Hunger Games et la différence en romance selon le public cible

Posted by Annie Bacon | Lectures,Réflexions | Jeudi 1 septembre 2011 12:58

Après avoir lu le premier livre de la très populaire et très aimée série « Hunger Games », je n’avais qu’une seule critique : le pourcentage trop élevé de temps accordé à l’analyse, par l’héroïne et narratrice Katniss, des faits et gestes de son pendant masculin, Peeta. Cette surabondance m’énervait, jusqu’à ce que je rappelle mes propres amours adolescentes. N’ai-je pas moi-même déjà noirci, à l’adolescence, plusieurs pages d’un journal intime à inventer mille et une raisons pour lesquelles Vincent Hébert m’aurait emprunté un crayon? Il faut croire que l’analyse inutile de gestes anodins fasse partie de cette phase de la vie, du moins pour les filles.

Ce qui m’amène à une grande réflexion sur la différence entre la romance en littérature « adulte » et en littérature « ado ».

Du côté des ados, et, par association, dans la littérature « jeune adulte », tout est une question de « est-ce que je l’aime? » et de « m’aime-t-il en retour? », alors que, pour les adultes, il s’agit plutôt de comprendre « Mais où diable cette relation s’en va-t-elle? ». Un peu comme si, avec la maturité, on apprend à reconnaître la présence d’amour chez soi comme chez l’autre, mais qu’on a également appris que cette dernière ne suffit pas à l’élaboration d’une relation harmonieuse.

D’ailleurs, chez les ados, une fois le premier baiser échangé, tout est dit, alors que, chez les adultes, plusieurs longues nuits de passions peuvent s’écouler sans que la trame narrative n’ait atteint son paroxysme. Ami, amant, amoureux exclusifs, mari et femmes, les adultes ont accès à plus de choix dans l’étiquetage de leurs relations et chaque passage ne se fait qu’avec sa part de drame… et de romance!

Deux jolis exemples : dans Sex and the City, on a beau savoir, avec certitude, que Carrie Bradshaw et Mr. Big s’aiment, leurs tribulations amoureuses ne nous tiennent pas moins en haleine. Du côté « jeunesse », une fois que Ron et Hermione (SPOILER ALERT) se sont embrassés dans Harry Potter, on peut passer directement à l’épilogue : « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ».

Sinon, un dernier petit commentaire sur Hunger Games : je voudrais saluer le brio avec lequel l’auteur réussit à naviguer le terrain délicat qu’est le concept de « des adolescents qui s’entretuent ». La plupart des morts surviennent en périphérie de l’action (au cinéma, on dirait « off screen »), et Suzanne Collins réussit à garder les deux héros à la fois actifs et « propres » en ne les rendant responsable que de morts accidentelles, mort par pitié pour quelqu’un qui souffre, ou encore en présentant la victime comme un meurtrier qui l’a bien mérité. De toute façon, l’héroïne agonise bien moins sur sa première victime humaine que sur les états d’âme de son peut-être amoureux à la maison! Question de priorité!

Un livre qui récompense la persévérance

Posted by Annie Bacon | Lectures | Mardi 24 mai 2011 07:04

 

Il y a quelques semaines, j’écrivais un billet sur le fait que je lisais toujours un roman jusqu’à la fin, aussi pénible soit-il. Durant la rédaction de l’article, j’ai essayé de trouver un exemple de livre dont la fin sauvait le reste; un livre que j’aurais pu abandonner cent fois, mais dont l’espoir d’une fin extraordinaire a été récompensé.

J’y ai repensé hier! Il y en a un : « Until I find you » de John Irving.

Une bonne moitié des pages de cette brique sont complètement inutiles et ennuyantes, mais la fin, elle, est délicieuse dans son revirement complet de situation. Elle justifie à elle-même tout le reste du livre, égalée uniquement par la fin de « Life of pi ».

Malheureusement, il s’agit de l’exception plutôt que de la règle!

Surprendre le lecteur n’est pas de l’improvisation!

