasard. Cela donne aux sirènes une grande crédibilité.

2- Le mélange de mythologie classique et de pure invention
Dans la création de cet univers, Priska Poirier utilise les notions déjà connues sur les sirènes et les intègre à son univers en juste dosage. On en vient, en fait, à douter nous même de ce qui est emprunté au mythe classique et ce qui a été inventé par l’auteur. Quelques répliques bien placées par le personnage principal permettent aussi des clins d’œil lorsqu’un cliché de sirène est introduit, comme si l’auteur nous avouait : je sais que c’est un cliché, mais j’y ai bien réfléchi, et je pense que c’est un incontournable.

3- Des justifications importantes
Au tout début du premier tome, les parents de l’héroïne entendent en boucle des incantations dans leur tête. En première lecture, on aurait pu croire qu’il s’agissait là d’un détail inutile, mais à bien y réfléchir, on réalise que sans cette hypnosuggestion, il aurait été très difficile de croire que ces parents protecteurs laisseraient partir leur fille tout un été avec des étrangers.

4- Des décisions hors des sentiers battus (Spoiler Alert!!)
Dans la plupart des livres jeunesse, lorsque le héros a un secret (superpouvoir, ami extra-terrestre, *tousse* clé qui permet d’aller dans un autre monde), il garde le tout pour lui. La non-découverte par les parents devient même bien souvent un enjeu qui permet d’ajouter de la tension. Au contraire, l’héroïne de Lénacie avoue à ses parents être une sirène en leur montrant ses écailles et sa queue. À bien y réfléchir, le geste de l’héroïne fait beaucoup de sens, autant pour l’histoire elle-même que pour la crédibilité des agissements de l’ado.

5- Un peu de retenue du côté romance!
C’est si rare dans un livre étiqueté « Jeune Adulte »! Un premier tome entier se passe sans que l’héroïne ait de pensées romantiques! Qu’est-ce que ça fait du bien! Évidemment, un prétendant finira par poindre à l’horizon (Tome 2), mais vu l’omniprésence de telles considérations dans les autres livres mettant une jeune fille en vedette, ça fait beaucoup, beaucoup de bien!

 

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Je n’ai pas encore jeté un coup d’œil du côté de Seconde Terre, la nouvelle série de l’auteure, mais si elle ne contient que la moitié des qualités du Royaume de Lénacie, c’est une série qui vaudra le détour!!

 

 

 

 

 

 

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Les différents niveaux d’humour d’Andy Stanton

Je ne suis pas du genre à lire tout haut lorsque je lis un livre. Je suis dans ma tête, je souris, mais rarement je ne m’esclaffe. Gotlib y avait réussi, ainsi que Douglas Adams et finalement Louis Gauthier avec ses « Aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum », que vous ne connaissez probablement pas, mais qu’une amie au secondaire m’avait fait découvrir (merci Emmy!)

Il faut désormais ajouter Andy Stanton au lot.

9782747027243J’avais ramassé L’Abominable Monsieur Schnock à la bibliothèque pour ma fille. Comme l’autobus tardait à venir, je l’ai ouvert… et ne l’ai plus lâché.

L’histoire y est assez simple : Monsieur Schnock est un méchant grognon dont le jardin est magnifique. Un jour, un gentil chien décide de venir y jouer et semer la pagaille. La beauté du livre se trouve dans l’humour de son auteur, dont voici les différentes formes !

L’inattendu

La raison pour laquelle Monsieur Schnock a un beau jardin est magnifique. Je cite :

La vérité c’était que Monsieur Schnock devait entretenir son jardin, car sinon, une petite fée furibonde surgissait de sa baignoire pour lui donner des coups de poêle à frire sur la tête.

Avouez que vous ne l’auriez jamais deviné!

