Rencontre avec les représentants

Comme auteur, on interagit beaucoup avec nos éditeurs/trices, et parfois avec les librairies, sur le terrain. Entre les deux, il y a un maillon important, que nous ne croisons que trop peu : les représentants!

J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer ceux qui s’occupent de la distribution des livres chez Druide (qui assume la distribution plutôt que de la confier à un distributeur tier). Tous les auteurs de la maison étaient invités à leur présenter leurs nouveautés de l’automne, pour que les représentants puissent, à leur tour, présenter ces livres aux libraires et acheteurs de grosses chaines pour les convaincre de les prendre en boutique.

N’est-ce pas merveilleux, que de pouvoir expliquer notre livre, et partager son importance à nos yeux en personne plutôt que par la voie d’une simple petite feuille descriptive! Parler à ces cinq personnes, c’est être un degré plus proche des centaines et centaines de libraires qu’ils rencontreront en sillonnant le Québec tout au long de l’année.

Dans une optique similaire, avec les éditions du Phoenix, j’avais eu le plaisir de participer à la « journée Prologue », dans laquelle le distributeur (un des plus gros au Québec) recevait les libraires et bibliothécaires du Québec pour leur présenter les nouveautés.

Je dois avouer avoir trouvé cette rencontre chez Druide rassurante! Le placement en librairie compte pour une partie très importante des ventes, fait sur lequel je panique souvent! En rencontrant les représentants, je suis sortie confiante que mes cette partie de la chaine était entre bonnes mains.

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L’heure du conte au Parc Baldwin

Petite activité d’été à faire en famille! Je serai au Parc Baldwin de Montréal trois soirs cet été pour raconter des histoires aux plus jeunes (2 à 6 ans) dans le cadre des animations de parc de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Le thème: les trésors de  La Courte Échelle

Pendant une demi-heure/45 minutes, je raconterai donc spécifiquement des livres publiés aux éditions La Courte Échelle durant leur près de 40 ans de règne. J’en ai ramassé une belle pile, grâce à ma bibliothèque personnelle, à la salle de montre de la maison d’édition (que je remercie pour les prêts!) et à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal! Je compte d’ailleurs varier les titres d’une rencontre à l’autre!  Ma sélection complète ci-dessous (j’en lirai 4-5 triés sur le volet)!

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30 juin, 28 juillet et 18 août 
À 19h
À l’estrade rouge du Parc Baldwin
(hauteur de Marianne, côté sud)

Notez que, tout au long de l’été, d’autres auteure et animateurs y seront également, avec d’autres thèmes, du mardi au vendredi, même heure, même parc!

Alors, que vous soyez un nostalgique de Jiji et son Tamanoir-mangeur-de-fourmis-pour-vrai,  un fan invétéré d’Élise Gravel,  ou simplement un curieux qui aimerait découvrir ce que La Courte Échelle a fait de mieux, c’est un rendez-vous à ne pas manquer!

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La durée de vie d’un livre, prise 2

 

Prise 2, parce que j’en ai déjà parlé ici!

Je dois avouer entretenir une certaine obsession avec la durée de vie des livres sur les tablettes de libraires. Et lorsque je lis des articles comme celui-ci, qui dit que les clients découvrent 71% des livres jeunesses en les voyant au magasin, je me rappelle pourquoi!

J’ai déjà fait l’exercice, lorsque j’avais été nominée au prix des libraires, de vérifier l’inventaire d’une certaine chaine de librairie via leur site internet pour voir de quelle présence bénéficiait tous les nominés. Je dois vous avouer que le résultat n’était pas flamboyant. Plusieurs titres avaient tout simplement disparu de la plupart des succursales, tout nominés qu’ils soient.

Les Naufragés de ChélonMais il y a durée de vie en librairie, et durée de vie tout court! La semaine dernière,  j’ai reçu mon relevé de vente des Éditions du Phoénix pour ma première série, Terra Incognita, publiée entre 2007 et 2012. Je suis toujours agréablement surprise de voir que, malgré qu’elle ne soit généralement plus en librairie depuis belle lurette, elle continue son petit bonhomme de chemin! 200 livres vendus l’année dernière, dont une centaine du premier tome. Tout ça grâce à quelques professeurs qui l’étudient en classe, et à l’éditrice qui continue de le vendre dans les salons du livre.

On s’entend, deux centaines d’exemplaires, ça ne permet pas de payer l’épicerie bien longtemps! Mais à travers des marais de livres pilonnés, je suis heureuse qu’il continue de découvrir de nouveaux lecteurs. Un gros merci à l’éditrice qui continue de croire en ce titre!