Posted by Annie Bacon | Lectures,Réflexions | Lundi 28 février 2011 15:47

Comme lecteur, j’adore être surprise! Il faut dire que, défaut du métier, je suis toujours en train de prévoir ce qui risque d’arriver par la suite. J’ai raison 90% du temps, mais ce sont les autres 10% qui rendent la lecture palpitante! Pourtant, ce n’est pas facile de surprendre le lecteur, et pour cause : pour que la péripétie non-habituelle marche bien, elle doit avoir été subtilement annoncée à l’avance! Sinon, elle n’aura pas l’air d’un tournant intéressant au scénario, mais bien d’un événement complètement aléatoire qui risque de faire décrocher le lecteur.

Petite étude de cas d’un exemple, tiré de ma lecture actuelle, soit « Bones of the dragon » de Margaret Weis et Tracy Hickman.

On y retrouve une scène à peu près clichée dans les livres de fantastique à tendances vikings, soit le combat dans lequel un chef de village défie le « chef des chefs » qui préside sur tout le peuple viking. Dans ce cas-ci, un cliché dans un cliché, le chef qui initie le défi souffre d’une ancienne blessure de guerre et envoie un champion combattre à sa place. Ce champion est son fils, le héros officiel du livre.

Évidemment, on s’attend à ce que le héros gagne le combat! Comme de fait, il gagne, mais uniquement par tricherie de la grande prêtresse qui préside au combat! Déjà on s’éloigne de manière rafraichissante du cliché! Mais la véritable surprise arrive  la fin du combat, alors que le héros, plutôt que de remettre la victoire à son père, comme devrait le faire un champion, il se proclame lui-même chef des chefs! Joli revirement de situation!

Par ce geste, le héros brise avec les traditions de son peuple et trahit sérieusement son père, qu’il aime pourtant beaucoup. De tels actes ne peuvent être posés de manière gratuite! Heureusement, dans les chapitres précédents, les auteurs avaient déjà installé les faits suivants :

- Le héros est impétueux avec une tendance à ne voir que le bénéfice court terme des choses, sans réfléchir aux conséquences possibles.

- Le héros considère que les habiletés guerrières sont les seules véritables marques importantes d’un chef. Ainsi, l’invalidité de son père lui porte à croire qu’il serait un meilleur chef que lui.

- Le plus grand désir du héros est de marier son amie d’enfance, ce qu’il ne peut faire tant qu’il n’a pas accumulé assez d’argent pour payer sa dot. Évidemment, le poste de chef des chefs lui permettrait de s’acquitter facilement d’une telle somme.

Le héros avait donc à la fois le genre de personnalité qui peut, sous les acclamations de la foule, penser que de devenir chef est une super bonne idée, des doutes sur les capacités de son père et, finalement, un gros gain à court terme pour motiver le tout! Grâce à tout ça, son geste, bien que narrativement inhabituel et surprenant pour le lecteur reste parfaitement crédible! Mieux encore, une fois la surprise passée, le lecteur ne peut s’empêcher d’avouer que c’était la seule issue possible!

Tout ça pour dire que je m’attendais à de la petite lecture parfaitement alimentaire et un peu prémâchée avec ce livre et que, finalement, je me régale!

Inventer de nouveaux mots

Posted by Annie Bacon | Inspiration,Lectures | Jeudi 27 janvier 2011 09:44

Dans mon dernier billet, je parlais du changement de contexte comme manière d’ajouter une grande touche d’originalité et de merveilleux à un livre. J’ai envie aujourd’hui de parler d’une deuxième manière, qui est celle d’inventer des mots!

Inventer des bons mots est tout sauf facile! Il existe des experts qui inventent des langues au grand complet, syntaxe comprise, en suivant des règles de logique sémantiques pour leur donner une plus grande crédibilité. Des exemples? Le Klingon de Star Trek, ou l’elfique de Tolkiens. Je ne connais pas d’exemples aussi complexes en littérature jeunesse, mais nous avons des inventeurs de mots extraordinaires! Si les anglophones ont Dr. Seuss, nous avons le non moins formidable Claude Ponti.