La répétition 

J’adore les blagues de répétition! Et plus la répétition est fréquente, plus je ris. Dans Monsieur Schnock, à chaque fois que le narrateur se pose une question, trois habitants du village arrivent avec une hypothèse. Les deux premiers offrent une hypothèse différente, et le troisième offre systématiquement la même hypothèse que le premier, comme si c’était la sienne. Ce plagiat est, évidemment, reçu à chaque fois avec une colère de moins en moins camouflée de la part du premier.

La ridiculisation des codes du livre

Un des chapitres s’intitule « M.Schnock prend une tasse de thé ». Il ne contient qu’une phrase. Laquelle? Je vous le donne en mille :

M. Schnock prit une tasse de thé

Je l’avoue, ce n’est pas nécessairement nouveau comme idée, mais vous auriez du voir le résultat sur ma fille de 8 ans!

L’absurde

Il faut l’avouer, les Britanniques y excellent! Ceux qui ne me croient pas peuvent retourner écouter tout Monty Python (ceux qui me croient aussi, c’est tellement agréable!) Voici en exemple ce qui arriva lorsque le Chien se présenta pour la deuxième fois dans le jardin.

Les chenilles étaient tellement contentes de le voir qu’elles se changèrent aussitôt en papillon. L’une d’elles était tellement surexcitée qu’elle se changea carrément en âne.

Il m’en manque certainement, et des meilleurs! N’empêche que, vous vous en doutez bien, je vais m’empresser d’acheter le reste de la série (8 autres! Que de rigolade en perspective)! Je pense que je vais même les prendre en français, histoire que ma fille puisse les lire après moi!

8 achats et un billet de blogue… dire qu’il y a des auteurs qui s’offusquent lorsque l’on prend leurs livres à la bibliothèque!

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Sous le charme de Billy Brouillard!

Billy BrouillardJe suis une dévoreuse de bandes dessinées, et bien que j’ai pris la décision consciente de lire plus de romans il y a quelques années, je continue toujours à me plonger dans cet univers de dessins et de bulles avec plaisir. Je vous ai parlé il y a quelques semaines de mon album poubelle de l’année, voici pour compenser mon album coup de cœur, histoire de ré-équilibrer les karmas!

Billy Brouillard

J’avais entendu parler de l’album, surtout parce que son auteur, Bianco, fait partie de Spirou, et que je suis une fidèle lectrice du magazine. Je m’attendais à quelque chose de touchant, et d’original. Je ne m’attendais pas à tant de bonheur. J’ai commencé par le troisième, soit le chant des sirènes, dans lequel Billy descend aux enfers pour sauver sa copine d’été, Prune, convaincu qu’elle est une sirène.

C’est un drôle d’objet, moitié livre, moitié encyclopédie de l’occulte. On y retrouve des citations de Brassens, des poèmes classiques et des historiettes gothiques insérées à travers le récit. Les illustrations sont à la fois simples et complexes, un peu comme du Sempé ou du Quentin Blake.

À la fin de la lecture, j’ai tenu le livre sur mon cœur, incapable de me sortir de cet univers. Certains livres semblent avoir été écrits pour nous, des livres « âme soeur » qui  nous font sentir que nous ne sommes pas seuls dans notre imaginaire. Ça avait été le cas avec The Magician l’année dernière, et ce fut le cas avec Billy Brouillard.

Il ne me manque plus que les Comptines Malfaisantes à lire, et vous pouvez être certains qu’elles se retrouveront sur ma liste de cadeaux de Noël!!

Une petite page pour vous donner un apperçu, tirée du poème dessinée « la princesse et la flaque d’eau », qui à lui seul vaut le détour du premier album, le Don de trouble vue.

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Quand le vilain est le héros

Osbert The AvengerDepuis quelques années, on a pu voir une nouvelle tendance tant dans les fictions adultes que jeunesse : celle de mettre le « méchant » en vedette. Du côté des adultes, on pense surtout aux séries télé avec les Sopranos, ou Dexter. Du côté jeunesse, aux films « moi moche et méchant » et à la série de livres Artémis Fowl.