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L’illustrateur des gardiens des soirs de bridge

Le livre avance! Les textes sont finaux (ou à peu près), le titre est choisi : Sous le divan, et les illustrations vont bon train! Il est trop tôt pour vous les montrer, mais j’avais envie de vous en présenter l’illustrateur : Ghislain Barbe!

Ghislain a commencé sa carrière comme illustrateur pour DreamPod 9, qui éditait des livres de jeux de rôle. Sa série la plus connue est sans doute « Heavy Gear », pour laquelle il a illustré les gros robots!

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Personnellement, je l’ai connu alors qu’il était chez Cinégroupe, à faire les concepts de personnages pour des séries d’animation télévisée. Sa plus connue est Sagwa, ci-dessous, qui a connu un franc succès à l’époque.

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Il travaille maintenant, et depuis plusieurs années, en jeux vidéo, d’abord chez DC Studio (ou j’ai travaillé également, mais pas en même temps!) et chez Behaviour Interactive, anciennement appelé A2M, ou il travaille toujours.

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Comme c’est un ami, je suivais sa page Facebook. Et au moment de choisir un illustrateur pour le Gardien des soirs de bridge, il s’était donné le défi d’effectuer un sketch par jour! Ce sont ces dessins réalisés à la hâte qui ont attiré mon regard et m’ont poussée à proposer son nom à Druide.

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Et voilà! Au cours de l’été, je devrais pouvoir vous montrer la page couverture qu’il est en train de nous cuisiner, ainsi que quelques illustrations intérieures. À date les illustrations qu’il nous a présentées pour Sous le divan se démarquent par leur dynamisme exceptionnel. C’est comme s’il savait où placer sa « caméra » pour nous plonger dans l’action.

Si vous voulez en savoir plus sur lui, vous pouvez visiter son Porte-Folio, ou suivre sa page Tumbler.

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Quand l’écriture va, tout va!

illustration de rones prises sur openclipart.orgOn croit souvent que les auteurs ne font qu’écrire, 5 jours semaines, tranquilles à la maison. La réalité, ou du moins, MA réalité, est tout autre! Depuis les mois de février, j’ai fait deux contrats de pige, suis montée à Sherbrooke d’une à deux fois par semaine pour des raisons familiales, en plus des salons du livre et animations scolaires qui ponctuent les semaines tout au long du printemps. Ajoutez à cela trois enfants qui tombent malade/en journée pédagogique, et les semaines complètes d’écriture (voire les journées) se sont font rares.

Mais voilà que je viens d’en avoir une! Une semaine complète avec rien d’autre à l’agenda que d’avancer mes projets! Ça fait un bien fou!

Avec autant de temps à ma disposition, je prends un rythme de croisière rigoureux, mais pépère : écriture le matin, et rattrapage de choses à faire en après-midi, à condition d’être satisfaite de la quantité de travail réalisé en avant-midi. Je réussis ainsi à réduire ma liste de choses à faire, tant au niveau bureaucratique (gestion de facture, envoi de courriels) que domestique (vaisselle, courses, linge d’hiver à ranger depuis deux mois!).

Et le résultat de la semaine? Mon manuscrit des Chroniques Post-Apocalyptiques d’une enfant sage est presque terminé! Si tout va bien, il partira vers mes premiers lecteurs avant la fin de cette semaine!

Et côté moral, il est au plus haut! C’est toujours la même chose : lorsque ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, je sombre. Je me mets à douter de tout, j’en viens à avoir l’impression que c’est ma carrière tout entière qui stagne en même temps que mes projets d’écriture. Il suffit d’une petite semaine à écrire pour que tout reparte, y compris mon positivisme.

J’en aurai une deuxième, juste avant que les enfants terminent l’école. Avec un peu de chance, je réussirai même à commencer un nouveau Victor Cordi (cycle 2, livre 3)! J’ai déjà hâte!

 

 

 

 

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Trésors d’argot

Je vous ai déjà parlé du langage des Clapontins, que l’on rencontre dans Victor Cordi, Cycle 1, Livre 3: (« Fais-toi un petit trou bien conformiam, mon placo ! Tu en as pour une targe !  » ou encore « on peut dire que tu nous as fait courtailler »)

Je également parlé de mon amour pour les mots inventés. Ces deux choses ont une seule et même origine : ma fascination, depuis l’adolescence, pour l’argot français.