Ce qui fait la force des mots de ces deux piliers de l’album illustré, c’est qu’ils sont présents dans le texte comme si ça allait de soi! Pas de traduction, de guillemets ou d’italique pour bien indiquer aux lecteurs qu’ils ne les trouveront pas dans le dictionnaire! Il faut dire que les jeunes sont habitués à rencontrer des mots qu’ils ne connaissent pas et à en déduire le sens selon le contexte. Et c’est là que le choix du mot inventé est important.

Une des techniques de Ponti est de joindre deux mots ensemble pour en créer un. Il en résulte une impression de familiarité qui peut laisser croire que le mot existe, et qui permet d’en comprendre instinctivement le sens.

Par exemple :

« Le dimanche soir, ils s’empigoinfrent comme des Romains » (Mille secrets de poussins)

Ou encore :

« Jules aime faire le glaçon dans un verre de pétillonade. » (L’île des zertes)

Même ses noms de personnages sont faits d’amalgames de mots existants, desquels un sens certain jaillit. Par exemple, un marteau sur patte qui pique des crises en enfonçant tout le monde au sol s’appelle le Martabaf (Marteau + Baffe). On comprend instinctivement qu’il s’agit d’une brute épaisse!

Il lui arrive également d’en inventer des plus farfelus, et dans ce cas, leur incompréhensibilité ne fait qu’ajouter une touche de mystère  son univers.

Par exemple :

Dans une liste des activités des poussins, il est inscrit que, parfois, ils splitouillent une grande Tatouille.

Je dois avouer que même en regardant attentivement les illustrations, je n’ai jamais compris celle-là! C’est un peu comme le langage schtroumpf. Certains sont créés pour être compris, d’autre pour laisser l’imagination du lecteur remplir les trous!

Bref, inventer des mots donne non seulement une crédibilité à un monde inventé, mais ajoute également une jolie touche de poésie. Je ne m’y suis pas encore risquée, mais ça arrivera, c’est certain!

Une question de contexte

Posted by Annie Bacon | Inspiration,Lectures | Mardi 25 janvier 2011 11:05

Je viens de terminer « Le roi Troll* » de John Hornvolt, une petite merveille américaine publiée en traduction ici par les intouchables. L’histoire en est assez universelle : jeune garçon d’un peuple soumis découvre que leurs chaînes sont fictives et qu’à eux tous, ils sont plus fort que leurs oppresseurs. Bref, c’est Spartacus pour ado!

MAIS! Et le « mais » ici, est énorme, le tout est mis dans un contexte la fois original et savoureux. Le héros en question est un Troll! Les oppresseurs sont des ogres et des goules, et la plus grande menace planant sur eux tous sont les fées, ces êtres diaboliques qui vous transforment en champignons et en tas de fumier!

Grâce au contexte hautement imaginaire, la moindre habitude…

« Il détestait ça. Le maître le réclamait au beau milieu de la journée, au moment où les gens normaux devaient dormir! »

description de personnages…

« C’était une adolescente très mode, avec son gros pif, ses gros os, ses jambes maigres et son visage ingrat ».

ou mention de repas…

« Vulgalia saisit un bout de tentacule bien gras et l’engloutit bruyamment »

deviennent de juteux paragraphes à dévorer!

Chose merveilleuse, le changement de contexte n’empêche nullement l’identification avec le héros. Après tout, la plupart des grands lecteurs de fantastiques se sont déjà un peu senti « trolls opprimés ». On embarque donc complètement dans les souliers de ce Troll adolescent, on ressent ses espoirs de vie meilleure où la nourriture sera abondante, et où le laideron du village voudra enfin sortir avec lui!

Donc, sortons des sentiers battus! Au diable les humanoïdes ennuyants! Portons aux nues des héros-à-tentacules et des héroïnes-à-trois yeux, après tout, en littérature jeunesse, la seule limite est celle de notre propre imagination!

* Petite note, si vous suivez le lien, vous remarquerez qu’il a été classé « livre québécois » chez Renaud-bray. Tssk, tssk!

