Tous les articles par Annie Bacon

Changer les choses!

Il y a deux ans, André Poulin m’a proposé de regarder avec elle le dossier de la rémunération de culture à l’école. Ce qu’on y avait trouvé était assez stupéfiant : la rémunération des auteurs n’avait pas bougé depuis 20 ans, et un travail équivalent était payé environ le double dans les autres programmes québécois, canadiens et internationaux.

On   s’est retroussé les manches, et on s’est attelée à la tâche. Selon les disponibilités de l’une et de l’autre, nous avons rédigé des documents, fait des conférences Zoom, déposé des mémoires, ramassé des signatures et autres choses du genre. Deux ans à contacter, à relancer, et à se faire retourner des petites lettres plattes.

Cet été, la productrice et chroniqueuse BD Fanie Grégoire nous a proposé d’en parler à son député de Québec Solidaire. L’idée à fait son chemin à l’intérieur du parti jusqu’au bureau de Catherine Dorion, qui a envoyé une lettre officielle aux deux ministres responsables du dossier.

Re-petite lettre platte en réponse, re-déception… jusqu’au miracle : Il y a deux semaines, les ministres en question ont annoncé que les honoraires seraient revus à la hausse pour la prochaine année scolaire.

Ils nous ont entendus.

Je n’ai pas la vanité de penser qu’Andrée et moi en sommes les seules responsables! Les choses ont bougé parce que des dizaines d’autres personnes ont fait des actions chacunes à leur tour et que les petits cailloux répétés ont finalement créé l’avalanche!

Ma fierté n’en est pas moindre : j’ai participé à faire changer les choses, et c’est un très, très bon feeling!

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Le salon en béquilles!

Je m’étais foulé la cheville, il y a un mois, à Toronto. J’ai boité, mis de la glace, et repris mes activités peu à peu, même si mon pied n’avait pas retrouvé toute sa mobilité.

Et là, vendredi : rechute (et re-chute)!

En marchant sur le trottoir, la cheville a tout simplement lâché! Douleur intense, inflammation. Pas même capable de mettre du poids dessus. En veille d’un Salon du livre tant attendu et espéré, j’étais désemparée!

Mon héros de mari est venu à la rescousse et a sauvé mon Salon en allant me chercher des béquilles chez Jean Coutu! Ça m’a coûté une fortune en taxi, mais j’ai pu tout faire : deux jours, sept séances de signature chez quatre éditeurs différents! Résultat: moins de déambulations à travers les livres que ce que j’aurais aimé, mais des dizaines de rencontres d’amis que je n’avais pas vus depuis beaucoup trop longtemps, et des centaines de sourires et de moments partagés avec des lecteurs!

Que ça fait du bien!!!

Je pourrais m’étendre sur ces rencontres, sur le plaisir de voir la réaction des lecteurs, sur le bonheur d’enfin rencontrer en face à face des gens que l’on ne côtoie habituellement qu’en virtuel… mais c’est une autre chose que je retiens de mon salon en béquille :

La gentillesse!

Les chauffeurs de taxi qui sont sortis dans le froid pour m’aider à embarquer, les inconnus qui m’ont tenu la porte pour que je passe avec mes béquilles, les employés du palais des congrès qui m’ont offert des ascenseurs, des raccourcis et des chemins alternatifs. Des personnes fabuleuses m’ont amené de quoi boire et manger (merci Sophie et Séléna), ont porté mes choses (merci Valérie et Julie), et sont même allés chercher ma sacoche oubliée à la séance de signature précédente (merci Simon).

Porter des béquilles, ça fait mal au dos, aux épaules, aux mains… mais toutes ces opportunités de voir la bonté chez les autres font du bien au cœur!

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Apprivoiser le secondaire

Pendant longtemps, je n’ai fait des animations scolaires qu’avec les élèves du primaire. À partir de la sortie des Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, les demandes au secondaire ont commencé à rentrer, au compte-goutte, juste pour dire. J’ai donc monté une animation pour eux, j’en ai fait deux ou trois par année.