b818acb811e9f3d888c4f4f8daf91749.504x500x1J’ai eu deux maîtres en la matière. Tout d’abord, le chanteur Renaud, découvert à l’adolescence. Si ses œuvres les mieux connues n’ont que quelques perles facilement compréhensibles (« tu sais ma môme, que j’suis morgane de toi »), ses chansons plus vieilles devenaient, pour la Québécoise que je suis, de véritables casse-têtes à déchiffrer (« Quand l’baba cool cradoque est sorti d’son bus volkwagen qu’il avait garé comme une loque devant mon rade»)

Puis, dans la vingtaine, je suis tombée sur Pierre Perret, grâce à une amie. Ce fut le coup de foudre, et il reste, aujourd’hui encore, mon préféré parmi la « vieille garde » de la chanson française. Je suis sa page Facebook juste pour le plaisir de voir des statuts qui commencent par « Salut mes loulous », et où on ne dit pas : « Les enfants étaient super » mais bien, « les lardons étaient aux œufs ».

Vous ne pouvez imaginer mon bonheur lorsque, il y a une semaine ou deux, je suis tombée sur ces deux petites merveilles :

Pierre Perret Le renard et la cigogne          Pierre Perret Le loup et l'agneau
 

Des fables de Lafontaine, racontées par Pierre Perret! Je ne savais même pas que ça existait!

On y trouve des rimes sublimes :
«  Honteux comme un taureau, qui aurait paumé ses cornes,
Le renard s’était fait roulé dans le pop corn »

Des phrases quasi incompréhensibles pour le néophyte :
« Le loup à toute burbure, enjambe le cresson »

Et des morales discutables :
« Tuer un p’ptit agneau sans défense?…  c’est bien laid…
Mais c’est pas dégueulasse avec des flageolets !»

Bref, un trésor pour moi, de ce type de trésor qu’on ne trouve que dans les librairies de livres usagés. Le dos de la couverture en annonce deux autres titres, je mettrai la main dessus, je le jure!

 

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Le mot juste

ScreenHunter_01 May. 24 07.54Cette semaine, j’ai reçu le texte révisé du premier tome de la série « le Gardien des soirs de bridge » qui sera publié aux éditions Druide en septembre. Pour mon plus grand plaisir, c’est Lise Duquette, qui avait également révisé tous mes Victor Cordi chez Courte Échelle, qui a été chargée du mandat.

Ce n’est pas toujours facile de trouver une bonne réviseure. Il faut, évidemment, qu’elle soit rigoureuse, mais également qu’elle comprenne le style de l’auteur, et qu’elle soit suffisamment souple pour, parfois, laisser passer des impropriétés. Pourquoi? Parce qu’il arrive que le bon usage de la langue française et la bonne compréhension du lecteur sont en conflits! Un classique? Les « mitaines » québécoises. Elles ne sont pas acceptées par les dictionnaires. Vous imaginez un jeune lecteur d’ici tomber sur le mot « moufles »? Je dois avouer avoir déjà mis des gants à la place à un personnage juste pour m’éviter le problème!

Dans mon dernier manuscrit, j’ai eu droit à trois autres instances de problème similaires.

Un trampoline, vs une trampoline
Le premier est le genre du mot « trampoline ». Tous les dictionnaires demandent le masculin, alors que la langue courante demande plutôt le masculin. Grâce à Antidote, qui indique que le masculin est utilisé au Québec, j’ai pu garder mon « un trampoline »! Yé!

Porte-fenêtre ou porte-patio
Tout le monde sait ce qu’est une porte-patio. Pourtant, ce n’est pas une véritable expression. Il faut plutôt dire une porte-fenêtre. Mais si je mets ce mot dans mon roman, personne ne va comprendre la description. Ils imagineront plutôt une porte pivotante normale avec une grande fenêtre au milieu, et non cette vitre énorme qui se pousse sur le côté. Parce que Lise est rigoureuse, elle a suggéré la modification. Parce qu’elle est souple, elle m’a permis de la refuser.

Divan vs Canapé
Le dernier cas nous a posé plus de problèmes! Dans un chapitre, toute l’action se concentre autour du divan du salon. Selon tous les dictionnaires, y compris Antidote, un divan n’a ni accoudoirs, ni dossiers. Ce que nous avons, pour la plupart, dans nos salons, ce sont des canapés. En temps normal, ce changement ne m’aurait pas dérangée… mais il s’adonne que le titre prévu pour ce premier tome était : « Sous le divan ».

Il faut l’avouer, « Sous le canapé », ça n’a pas la même connotation. Ça sent l’importation française à plein nez! Le problème a dû être monté jusqu’aux « grands druides » tout en haut de la hiérarchie. Ils ont trouvé plusieurs instances du mot « divan » utilisé dans le même sens que moi dans des articles journalistiques crédibles. C’est finalement le précédent créé par Nadine Descheneaux par sa série « les secrets du divan rose », qui a rendu la chose acceptable. Au prochain Salon du livre, faites-moi penser que je dois une bière à Nadine!