La tendance est plutôt sympathique, et permet une certaine forme de défoulement, mais la question se pose : jusqu’où peut-on aller? J’ai trouvé ma limite personnelle avec le livre Osbert : the Avenger.

Décrit comme un « nouveau Roah Dahl », l’auteur Christopher William Hill y raconte les différents meurtres prémédités perpétrés par son héros de 12 ans. Évidemment, toutes les victimes sont des « pas-fin » qui abusent de leur position de professeur pour maltraiter les élèves. N’empêche qu’on ne par le pas ici du tout de défense légitime. Le jeune héros n’est pas sous le joug de ces professeurs, il planifie les meurtres avec soin et les exécutent avec grande satisfaction simplement pour se venger et venger une de ses amies. Le public cible? Les 9 ans et plus.

Je n’ai aucun problème avec la violence dans les romans jeunesse, bien au contraire, elle ajoute au sentiment de danger et permet à l’enfant d’explorer certains sentiments plus sombres. Mon problème, c’est avec sa justification! Dans Roah Dahl, le message est les adultes sont parfois cruels, ne vous laissez pas faire ». Dans William Hill, c’est plutôt « Le meurtre est une très bonne solution à certains problèmes ». Passe pour les Clown Vengeurs, mais… pour des 9 ans et plus?

Eh voilà, me voilà une vieille matante rétrograde qui chiale que les livres corrompent la jeunesse!  *Soupir* Je vais aller acheter quelques Béatrix Potter, ça me remettra d’aplomb!

 

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De l’origine des idées et de mon admiration nouvelle pour Alan Snow

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Dans les classes, la question qu’il m’est le plus difficile de répondre, c’est « d’où te viennent tes idées ». Les idées sont des choses qui jaillissent, sans mécanique précise et sans recette secrète pour les faire mousser. Impossible de décrire le processus; un peu comme les souris d’Aristote, c’est de la « génération spontanée ». En fait, la seule bonne réponse entendue à ce sujet était celle de Stéphane Dompierre à l’époque où il était parrain du concours d’écriture de Radio-Canada : « Si tu es obligé de poser la question, c’est que tu n’es pas un auteur » (réponse qui, de toute évidence, ne m’est d’aucune utilité dans les écoles, puisque un peu trop bête-et-méchante pour mon public!).

Bref, je suis une génératrice d’idée, je n’en manque jamais, et je m’incline rarement devant l’imagination des autres. Devant leur verve, souvent, leurs talents de conteurs, parfois, mais au jeu de l’imagination, je ne crains pas grand monde! Lewis Carol, Roald Dahl, Claude Ponti, la liste est courte. Et voilà que la semaine dernière, un nom s’y est ajouté : Alan Snow.

ScreenHunter_01 May. 26 07.47Il est l’auteur des Chroniques de Pont-aux-rats, Ratbridge Chronicles de son nom anglophone original, et il a créé un univers tout à fait original! Des bricoleurs simples d’esprit s’y promènent dans des boites en carton, des braconniers organisent des chasses à court pour capturer des fromages sauvages, et les pirates se recyclent en buandiers offrant livraison à domicile. Chaque personnage est un petit bijou d’inventivité dans cet univers urbain aux facettes multiples.

Cerise sur le gâteau, Alan Snow illustre lui-même le tout, non, mais, c’est pas possible autant de talent dans une seule personne!

Je conseille donc ce livre à tous! Pour les jeunes lecteurs, vous pouvez feuilleter le premier chapitre pour voir le ratio texte-images, je le recommanderais personnellement à de bons lecteurs de 8 ans qui sont tannés de Géronimo.

Note : Si l’épaisseur du premier tome vous fait sourciller, c’est que l’édition française regroupe les quatre premiers livres en un seul recueil, ce qui transforme le tout en belle grosse brique!

