Lecture de classiques : Sa majesté des mouches

Photo_lord252520of252520the252520fliesSi j’ai eu de la misère à apprécier Moby Dick, Sa majesté des mouches (Lord of the flies, William Golding) m’a captivé à chaque page. Grand classique de la littérature jeunesse, il mérite bien son immortalité!

En surface, il raconte les aventures d’un groupe de garçons britanniques dont l’avion atterrit en catastrophe sur une île déserte et qui doivent survivre sans enfants. En profondeur, il chronique plutôt la lente descente vers la sauvagerie d’enfants laissés à eux même. Cette descente est si bien montée qu’elle devient parfaitement crédible, plus encore, elle semble inévitable.

Ce n’est pas un livre facile à lire. Il est difficile de faire face à la violence des enfants, possiblement bien plus que celle des adultes. Imaginez la guerre des tuques qui continue de dégénérer après la mort de Cléo. J’ai tout de même été incapable de m’arrêter dans ma lecture, y perdant quelques heures de sommeil.

C’est aussi un livre qui reste, qui laisse de traces. Des morceaux de discours philosophiques reviennent en tête : l’homme est-il bon? Est-il véritablement fait pour vivre en société? Qu’est-ce qui différencie l’homme de l’animal?

Bref, je comprends mieux pourquoi ce livre est étudié dans plusieurs écoles anglophones… et banni dans plusieurs autres!

Un must pour quiconque s’intéresse à la littérature jeunesse.

 

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Anecdotes en vrac du Salon du livre de Québec

ScreenHunter_01 Apr. 17 19.29De retour à la maison après deux belles journées au Salon du livre de Québec, le dernier de la saison pour moi! Voici quelques réflexions et anecdotes en vrac de ces deux jours!

  • Ce slogan lu sur le kiosque des éditions Éditïo me rend perplexe : « Livres 100% québécois et planétaires »… par opposition aux nombreux livres extra-terrestres de leurs compétiteurs?
  • Benoit Bouthillette a un véritable don pour converser avec ses lecteurs. Ils s’approchent pour regarder le livre et repartent vingt minutes plus tard en notant une recette de cuisine sur un papier… ça me fascine!
  • Passe devant la scène jeunesse Desjardins, y voir trois acteurs déguisés avec décors et marionnettes et se dite qu’on y sera dans une heure toute seule avec son micro… c’est inquiétant!
  • Même sans laryngite, un salon du livre, c’est dur pour la gorge!
  • Se faire demander, dans l’entrée du Salon « C’est vous, Annie Bacon? » par une bibliothécaire qui aime beaucoup mes livres, ça commence vraiment bien une journée!
  • Mais pourquoi donc aucune des salles où se tiennent les salons du livre n’ont de fenêtres?!! L’industrie serait-elle gérée par des vampires?
  • Entrer sur scène pour une animation qui nécessite la participation du public sans savoir si public il y aura… c’est stressant! (Ne vous en faites pas, j’ai survécu!)
  • Écouter Trois gars sul’ sofa dans la voiture, avec une boîte de Timbits et un soleil printanier qui plombe par la fenêtre est une de mes (nombreuses, il faut l’avouer) définitions du bonheur!
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La semaine des bonnes nouvelles!

 Petite parenthèse pré-billet pour dire que je serai au Salon du livre de Québec cette semaine!

Vendredi: 10h30 à 12h30 et 13h30 à 14h30, Courte échelle (#41)
12h à 13h30 et 15h à 16h,  Druide (#69)

Samedi: 9h à 10h30,  Courte échelle (#41)
11h à 12h et 14h30 à 15h,  Druide (#69)
13h55: Espace jeunesse Desjardins 

Fin de la parenthèse

Des fois, rien ne se passe, et des fois, tout arrive en même temps! J’ai eu droit à une belle semaine remplie de bonnes nouvelles. Rien d’époustouflant, mais plusieurs petites marguerites qui, toutes mises ensemble, font un ravissant bouquet!

Commençons par cette critique du magazine Les Libraires pour le Gardien des soirs de bridge : Sous le divan. Des comme ça, on en prendrait toutes les semaines!

ScreenHunter_01 Apr. 09 07.52

Photo par Harlan Harris sur flickrEnsuite, je suis allée prendre un café avec les deux éditeurs jeunesse de chez Bayard, et ils m’ont confirmé leur intérêt pour une idée de projet que je leur avais soumis et qui paraîtra au printemps 2017. Je vous en reparle lorsque je serai en train de l’écrire!

J’ai appris que le premier tome de Victor Cordi partait en ré-impression, ce qui veut dire que le titre continue de trouver de nouveaux lecteurs! Cette nouvelle m’a donné espoir pour le tome 7 qui sortait pendant la semaine, et encouragée pour le tome 8 dont je viens tout juste de terminer le premier jet.