Le Funeste destin des Beaudelaire, ode à l’écriture hyper-présente.

Posted by Annie Bacon | Inspiration,Lectures | Mercredi 5 janvier 2011 13:47

Durant mon magasinage des fêtes, j’ai mis la main sur le 13e et dernier tome de la série « Le funeste destin des Beaudelaire », traduction de « A series of unfortunate events », écrit par Lemony Snicket.  L’auteur en question n’existe pas plus que Geronimo Stilton, mais a l’avantage d’être le prête-nom d’une seule personne, soit Daniel Handler.

J’avais, lors des grandes années de popularité de la série, lu les trois premiers, qui furent plus tard transformés en film. Sans aucun souci pour le trou de 8 livres, j’ai laissé ma curiosité l’emporter pour savoir comment le tout allait se terminer.

J’en profite pour mentionner que la fin était parfaite : ni trop sucrée, ni trop amère, mais là n’est pas la raison de mon billet. J’ai plutôt envie de parler du style littéraire dans cette série. Un style original, complexe, et qui a dû se voir refusé dans plusieurs maisons d’édition avec l’indication « écriture trop compliquée pour le public cible ».  En guise d’aperçu, voici la première phrase du tome 13 :

« S’il vous est arrivé d’éplucher un oignon, vous avez pu constater que sous la première fine pelure se cache une autre pelure, et sous cette autre fine pelure une autre encore, puis une autre, et une autre, et une autre, si bien qu’avant longtemps vous vous retrouvez avec des dizaines, des centaines de pelures sur la table de la cuisine et des torrents de larmes dans les yeux, au point de regretter d’avoir entrepris d’éplucher cet oignon, pour commencer, et de vous dire que vous auriez mieux fait de le laisser se momifier en paix sur son étagère, mieux fait de poursuivre sans lui le cours de votre vie, quitte à renoncer à tout jamais aux saveurs complexes, envahissantes et douces-amères de cet étrange et âpre légume ».

Des phrases longues, vous pensez? Lemony Snicket se fout éperdument du niveau de langage de son public cible! Il a simplement intégré la complexité dans son style d’écriture. Alors que la tendance est à l’écriture « invisible » pour ne pas nuire au récit, Daniel Handler a créé un narrateur hyper-présent, à l’écriture merveilleusement encombrante!

Côté vocabulaire, il a trouvé la parade parfaite : lorsqu’un mot est trop compliqué, il l’explique, tout simplement.

Par exemple :

« Tout au plus, pouvait-on avancer que c’était plutôt gros, plutôt parallélépipédique – mot redoutable à prononcer signifiant ici : « en forme d’énorme boîte à biscuits » ». (p.100)

Il en vient même à jouer lui-même avec ses propres conventions en donnant des définitions absolument erronée et fictive, mais ayant du sens dans le contexte de l’histoire, comme ci-dessous :

« Mais même cette petite fille frondeuse – et ici, frondeur signifie « aimant les pommes » – ne savoura jamais bouché… » (p.243)

Le tout qui en résulte est un style si personnel que je suis certaine de pouvoir identifier un paragraphe écrit par Lemony Snicket entre mille. J’aimerais un jour qu’on puisse dire la même chose de moi. Et tant pis si ça nuit au récit.

Geronimo Stilton : le chaînon manquant?

Posted by Annie Bacon | Lectures,Réflexions | Lundi 25 octobre 2010 08:26

Je lisais, hier, un article du journal Le Monde, intitulé « Comment enrayer la chute de la lecture des enfants ? » Deux énoncés ont retenus mon attention. Le premier, une chute importante de lecteurs à l’âge où ils doivent graduer de l’album illustré au roman. Le deuxième, le questionnement de l’auteur sur une possible nécessité de rendre les livres plus ludiques. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Geronimo Stilton.