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Lire et écrire à L.A

La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité d’aller rejoindre mon mari un minuscule deux jours à Los Angeles dans un de ses voyages d’affaires. Avant de partir, je doutais un peu de l’idée : tant de vol pour à peine plus de 24 heures là-bas… j’avais tort, c’était merveilleux! Quelques moments forts de cette virée.

L’avion : des vacances.
Ce qui est difficile lorsqu’on conjugue enfants, contrats et écriture, c’est que les moments de loisir sont à peu de chose près inexistants. Un vol jusqu’à Los Angeles, c’est six heures obligatoires de temps à soi! Pour être encore plus certaine que je prendrais ça relax, mon ordinateur a même décidé de ne plus fonctionner. Magasines futiles, livres, jeu vidéo, musique, tout y est passé! j’ai terminé le vol plus reposé que je ne l’ai commencé!

Écrire à l’hôtel, comme une vedette!
Le premier matin, il travaillait, alors j’ai fait de même. Installée au portable de mon mari qui n’en avait pas besoin pour sa conférence, je suis restée cachée dans la chambre d’hôtel pour écrire. Il y a quelque chose de mythique pour moi dans l’idée d’écrire à l’hôtel. Un espèce de phantasme qui me parle d’Hemmingway et de J.K Rowling (qui s’y était réfugiée pour écrire le dernier Harry Potter). Une opportunité de me concentrer sans que les tâches ménagères me rappellent mes nombreuses autres obligations, et sans que l’horloge ne m’avertisse que le temps m’est comptée avant d’aller chercher la marmaille. Comme de fait, j’ai été super productive!

Une visite de librairie s’impose!
En après-midi, trempette de pieds sur la plage, puis visite du Barnes and Nobles de Santa Monica. Je voulais ramener un toutou pour notre plus jeune, et j’ai vraiment été gâtée, car j’y ai trouvé… LE PIGEON! Celui de Mo Willems, dans une de mes séries préférées. Prenez trente secondes pour y penser un peu : un toutou non pas tiré d’un film ou d’une série télé, mais bien d’un livre en bonne et due forme. J’ai d’ailleurs appris par la suite qu’il s’agissait d’une ligne de produit exclusif à la chaine de librairie, ce à quoi je dis bravo! Si les librairies doivent vendre des bébelles pour survivre, autant que ce soit des bébelles issues du monde littéraire. Archambault à quand des toutous ou figurines Billy Stuart?

Et parlant de librairies…
On a aussi vu cette pancarte devant une librairie spécialisée en livres de design et d’architecture. Comme quoi les librairies indépendantes livrent les mêmes combats là-bas qu’ici!

 

Et finalement, de la lecture
Une panne d’électricité impromptue ayant rendue impossible de téléchargement d’un nouveau livre Kindle avant de partir, j’ai du me rabattre sur notre bibliothèque papier, ou j’ai mis la main sur Universal Coiffure de Caroline Allard, acheté au Salon du livre par mon mari. En gros : un thème brillamment absurde, une trame qui s’égare par moment, des personnages originaux et bien campés, une violence un peu gratuite, le tout écrit avec un humour léger et intelligent qui fait qu’on en redemande.

 

Je n’ai qu’une seule envie, repartir à nouveau!

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La vérité sur les contes classiques

La mode, depuis plusieurs années, et à la transformation des contes classiques. De Shrek à « Snow white and the Huntsman », on ne compte plus les ré-inventions de ces histoires centenaires. Mais les originaux, eux, les connaissez-vous vraiment? Dans les dernières semaines, grâce à quelques livres de contes laissés sur un Kindle Usagé, je me suis plongée dans la lecture des frères Grimm et de leurs congénères. Voici quelques surprises!

 

Aladin : Même s’il fait partie des contes des mille et une nuits, le conte de Aladin et de la lampe merveilleuse est situé en Chine! 