Depuis deux ans, mes demandes pour ce groupe d’âge augmentent, mais je restais jusqu’ici un peu hésitante. Réticente, même. Je trouvais mon animation moins bonne que celle pour le primaire, et ce public aussi grand que moi (parfois plus!) m’intimidait.

En début d’année, j’ai accepté cinq jours d’animations dans une école secondaire en Estrie, et j’appréhendais.

J’ai donc pris le taureau par les cornes. J’ai revu mon PowerPoint, ajouté une anecdote par-ci, une chanson par-là. D’une animation à l’autre, j’ai peaufiné, j’ai ajusté, mais surtout, j’ai pris confiance!

Mes 5 jours d’animations sont aujourd’hui terminés (14 groupes en tout!), et j’y ai pris goût!

Leur écoute est différente, plus posée et moins fébrile que celle des plus jeunes. Les mains se lèvent moins facilement, mais tant que le regard y est, c’est qu’ils sont intéressés. À ma grande surprise, j’ai particulièrement aimé les groupes considérés moins forts académiquement. Les discussions ont souvent pris de grands détours avec eux, et les liens créés m’ont semblé plus précieux.

Lorsque je verrai ma prochaine animation au secondaire apparaître dans mon calendrier, j’aurai enfin hâte!

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Salon du livre de Montréal!

Ça y est, la date est assez proche qu’on ose y croire: dans moins de deux semaines aura lieu le Salon du livre de Montréal! Un vrai, pas un virtuel. Entre la sabbatique et la Covid, mon dernier date de 2018! J’en frétille d’impatience!

Voici mon horaire:

Samedi 27 novembre
10 h à 11 h : kiosque #406 (Druide)
12h30 à 13h30: kiosque #601 (Bayard)
16h à 17h : kiosque #1806 (400 coups)

Dimanche 28 novembre
10h30 à 12h: kiosque #613 (Castelmore)
14 h à 15 h : kiosque #406 (Druide)
15h à 16h : kiosque #1806 (400 coups)
16h à 17h: kiosque #601 (Bayard)

Vous pouvez aussi consulter ma page sur le site du salon.

Lorsque les éditeurs ont commencé à nous demander nos disponibilités, on sedemandais tous si on irait! Est-ce qu’il y aurait du monde? Est-ce qu’il y aurait des jeunes, considérant qu’ils ne sont pas vaccinés? Voici ce que personnellement j’ai répondu:

Eh oui, même vide, le Salon de Montréal, je l’aime!

Entretemps, il aura changé d’endroit au profit du Palais des congrès. J’ai tout de même un petit pincement au coeur de penser que je ne monterai plus l’escalier qui monte vers la salle de la place Bonaventure dans laquelle le Salon s’est toujours tenu! À ce moment-là, en allant vers le bruit de la foule, une marche à la fois, je me sentais chez moi!

Nouvelle maison, même plaisir, on l’espère!

On s’y retrouve?

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Trois albums sérieux

J’annonçais la semaine dernière que ma prochaine parution serait un album sérieux. J’ai donc eu envie de vous en présenter trois autres dans le même genre!

Pourquoi les filles ont mal au ventre (Lucile de Pesloüan Geneviève Darling)

Il faut l’avouer, c’est parce que cet album existe que j’ai pensé que mon propre texte pourrait être publié. Véritable manifeste féministe, il énumère toutes les difficultés, préjugés et injustices que l’on subit de par nos doubles chromosomes X. Il n’essaie pas du tout de cacher son thème sous une histoire et est aussi la définition même de ce qu’un album pour les plus vieux peut être.

 

Le grand méchant loup dans ma maison (Valérie Fontaine, Nathalie Dion)

Dès le titre, on se doute bien de quoi il est question : de violence familiale, sujet ô combien important, mais tout autant difficile à traiter en littérature jeunesse. Le pari est ici réussi avec brio! La métaphore du grand méchant loup fonctionne à merveille, les propos sont exposés tout en finesse, et, en bonus, on trouve quelques références bien placées au conte des trois petits cochons.

 

Enterrer la lune (Andrée Poulin, Sonali Zohra)

Déjà, le format surprend. À plus de 100 pages, ce n’est pas tout à fait un album, on s’approche plutôt d’une version poétique des romans graphiques. Parce que, c’est la deuxième surprise, le texte est un long poème! Les mots, si bien choisis, vous prennent par le cœur pour vous entraîner dans l’aventure inspirante de cette petite fille qui ose prendre parole contre un tabou.