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série au succès phénoménal, Geronimo Stilton est une série italienne qui compte déjà plus d’une cinquantaine de livres et qui suit les aventures d’une grosse souris. Aucun auteur autre que la grosse souris elle-même n’est jamais mentionnée sur les œuvres, à un point tel que c’est le personnage en peluche qui fait les dédicaces dans les salons du livre, ce qui porte (fortement) à croire qu’elle appartient à l’Éditeur italien, qui passe des commandes à différents écrivains. La série existe sous deux formats : des petits romans courts et de grosses briques dans lesquelles l’aventure comprend de nombreux jeux et activités (du genre, trouvez la clé dans l’image pour que Geronimo puisse ouvrir la porte).

Jetez maintenant un petit coup d’œil sur une page intérieure d’un roman de Geronimo Stilton.

Selon mon article de Le Monde, le passage de l’album illustré au roman serait difficile. Geronimo Stilton, avec ses mots-images (je rougis écrit en rouge, « Rio Mosquito » accompagné d’insectes) et ses nombreuses illustrations couleur semble à cheval entre les deux genres. Le passage se fait plus facilement! Le chaînon manquant, donc! Lorsqu’un apprenti lecteur ouvre ce livre pour la première fois, il n’est pas intimidé. Il est en pays de connaissance, la seule différence est que les pages sont plus petites et plus nombreuses que celles des albums dont il a l’habitude.

De plus, avec les activités incluses dans ses romans-briques, Geronimo réussit à mettre un pied dans l’univers du jeu. Cet esprit ludique constitue un second atout pour le jeune lecteur. D’entrée de jeu, il n’a pas peur de s’ennuyer, malgré le nombre impressionnant de pages.

Il est facile de jalouser le succès de la série, mais il est peut-être également responsable de la conversion de bien des lecteurs d’albums en lecteurs de romans.

Mon auteur fictif préféré: Rick Castle!

Posted by Annie Bacon | Anecdotes,Lectures | Mercredi 19 mai 2010 15:30

Vous avez bien lu : auteur fictif, et non pas « auteur de fiction ». Il s’appelle Rick Castle et tient la vedette de la série Américaine Castle sur ABC.  Dont j’ai écouté l’épisode final de la saison hier.

Évidemment, le fait qu’il soit joué par Nathan Fillion (anciennement capitaine Mel dans la série Firefly) ne nuit pas… je suis un peu groupie, mais le véritable attrait tient dans le fait qu’un romancier puisse aider une équipe de policier dans l’investigation de meurtres. Et pourquoi pas! Après tout, les romanciers sont habitués à identifier les incongruités dans une histoire, ainsi que de penser à toutes les alternatives possibles pour lier des faits qui peuvent sembler incongrus! Une dose de logique, une autre d’imagination, une bonne recette pour l’investigation!

Sa personnalité est également loin de l’auteur habituellement présenté par Hollywood : ni diva, ni « poète maudit », il est plutôt charmant, avec juste assez d’insécurité pour être crédibles. Après tout, on ne devient pas auteur sans une certaine part de névrose!

Finalement, pour ajouter au plaisir, les auteurs  James Patterson, Stephen Cannell et

Michael Connelly tiennent leur propre rôle dans la série, en tant que partenaire de Poker de l’auteur fictif Rick Castle! Quelques conseils : “there are only three reasons to commit murder”, quelques blagues amicales “really Castle… only one novel a year?”.

La télévision n’a pas été aussi lettrée depuis Pivot!

Il semblerait d’ailleurs même que je ne sois pas la seule à lui vouer un culte: dans un comic book appelé « love and cape », une case montrait un des personnages en train de livre le livre fictif de l’auteur! Joli clin d’œil!

Ou l’auteure prend position contre « Caca Boudin »

Posted by Annie Bacon | Lectures | Mercredi 14 avril 2010 11:05

Ma fille est revenue de l’école avec un « sac à dos de lecture », soit un sac en forme de toutou contenant un livre, un jeu associé au livre, et une consigne pour les parents d’utiliser le tout avec l’enfant à l’intérieur de deux jours. Des lectures obligatoires, en pré-maternelle? Pourquoi pas!!! Il n’est jamais trop tôt!