Le roi grenouille : conte un peu moins connu, et pour cause! Il va à contre-courant de toutes les morales habituelles! En gros, une jeune princesse échappe sa boule dorée dans la fontaine et promet à une grenouille de la laisser manger et dormir à ses côtés si elle la récupère. La grenouille s’exécute, mais la princesse renie ses paroles. Elle va jusqu’à lancer violemment la grenouille contre un mur… et c’est alors que cette dernière se transforme en prince et l’épouse. Quoi? Elle se parjure, « garroche » la grenouille et gagne quand même le prince? Ben oui! Drôle de morale!

Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur : J’ai mis celui-ci, mais j’aurais aussi facilement pu mettre l’oie d’or ou un autre dont le nom m’échappe. La surprise est l’amour des frères Grimm pour les héros bête comme leurs pieds! S’il y a trois frères, vous pouvez être certains que les deux premiers sont méchants, alors que le troisième est un imbécile… et c’est toujours ce dernier qui finira avec la princesse et le royaume! Comme quoi Forest Gump n’a rien inventé!

Un œil, deux yeux, trois yeux : certains contes sont complètement absurdes, ce qui explique qu’ils aient été presque oubliés de nos jours. Ce dernier en est un exemple. Il raconte d’une fille qui fait rire d’elle parce qu’elle a deux yeux, alors que ses sœurs en ont respectivement un seul et trois. Einh? Quoi?

Le petit chaperon rouge : Si le chasseur ex machina est présent chez Grimm, il n’y était pas chez Perrault! À mort la petite fille! Ça lui apprendra à parler à des inconnus!

Ali Baba et les 40 voleurs : La surprise ici, c’est qu’Ali-baba ne fait pas grand-chose! Il découvre la caverne et vole de l’or grâce au mot de passe, mais c’est en fait une esclave de son frère qui va déjouer tous les tours des voleurs et les éliminer. Une héroïne intelligente et rusée! Ça fait changement!

Cendrillon : Celle-là, je la savais déjà, mais je ne peux m’empêcher de l’inclure, puisque c’est une de mes vérités préférées, et que j’ai pu la vérifier grâce à mes lectures des dernières semaines : dans la version des frères Grimm, les belles-sœurs se coupent des morceaux de pieds pour être capables d’enfiler la pantoufle de vair!  Le prince réalise la supercherie au sang qui déborde! Miam!

 

Alors, sortons nos livres classiques et faisons la lecture à nos enfants! Ils pleureront peut-être la mort de la petite sirène, mais sauront au moins que, en littérature comme dans la vraie vie, il n’y a pas que Disney qui compte!

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Critiques de classiques en rafale!

Depuis quelques mois, je me suis mise à la lecture des grands classiques de la littérature jeunesse. Le tout a commencé par une simple curiosité professionnelle, mais j’y ai pris goût, entre autres grâce à la qualité des ouvrages. Il faut dire que, pour filer à travers les âges lorsqu’on est un livre jeunesse, il faut être exceptionnellement bon. Les livres dont on parle encore aujourd’hui sont donc la crème de la crème.

J’ai été si satisfaite de mes premières lectures que j’ai décidé de me procurer le livre « 1001 livres pour enfant qu’il faut avoir lu avant de grandir » afin d’y piger quelques inspirations de lecture. Je dois avouer n’être pas déçue. La sélection y est éclectique et internationale, et le bouquin lui-même magnifique avec ses pages couvertures originales!

Voici donc, en rafale, quelques critiques de mes lectures des derniers mois. La note est sur 5.