 

 

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Ma prochaine parution

 

Voilà, mes deux titres de l’automne (Soit Pétronille inc T4: ongle d’orteil équitable et La légende de Paul Thibault) sont sortis et ont chacun commencé à faire leur petit bout de chemin.

Il est maintenant temps de se tourner vers l’avenir, et de regarder quelle sera ma prochaine parution! 

Première surprise: il s’agit d’un autre album, lui aussi aux éditions 400 coups

Par contre, il ne pourrait être plus différent de Paul Thibault! Là ou mon coureur des bois est tout en rigolade, en  imagination et en vers, ce prochain album aborde un thème sérieux, ancré dans le réel et en prose. 

C’est la deuxième surprise: il s’agit d’un album sérieux! Il parle de la beauté. 

Plus précisément, il parle du questionnement que s’adressent  les jeunes filles devant le miroir, de toutes les réponses qu’elles reçoivent, et de la seule qui devrait compter vraiment. 

Il m’a été inspiré par une amie, sur Facebook (coucou Debbie) qui disait que sa fille de 9 ans ne se trouvait pas belle. Je lisais tous les encouragements en dessous, et soudain j’ai réalisé qu’on ne lui donnait pas la bonne réponse. Deux jours plus tard, j’écrivais le texte d’une traite.

Sa sortie est prévue pour la première moitié de 2022. Au fil des prochains mois, je vous en dirai plus, en vous dévoilant son illustratrice, sa page couverture et le reste! 

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Le choc culturel d’animer une classe de 1ere année!

Puisque La légende de Paul Thibault s’adresse à un public plus large que mes romans, je me suis retrouvée à en faire la lecture dans des classes de 1ère année dans le cadre du Salon du livre de l’Estrie.

On peut s’y attendre, pour moi qui suis habituée aux élèves des 2e et 3e cycles, en entrant dans la pièce, je les ai trouvés plutôt petits, mignons et pas du tout intimidants!

Le choc culturel arrive plutôt lorsque les mains commencent à se lever. Parce qu’avec des 1ère année, tout peut arriver lorsque tu leur donnes un droit de parole!

Tu peux recevoir…

  • Une question pertinente sur ce que tu viens de raconter, comme avec les plus vieux
  • Un commentaire ou anecdote avec un lien plus ou moins vague avec ce que tu viens de raconter (du genre : « ma tante a déjà vu un castor passer sur son terrain » ).
  • Mais surtout : une information complètement, mais alors complètement aléatoire!

Un exemple du dernier cas? Alors que je venais tout juste de me présenter, un élève a levé sa main pour m’informer que sa bouteille d’eau était celle de son père, qu’elle était précieuse et qu’il ne fallait surtout pas qu’il la brise! Un autre a demandé la permission de me montrer de qu’il avait trouvé à la récréation (pour les curieux : un morceau de verre poli).

Bref, une animation avec les élèves de 1ère année, c’est surprenant, aléatoire, rigolo, et très attendrissant! On repart avec l’envie de les ramener tous à la maison!

Tout de même, je lève mon chapeau aux professeurs et me prosterne devant leur patience. Leur travail les amène à enseigner non seulement à lever la main avant de parler, mais également à ne le faire que pour des questions pertinentes (en plus, accessoirement , de leur apprendre à lire, à écrire, à compter et tout le tralala).

Je n’ose même pas imaginer ce que c’est avec les élèves de maternelle !!!

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Imaginaire jeunesse anglophone

En ce moment, je n’ai pas d’univers qui mijote dans mon arrière-cerveau. Je suis donc, de manière très passive, en quête d’inspiration. Je ne suis pas pressée, puisque j’ai des suites à écrire pour m’occuper un long bout de temps!

Côté inspiration, donc, je voulais vous présenter ces quatre petites merveilles d’imaginaire, lu en anglais, et qui m’ont fait penser : « c’est exactement un livre comme ça que j’ai envie d’écrire ».