Je peux donc annoncer officiellement que le premier tome du Gardien des soirs de bridge s’intitulera « Sous le divan »!

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Auteurs jeunesse et vedettariat

illustration de PianoBrad sur openclipart.orgDans le dernier mois, j’ai reçu la même question surprenante de deux enfants différents. Si je ne me souviens plus très bien des mots utilisés par la deuxième, la première question m’avait frappée, et la voici dans toute son exactitude :

« Est-ce que tu es capable de faire ton épicerie? »

J’ai d’abord cru que c’était une question monétaire, mais non, elle me demandait si je pouvais vaquer à mes occupations incognito, ou si j’étais, partout, assaillie de demandes d’autographes et de selfies, comme une star d’Hollywood!

Pour toute réponse, je lui ai demandé quel était son auteur préféré (c’était Catherine Girard Audet), puis lui ai demandé si elle la reconnaîtrait dans la rue. Elle a dû avouer que non. À part India Desjardins, Brian Perro, et peut-être Annie Groovie, je ne pense pas qu’aucun auteur jeunesse québécois se fasse reconnaître en pleine rue. Nos livres sont connus, mais pas nos visages. Pour une telle reconnaissance, il faut passer à la télé en heure de grande écoute. Tout le monde en parle est possiblement le plus grand créateur de vedettes au Québec, et on ne peut pas dire qu’ils invitent souvent des auteurs jeunesse sur leur plateau.

Puis, je suis allée à Toronto, pour les prix de la forêt de la lecture. Et soudainement, tous les auteurs jeunesse étaient des vedettes! Nous devions être environ une 15aine d’auteurs Québécois et tout était en place pour que nous nous sentions spéciaux! Tout d’abord par le traitement que nous réservaient les organisateurs : transport en avion et hôtel 4 étoiles payés, cocardes spéciales pour nous identifier comme nominés, et accueil chaleureux. Une des volontaires avait même amené une valise complète de livres à nous faire signer.

Mais encore plus le traitement que nous réservaient les jeunes! Lors de la cérémonie de prix, une foule complète acclamait la présence de chaque auteur sur scène à grands cris. Dans les corridors, les têtes se tournaient, et nos noms étaient chuchotés derrière nos dos. Lors de la séance de signature, nous avons tous eut droit à des files d’attente interminables de jeunes excités d’avoir nos autographes. Il aura suffi de quelques passeurs extraordinaires pour allumer des milliers de jeunes à la lecture, et faire de nous quinze des vedettes instantanées.

On rit toujours un peu, entre auteurs, du cirque médiatique lorsqu’une vedette écrit un livre jeunesse. En revenant de Toronto, je me demande soudain si les médias ne prennent pas le phénomène à l’envers : ils pourraient eux-même transformer les auteurs jeunesse en vedettes à la place! Ça leur en ferait plus! C’est possible, je l’ai vu à Toronto.

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Victor chez l’APFUCC

ScreenHunter_01 May. 10 15.03Mais qu’est-ce que c’est que cet acronyme, me direz-vous! Il s’agit de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens, et, grand honneur pour moi, mes livres seront discutés lors de leur prochain congrès, à la fin du mois, à Ottawa.

Vous pouvez découvrir le programme général ici.

Et le programme plus complet en pdf ici.

Dans l’atelier 10, intitulé « Les pouvoirs de la littérature jeunesse », la conférence suivante est listée :

Pierre-Alexandre Bonin, « De la nécessité du sacrifice en littérature jeunesse : dilemmes et libre-arbitre dans ‘Victor Cordi’ et Tobi Lolness » 

Eh oui! Vous avez bien lu! Le nom de mon Victor dans la même phrase que celui de Tobi Lolness, possiblement LE MEILLEUR livre jeunesse jamais écrit, du moins, selon moi! L’honneur est immense! Mais au-delà de ça, il m’a également permis de discuter en profondeur de mes livres avec quelqu’un qui s’y connait, et pas qu’un peu!

J’ai rencontré Pierre-Alexandre Bonin à la librairie Monet, où j’étais venue faire une animation scolaire. Lui-même y est libraire jeunesse, un vrai, un passionné. Il en lit, il en mange, il s’y penche en profondeur, et il écrit des articles dans diverses publications sur le sujet. Et il donne des conférences. L’idée est donc de lui, et il m’a contactée il y a quelques mois pour me parler de cette conférence à l’APFUCC. Nous avons échangé quelques courriels pour valider de ses hypothèses. Voici quelques extraits de cette correspondance, pour vous donner une idée du ton!