 

Ozma of Oz, Dorothy and the wizard of Oz, the road to Oz, Frank L. Baum, 1907-1909

Tout le monde connait le premier Tome (le magicien d’Oz), certains connaissent le deuxième (Le pays d’Oz), mais qui connait les treize tomes au grand complet? Je me suis attaquée à l’intégrale, en commençant par le troisième, que je me souvenais avoir lu dans ma jeunesse. Il m’a tant enchantée que je me suis immédiatement lancée sur le quatrième… très ordinaire. Puis le cinquième… insupportable. J’ai finalement compris pourquoi on entend toujours parler uniquement des trois premiers tomes de cette série. Plus ça va, moins il y a d’histoire, et plus il y a de pages occupées uniquement par les retrouvailles des différents personnages déjà vus dans les tomes précédents. Notes : Ozma 5, Dorothy 2, the road : 2

 

L’ile au trésor, Robert Louis Stevenson, 1883

Avant même que le narrateur ne quitte sa petite auberge, l’impression de danger et d’aventure est déjà là et ne quitte pas le lecteur jusqu’à la dernière page. La style un peu vieillot au passé simple et le vocabulaire nautique parfois incompréhensible ne viennent qu’ajouter au sentiment d’immersion. Les professeurs se disputent parfois à savoir s’ils doivent faire lire les grands classiques à leurs élèves, ou plutôt des livres assez palpitants pour les amener vers la lecture… ils n’ont qu’à faire lire l’île au trésor pour que tous les critères soient remplis Note : 4

 

Les aventures de Tom Saywer , Mark Twain, 1835.  

Un peu déçue par celui-ci, et je ne suis pas trop certaine de pourquoi. Est-ce parce que je connaissais déjà trop bien les péripéties qui m’y attendaient, ayant vu ad nauseam la version télévisée dans mon enfance? Possible, mais n’empêche que les différentes anecdotes manquent d’unité, que la fin est absurde, et que la présence constante de superstitions vieillotte m’a pesée. D’un autre côté, l’imaginaire et les pensées des jeunes garçons y sont très, très bien représentés. Note : 3

 

Le bon gros géant, Roah Dahl, 1982

Je me souvenais l’avoir lu dans mon enfance, et je m’attendais à l’adorer, d’autant plus que j’avais dévoré avec le plus grand plaisir un autre des livres de l’auteur il y a un an, soit James et la grosse pêche. Autant l’imaginaire y est absolument délectable, les problèmes de langage du géant finissent par alourdir le texte, et la présence de la reine d’Angleterre comme solution à tous les problèmes semble un peu absurde et décalée. Note : 3.

 

J’arrête ici pour le moment, ceux qui sont inscrits à Goodreads peuvent m’y suivre ici! Notez que j’écris mes critiques en anglais lorsque je lis le livre dans cette langue.  http://www.goodreads.com/user/show/7407162-annie-bacon

 

 

 

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La disparition de l’enfant obéissant

J’ai lu récemment un excellent classique : Little Princess, de Frances Hodgson Burnett (1905). L’auteur y met en vedette une petite fille comme on n’en trouve plus en littérature jeunesse : gentille, obéissante, généreuse, travailleuse… et complètement victime des adultes.

Les classiques sont remplis de ce type d’enfants: Cosette, Rémy sans famille, Oliver Twist, etc. Ces héros sont affligés par le malheur, maltraités par les adultes, et jamais il ne leur viendrait à l’idée de se rebeller. Ils subissent et subissent pour finalement n’être sauvés de leur misère que par un adulte plus gentil qui veut bien les adopter.

De nos jours, si, dans un roman jeunesse, des adultes décidaient de maltraiter un orphelin, ce dernier leur fausserait rapidement compagnie, ou encore leur ferait à son tour subir mille misères, façon « Home Alone ». L’obéissance n’a plus la cote! Les héros sont, au contraire, plutôt des fortes têtes qui n’ont aucun remords à braver les interdits, et qui n’ont peur d’aucun adulte, d’aucune source d’autorité.

Autant l’histoire de Little Princess est merveilleuse, autant je ne peux m’empêcher de me demander comment elle serait reçue par un enfant d’aujourd’hui. Trouveraient-ils l’héroïne, trop « neuneu » malgré sa résilience exemplaire et sa grande générosité? Mais surtout, en tant qu’auteure, je me demande : « Y a-t-il encore de la place pour l’obéissance en littérature jeunesse? »

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