Avec beaucoup d’enthousiasme, j’ai pris ma puce sur mes genoux et j’ai sorti ladite lecture obligatoire. Mon enthousiasme a fondu devant le titre : « Caca Boudin ». Si la situation avait été tout autre, j’aurais déposé le livre immédiatement pour le remplacer par un autre, mais : lecture obligatoire.  Si je veux que ma fille se tape L’étranger de Camus comme tout le monde au secondaire, mieux vaut montrer l’exemple, et accepter le choix du professeur! Sait-on jamais, peut-être que le contenu sera plus impressionnant que le contenant. En gros : un petit lapin ne sait dire que « Caca Boudin ». Il se fait manger par un loup, ressort, et, SPOILER ALERT, sait maintenant dire « Prout ».  Un coup de cœur Renaud-Bray. Rien de moins.

Évidemment, ma fille a adoré!

Loin de moi l’idée de me lancer dans le grand débat « classique contre pop » qui a sévi dans les blogues et les médias dans les derniers mois. Je n’oserai en fait même pas dire que c’est une aberration que de tels livres soient publiés. Il en faut pour tous les goûts. Par contre, je me lève haut et fort pour contester contre cette culture du « give them what they want ». C’est évident que les enfants aiment les « joke de pet »! Mais, croyez-moi, ils n’ont pas besoins d’aide pour s’initier à cette forme d’humour! Déjà qu’il est impossible depuis quelques années de voir un film pour enfant sans qu’il y ait présence de rot, pet, ou même vomi (un gros merci à Shrek qui a parti la mode!), si la littérature s’y met, on n’est pas sorti de l’auberge.

Je vous laisse sur la couverture de cet autre titre, tout aussi aberrant :

Jeune Auteure vs Jeunauteur

Posted by Annie Bacon | Anecdotes,Lectures | Lundi 29 mars 2010 08:34

J’ai pris l’habitude, après mon premier salon, de ne jamais acheter de livre lorsque je suis en séance de dédicace. Voyez-vous, la tentation est bien grande et on retourne souvent chez sois après avoir dépensé plus de sous que ce que les ventes de la journée nous offriront (un an plus tard) comme profit. Comme modèle d’affaires, on repassera!

Je m’apprêtais d’ailleurs à faire un billet « ce que j’aurais acheté au Salon du livre de Trois-Rivières si j’avais eu un budget illimité », mais, voilà, j’ai dérogé à la règle!

Notre kiosque était installé tout juste devant un étalage exhibant le dernier « JeunAuteur » de Stéphane Dompierre et Pascal Girard. Il s’adonne que j’ai adoré le premier! L’ayant pris à la bibliothèque, je l’ai lu plus d’une fois avant de devoir le rendre, probablement en retard, comme à l’habitude. Ceux qui me lisent régulièrement savent d’ailleurs que j’y ai déjà fait référence, pas une, mais bien deux fois! Ce n’es pas de ma faute si les petits travers de la vie d’auteur y sont si bien représentés!

Une force de volonté sans pareille m’a permis tout de même de terminer ma journée sans délier les cordons de la bourse.

Puis, vint ma séance de dédicace de samedi. Non seulement le tome deux était toujours en place pour me narguer, mais les deux auteurs y étaient également! Séance de dédicace commune! Juste devant mon nez! C’en fut trop! Zoup, zoup, zoup, je n’eut qu’à traverser le corridor, passer à la caisse,  et me voilà l’heureuse propriétaire d’un JeunAuteur tome 2, signé, dédicacé et illustré! Voici d’ailleurs le mot de Stéphane Dompierre :

Salut Annie

J’espère que tes pirates ne rencontreront jamais Morlante…

Peace, love, machettes.

S.

Il faut dire que nous avons discuté « pirates », vu nos publications respectives! Très sympathique! Au plaisir d’être de nouveau leur voisine de salon!

P.-S. Il faudrait vraiment que je mette la main sur une petite caméra qui me permettrait d’illustrer ces billets anecdotiques de photos sur le vif!

Page suivante »