Et finalement, ma demande de bourse pour le nouveau programme « Promotion des écrivains et des bédéistes en librairie » du Conseil des arts et des lettres du Québec a été acceptée!  Vous me verrez donc la face dans 4 différentes librairies de Montréal et des environ dans les prochains mois. Une belle visibilité, dont je vous reparlerai en temps et lieu.

Bref, une foutue de belle semaine, dont j’avais bien besoins! Pour être tout à fait honnête, mon moral professionnel ne s’était pas encore tout à fait remis de la faillite de Courte Échelle. Et voilà qu’en une toute petite semaine, sous un bouquet de bonnes nouvelles, tous les rêves me semblent encore permis.

Vive le printemps!

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Sortie! Victor Cordi Cycle 2, livre 2: La grande évasion

ScreenHunter_01 Apr. 03 07.34C’est cette semaine que ça se passe, le septième Victor Cordi sort en librairie!

Quelques petites choses que vous y retrouverez :

  • Une vidéo Youtube embêtante
  • Une prison
  • Une drôle de Pinata
  • Un vieil ami
  • Un nouvel ennemi
  • Un soupçon de jalousie
  • Des scènes de torture (rien de moins!)
  • Des cascades époustouflantes
  • Et une finale à couper le  souffle!

Pour les courageux qui ont lu les six premiers tomes, j’ai très hâte d’entendre vos commentaires sur celui-ci! Pour les autres, qu’attendez-vous? Le coffret du premier cycle est toujours disponible!

En attendant de pouvoir mettre la main sur La grande évasion, vous pouvez…

Le précommander

Le feuilleter
(Mais attention! Ne feuilletez pas trop loin!
Ils y ont mis le dernier chapitre! Vous allez vous gâcher tout votre plaisir!) 

En télécharger un extrait epub 

Et si jamais vous le voyez en librairie, envoyez moi une photo!!

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Ma pige

Depuis un an, j’ai recommencé la pige, sans jamais vous avoir dit plus précisément ce que je faisais dans ces contrats.

En gros, ces temps-ci, j’ai deux clients…

ScreenHunter_02 Mar. 27 06.58Noël à l’année longue! 

Le premier est Père-Noël Portable (PNP), que j’appelle affectueusement « le Père-Noël ». Cette appellation permet des phrases comme celles-ci :

  • J’étais au téléphone avec le Père-Noël…
  • J’ai du travail à faire pour le Père-Noël.
  • J’attends un chèque du Père-Noël.

Et après on se demande pourquoi mes enfants y croient longtemps…

Commencé par un simple site qui permet aux parents d’envoyer des vidéos personnalisées à leurs enfants, le PNP étend un peu plus ses services chaque année. C’est un client de longue date, pour lequel j’ai fait du scénario interactif, de la création d’univers, du game design et de l’écriture de conte.

Éducation interactive 

ScreenHunter_01 Mar. 27 06.55Le deuxième client est la branche « Éducation » de ChallengeU, qui se spécialise dans l’apprentissage scolaire via les technologies interactives (TDI, tablettes et autre). Ils offrent des outils de partage de contenu pour les professeurs, mais font également des trousses officielles. Des équipes de pédagogues écrivent la théorie et les exercices, et mon travail à moi est de relier le tout par une trame narrative.

Par exemple, le projet de l’année dernière était une trousse d’apprentissage des sciences faite en collaboration avec Télé-Québec. Les usagers peuvent y suivre les aventures en bande dessinée d’une patrouille de l’espace qui bénéficient, en cas de pépins, de l’aide d’un expert nommé Martin Carli (le vrai, celui de « Génial »).

 

Malgré les enfants malades, j’ai réussi à terminer mes deux contrats la semaine dernière. Je remets donc mon chapeau d’auteur… jusqu’à la prochaine fois!

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Le problème d’être un auteur volage…

IMG_1869Depuis la faillite de Courte Échelle, je multiplie les éditeurs. L’idée de tous les œufs dans le même panier m’a soudainement semblé risquée, ce qui fait qu’en plus l’encyclopédie du merveilleux urbain qui était déjà prévu chez Boomerang depuis longtemps, j’ai signé avec Druide, avec Bayard, et peut-être bientôt avec un autre dont je vous parlerai dès que c’est signé.

Si cet éparpillement m’offre une certaine protection contre d’éventuelles faillites additionnelles, il pose un petit problème : puisque, dans les salons du livre, la salle est séparée par éditeurs, je me retrouve devant une table presque vide.

– C’est votre premier? m’a demandé un homme passant devant le kiosque des éditions Druide, devant ma table n’arborant qu’un livre : Sous le divan.

Non monsieur, c’est mon quinzième.