The language of Ghost (Heather Fawcett)

Une aventure fantastique sur une île-bateau qui sillonne les mers à la recherche de langages magiques perdus! La construction de l’univers magique est originale, les personnages savoureux (un serpent de mer qui aime les gâteaux, une petite sœur qui explose lorsqu’elle est fâchée!) et on y trouve une utilisation rare des zones de gris dans le personnage du grand frère.

C’est le plus récent de ma liste, et s’il n’est pas encore traduit en français, on peut s’imaginer qu’il le sera bientôt, puisque les autres livres de l’autrice le sont!

 

Sweep: The Story of a Girl and Her Monster (Jonathan Auxier)

Une héroïne intelligente et débrouillarde, un monstre surprenant, les toits de Londres, un passé qui se révèle peu à peu, qui forment un tout absolument enchanteur! J’ai été transportée par ce livre jeunesse et émue par la vie de ses jeunes héros. Pas encore traduit non plus et très honnêtement, je me demande ce que les éditeurs québécois attendent! C’est canadien, il a gagné le GG, qu’est-ce qu’il leur faut de plus?

 

The girl who drank the moon (Kelly Barnhill)

C’est le genre de livre qui ne frappe pas nécessairement durant la lecture, mais qui reste longtemps avec soi! Son utilisation des petits ibis en origami, entre autres, est une image à laquelle je pense encore, des années plus tard, lorsque je ferme les yeux. Celui-ci est traduit sous le nom La fille qui avait bu la lune.

 

The Girl Who Circumnavigated Fairyland in a Ship of Her Own Making (Catherynne M. Valente)

Je l’ai lu il y a longtemps, mes souvenirs en sont donc un peu vagues, mais je me souviens de l’originalité du monde, plus proche de Lewis Carrol que de Tolkiens. Un peu dans la veine de Molécule et le fil des événements, qui est mon livre québécois jeunesse préféré. Bref, un remède efficace contre l’ennuie. Traduit sous le titre La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains.

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Ongle d’orteil équitable

Ça y est, le quatrième tome de Pétronille inc. est sorti, juste à temps pour l’Halloween, comme chaque année! Cette fois, notre petite sorcière s’en va en pays gobelin pour obtenir un ongle d’orteil de Troll pour Baba Yolanda, la cheffe du village de Berg-À-Motte.

L’occasion rêvée pour revoir d’anciennes amies, et de s’en faire de nouveaux!

Voici donc quelques illustrations intérieures faites par Boum, qui s’est surpassée! Elles sont dignes d’affiches de film, vous ne croyez pas?

Pétronille grimpe sur un rocher pour retrouver son chemin

 

Que serait Pétronille sans un peu de magie?

 

Un nouveau moyen de transport : plonger dans un chaudron!

 

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Écrire… pour un auteur en prison

C’est un véritable honneur, possiblement la demande qui m’a le plus ému de ma carrière : le Salon du livre de l’Estrie m’a demandé de participer à Lire comme l’air, un programme d’Amnistie international qui jumèle des auteurs de partout dans le monde avec d’autres, emprisonnés pour leurs écrits.

J’ai été jumelée à Nedim Türfent, un poète et journaliste turc d’origine kurde emprisonné depuis 2016 pour avoir couvert un affrontement entre la police turque et le parti des travailleurs du Kurdistan.

Avant d’aller plus loin, je vous invite donc à signer la pétition d’Amnistie internationale qui demande sa libération : https://amnistie.ca/participer/2020/turquie/reclamez-la-liberation-du-journaliste-nedim-turfent

Je lui dédicacerai un Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, qui me semblait le plus approprié de mes livres, de par ses thèmes de vie bouleversée, de désobéissance et de refuge dans les livres. La cérémonie aura lieu à Sherbrooke, les auteurs Simon Lafrance, Jérémie McEwen et Emné Nasereddine seront également présents. Si vous êtes dans le coin, vous pouvez réserver vos places gratuites à partir de la programmation du salon.

On dit parfois qu’un auteur écrit pour se libérer… ce sera la première fois que j’écris pour libérer quelqu’un d’autre, et l’acte ne m’a jamais semblé aussi important.

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