Moi : Je ne sais pas si l’idée des difficultés pour le héros est moderne, quand on repense aux grands classiques (Rémi sans famille, ou Little Princess), les héros traversent des moments de grande misère!

Pierre-Alexandre : Je suis d’accord avec toi, mais j’ai plutôt l’impression qu’on est peut-être plus dans le misérabilisme ou dans l’émotion constante que dans le véritable sacrifice. Et je me demande si cette littérature jeunesse « classique » n’est pas justement fondée sur l’absence de libre-arbitre de l’enfant. Et si les fictions pour la jeunesse, comme Victor Cordi et Tobi Lolness ne sont pas une réponse à cette absence.

Moi : Pour Tobi, il faudrait que je le relise, c’est trop loin dans ma mémoire. Je me souviens qu’il a de grands moments de fuite et de survie, et qu’il va devenir entièrement passif (chez le peuple du sol) avant de prendre consciemment la décision de s’impliquer dans le T.2. Mais il peut certainement y avoir fuite ET libre-arbitre. Je ne crois pas que les deux soient mutuellement exclusifs.

Pierre-Alexandre : Chez Fombelle, on sent vraiment que c’est un moment pour Tobi de se recentrer, de réfléchir et de planifier. Dans le cas du peuple du sol, j’y vois aussi un avertissement de la part de Fombelle aux lecteurs : oui, c’est facile de laisser tomber le combat, de se laisser aller, mais il y a des conséquences à cette attitude et il vaut mieux faire face et combattre, plutôt que de simplement abandonner par appât de la facilité.

Bref, un grand plaisir intellectuel que cette discussion! Un peu comme deux entomologues qui se rencontrent et peuvent enfin discuter de fourmis pendant des heures sans ennuyer les autres!

 

Je ne doute pas que la conférence de Pierre-Alexandre sera hyper intéressante. Mon seul regret est de ne pouvoir y aller en tant que mouche sur le mur, pour écouter tout ce qu’il va dire!

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Les illustrations de l’Encyclopédie du merveilleux urbain

À l’occasion du Salon du livre de Québec, Anouk Lacasse et moi avons eu le privilège d’être interviewées sur scène par Marc Proulx au sujet de notre Encyclopédie du merveilleux urbain. Pour l’occasion, Anouk avait pris le temps de noter sa démarche sur papier, histoire de mettre de l’ordre dans ses idées avant l’entrevue. Elle a eu la gentillesse de me faire parvenir le texte en question, et je vous l’offre donc aujourd’hui, en tant que billet de « blogueuse invitée » !

Texte de Anouk Lacasse :

ScreenHunter_02 May. 03 19.29Chers amis du merveilleux, j’aimerais vous parler de mon rôle d’illustratrice et de graphiste dans la création de l’Encyclopédie.

C’est d’abord à partir des textes originaux de l’auteur Annie Bacon que j’ai élaboré les différents personnages et univers de tous les peuples du merveilleux urbain. Bien sûr, beaucoup de documentation et de recherches ont été nécessaires à la création des images. Si j’ai pris plusieurs mois pour réaliser tout le visuel du livre, le projet entier s’est échelonné sur 4-5 ans, avant de voir le jour dans les librairies.

ScreenHunter_04 May. 03 19.30Mais revenons aux illustrations. Les dessins sont un beau mélange de crayonnés faits à la main, d’aquarelle et d’infographie. Les personnages sont inspirés des représentations classiques, que j’ai transformées pour leur donner un caractère actuel, adapté à la vie urbaine. Vous remarquerez que les fées d’abribus ont des ailes en parapluie, que le troll de viaduc a un look plutôt hip-hop, et que les gobelins d’égout portent des lampes frontales…

Pour chaque peuple, j’ai aussi créé une atmosphère particulière, avec une typographie et des éléments spécifiques à chaque peuple. Les décors sont un reflet de ma ville, de mon environnement. Par exemple, la ruelle des farfadets s’inspire de Limoilou, alors que les craques de bitume illustrent les dommages que causent les Duegards de trottoirs. La tôle rouillée utilisée en page couverture vient d’en arrière de chez nous . Vous auriez dû me voir partir avec mon appareil photo à la recherche de preuves « véritables » de la présence de ces petits êtres parmi nous !  D’ailleurs, pendant que je dessinais sur mon balcon, j’ai eu droit à un concert de glands qui rebondissaient sur les capots de voitures, orchestré merveilleusement par… les faunes-écureuils !

ScreenHunter_03 May. 03 19.30

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