Parfois je rêve d’une réorganisation des salons, qui me permettrait d’être assise à une table avec tous mes livres alignés les uns à côté des autres. En attendant, il y a les événements spéciaux organisés par des libraires, comme la Foire du livre de St-Hyacinthe à laquelle j’ai assistée il y a deux semaines, qui me permettent de me pavaner devant une table pleine.

C’est bon pour l’égo, tout ce travail, tout ce chemin parcouru, réunis au même endroit!

 

 

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Couverture du prochain Victor Cordi

Nous voilà à moins d’un mois de la sortie de Victor Codri, cycle 2, livre 2 : la grande évasion. Il est donc temps de vous dévoiler la magnifique couverture que Mathieu Benoit a illustrée. Ce sera le premier livre pour lequel il n’y aura pas d’image à l’intérieur, et on dirait que Mathieu a décidé de se surpasser sur la couverture pour compenser! Je pense que c’est ma préférée à date!!!

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Surveillez la page Facebook de la Courte Échelle, un petit oiseau m’a dit qu’un concours s’en venait pour souligner la sortie de ce 7e tome!

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C’est quoi « y arriver »?

ScreenHunter_02 Mar. 06 07.28Vous avez lu, la semaine dernière, dans quel état je suis revenue du Salon du livre de l’Outaouais. Alors que je racontais le tout à mon mari, je finis par pousser, en parlant de ma carrière, un « il faut que je sois patiente, je vais bien finir par y arriver ».

« C’est quoi, y arriver? » m’a-t-il demandé très finement.

J’ai été incapable de répondre. Avouez-le, la question est bonne. Qu’est-ce que j’attends de cette carrière? Après quoi je cours? Est-ce que je désire gagner des prix? Être invitée à tout le monde en parle? Avoir une horde de fans qui m’attendent derrière un cordon de velours dans les salons? Être traduite dans une dizaine de pays?

Je ne sais pas.

Si ce que je voulais, c’était d’être publié et d’être lue, c’est déjà fait accompli. Serais-je, comme racontait récemment Stéphanie Deslaurier dans son blogue, en train de courir après quelque chose que j’ai déjà?

La seule chose claire, c’est que j’ai toujours envie d’écrire.

Écrire, être lue, progresser. C’est peut-être suffisant.

Pour le reste, ce sera du bonus!

 

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Une mauvaise journée

J’ai d’abord cru que la mauvaise journée serait mercredi. Je me suis réveillée, dans ma chambre d’hôtel de Gatineau, où j’étais pour la tournée jeunesse du Salon du livre de l’Outaouais, à moitié aphone. Quatre animations scolaires m’attendaient. La panique!

Photo prise l'avant-veille, alors que tout allait bien!
Photo prise l’avant-veille, alors que tout allait bien!

Deux advil, une tisane chaude et beaucoup de mucus plus tard, j’avais retrouvé un semblant de voix. Enrouée, précaire, mais fonctionnelle. Mes animations du matin se sont plutôt bien passées, à grand coup de bouteille d’eau. Seule la guitare a du rester dans son étui. La dernière animation s’est faite dans un râle, devant soixante jeunes très patient, et très attentifs, mais je m’en suis sortie!

Hotel, pige, conseils Facebook, médicaments, repos.

Réveil.

Il fallait s’y attendre, après avoir forcé une voix laryngitée la veille, plus rien ne sort au matin. Cette fois-ci, les advils et tisanes n’y peuvent rien. Mes cordes vocales refusent de produire le moindre son. J’annule à regret mon animation sur scène prévue pour 11h30, et me dirige tout de même au Salon du livre pour mes séances de signature.

S’ensuit une longue, longue journée de salon.

Il faut dire qu’il y a tempête au dehors, et que la plupart des écoles de la région sont fermées. Il y a bien quelques autobus et quelques courageux parents qui se rendent, mais on ne peut pas dire que ça soit la foule. Habituellement, durant les temps morts, on compense en parlant entre auteurs, avec les bénévoles ou avec les employés des kiosques où on signe. Mais là, les temps morts se généralisent et, avec mon extinction de voix, chaque conversation coupe court, soit parce que mon interlocuteur empathique désire ménager ma voix, soit parce que moi-même je me mets à avoir mal (désolée Mireille!).

Alors heures après heures, je reste seule à ma table, avec l’impression qu’il y a du trafic partout sauf dans mon kiosque à moi (paranoïa d’auteur). Dans mon auto-apitoiement, les quantités phénoménales de livres qui m’entourent se font accablantes. Me livres ne sortiront jamais du lot, je n’arriverai jamais à rien. Cerise sur le sundae, je réussie à me tromper dans mes heures et à manquer ma dernière séance de signature, ajoutant « même pas capable de lire un horaire » à la liste de mes tourments. Je rentre à ma chambre penaude, déprimée.

Heureusement, tout ce mélo n’a pas duré! Le lendemain, j’avais retrouvé suffisamment de cordes vocales pour interagir avec mes lecteurs (avec la voix d’une vieille fumeuse qui a un appareil à la place du larynx!), ce qui m’a fait le plus grand bien. J’ai passé une très bonne journée, signé quelques livres, saluée quelques amis et suis finalement rentré à la maison de plutôt bonne humeur, et surtout, prête à recommencer au prochain salon.

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Les trois péchés de Moby Dick

moby-dick-first-edition-cover-xlargeJ’ai décidé de commencer ma lancée de lectures classiques avec Moby Dick de  Herman Melville. Très honnêtement, ce fut un calvaire! L’histoire est sans conteste à la fois épique et palpitante tant au niveau de l’action que de l’humain. Chaque scène de chasse à la baleine fascine et les personnages du Capitaine Ahab et du « fisrt mate » Starbuck sont fantastiques tant dans leur personnalité que dans la relation qui les unit. Je comprends facilement qu’il soit devenu un classique, mais aujourd’hui, plusieurs choses ne passeraient plus.

Bon, ce ne sont pas nécessairement des péchés littéraires, mais le jeu de mots était plus drôle ainsi dans le titre!

Voici donc plutôt, trois choses qui ne marchent pas dans Moby Dick.

Le remplissage.
C’est le problème le plus flagrant, celui qui donne envie de lancer le livre sur le mur de la chambre et de ne jamais plus le ramasser. Il y a des chapitres entiers de remplissage, comme si Herman Melville avait été payé au feuillet (ce qui n’est pas impossible à cette époque ou les feuilletons étaient populaires dans les journaux). Je ne parle pas d’un paragraphe descriptif de trop comme on en trouve chez Balzac, je parle de chapitres entiers qui ne servent à rien. On trouve, par exemple, un chapitre complet sur la symbolique de la couleur blanche. Tout y passe, de l’ours polaire à l’hermine royale. Un des plus pénibles : trois chapitres sur une proposition de nouvelle classification biologique des différentes sortes de baleines. Aussi, un chapitre d’une vingtaine de pages pour décrire la tête de l’animal. Deux autres chapitres s’occuperont du corps et de la queue. Un beau cas où l’expression « une image vaut mille mots » aurait pu être prise au pied de la lettre!

Pour une des rares fois dans ma vie, j’ai appliqué ce « droit du lecteur » de Daniel Pennac :

Le droit de passer des pages

 Un changement complet de point de vue
La première phrase du livre est célèbre : « Appelez-moi Ismaël » . Elle installe immédiatement le point de vue de cet homme qui désire être embauché sur un baleinier. Les premiers chapitres racontent son arrivée à Nantucket, son séjour à l’auteur où il rencontre un harponneur, et finalement, son embauche sur le bateau du Capitaine Ahab. Arrivé au quart du roman, il embarque sur le bateau… et disparait de la narration. Le narrateur ne devient pas omniscient pour autant (ce qui créera le problème #3), mais on ne saura plus ce que fait Ishmael dans les différentes scènes décrites, ni ce qu’il en pense. C’est comme si l’auteur s’était tanné de lui en trouvant, dans l’équipage du Pequod, de nouveaux jouets plus intéressants. Le changement est à la fois inutile et injustifié. Ce qui est dommage, c’est qu’on se retrouve alors avec tout les désavantages du point de vue première personne (attachement, personnalité du narrateur, opinions, etc.) pour n’en garder que les défauts (incapacité d’entrer dans les pensées des autres autrement que par le dialogue… )

Ce qui nous amène à notre problème numéro trois :

 L’abus de monologues
Jamais autant de personnages n’auront soliloqué! On se croirait au théâtre! Chaque personnage y va de longues tirades pour expliquer de long en large leurs tourments. Pourtant, le véritable moment où l’obsession d’Ahab pour Moby Dick se fait comprendre est lorsqu’il pose un geste plutôt que de proférer une parole. Je commence à peine ma lecture des classiques, il est donc possible que ce grand défaut en soit un d’époque. Shakespeare n’était-il pas, lui aussi, féru de monologues. Mais le grand auteur britannique avait, lui au moins, l’excuse d’être un homme de théâtre.

 

Bref, est-ce que je recommande la lecture de Moby Dick? Très honnêtement, il doit bien exister des versions abrégées qui gardent le meilleur en éliminant le superflu. Si vous réussissez à mettre la main sur une telle version, faites taire votre puriste intrinsèque, et régalez-vous. Sinon, apprêtez-vous à exercer votre droit du lecteur vu plus haut… ou à passer les plus longues heures de lecture de votre vie.

 

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