Le mot juste

ScreenHunter_01 May. 24 07.54Cette semaine, j’ai reçu le texte révisé du premier tome de la série « le Gardien des soirs de bridge » qui sera publié aux éditions Druide en septembre. Pour mon plus grand plaisir, c’est Lise Duquette, qui avait également révisé tous mes Victor Cordi chez Courte Échelle, qui a été chargée du mandat.

Ce n’est pas toujours facile de trouver une bonne réviseure. Il faut, évidemment, qu’elle soit rigoureuse, mais également qu’elle comprenne le style de l’auteur, et qu’elle soit suffisamment souple pour, parfois, laisser passer des impropriétés. Pourquoi? Parce qu’il arrive que le bon usage de la langue française et la bonne compréhension du lecteur sont en conflits! Un classique? Les « mitaines » québécoises. Elles ne sont pas acceptées par les dictionnaires. Vous imaginez un jeune lecteur d’ici tomber sur le mot « moufles »? Je dois avouer avoir déjà mis des gants à la place à un personnage juste pour m’éviter le problème!

Dans mon dernier manuscrit, j’ai eu droit à trois autres instances de problème similaires.

Un trampoline, vs une trampoline
Le premier est le genre du mot « trampoline ». Tous les dictionnaires demandent le masculin, alors que la langue courante demande plutôt le masculin. Grâce à Antidote, qui indique que le masculin est utilisé au Québec, j’ai pu garder mon « un trampoline »! Yé!

Porte-fenêtre ou porte-patio
Tout le monde sait ce qu’est une porte-patio. Pourtant, ce n’est pas une véritable expression. Il faut plutôt dire une porte-fenêtre. Mais si je mets ce mot dans mon roman, personne ne va comprendre la description. Ils imagineront plutôt une porte pivotante normale avec une grande fenêtre au milieu, et non cette vitre énorme qui se pousse sur le côté. Parce que Lise est rigoureuse, elle a suggéré la modification. Parce qu’elle est souple, elle m’a permis de la refuser.

Divan vs Canapé
Le dernier cas nous a posé plus de problèmes! Dans un chapitre, toute l’action se concentre autour du divan du salon. Selon tous les dictionnaires, y compris Antidote, un divan n’a ni accoudoirs, ni dossiers. Ce que nous avons, pour la plupart, dans nos salons, ce sont des canapés. En temps normal, ce changement ne m’aurait pas dérangée… mais il s’adonne que le titre prévu pour ce premier tome était : « Sous le divan ».

Il faut l’avouer, « Sous le canapé », ça n’a pas la même connotation. Ça sent l’importation française à plein nez! Le problème a dû être monté jusqu’aux « grands druides » tout en haut de la hiérarchie. Ils ont trouvé plusieurs instances du mot « divan » utilisé dans le même sens que moi dans des articles journalistiques crédibles. C’est finalement le précédent créé par Nadine Descheneaux par sa série « les secrets du divan rose », qui a rendu la chose acceptable. Au prochain Salon du livre, faites-moi penser que je dois une bière à Nadine!

Je peux donc annoncer officiellement que le premier tome du Gardien des soirs de bridge s’intitulera « Sous le divan »!

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Auteurs jeunesse et vedettariat

illustration de PianoBrad sur openclipart.orgDans le dernier mois, j’ai reçu la même question surprenante de deux enfants différents. Si je ne me souviens plus très bien des mots utilisés par la deuxième, la première question m’avait frappée, et la voici dans toute son exactitude :

« Est-ce que tu es capable de faire ton épicerie? »

J’ai d’abord cru que c’était une question monétaire, mais non, elle me demandait si je pouvais vaquer à mes occupations incognito, ou si j’étais, partout, assaillie de demandes d’autographes et de selfies, comme une star d’Hollywood!

Pour toute réponse, je lui ai demandé quel était son auteur préféré (c’était Catherine Girard Audet), puis lui ai demandé si elle la reconnaîtrait dans la rue. Elle a dû avouer que non. À part India Desjardins, Brian Perro, et peut-être Annie Groovie, je ne pense pas qu’aucun auteur jeunesse québécois se fasse reconnaître en pleine rue. Nos livres sont connus, mais pas nos visages. Pour une telle reconnaissance, il faut passer à la télé en heure de grande écoute. Tout le monde en parle est possiblement le plus grand créateur de vedettes au Québec, et on ne peut pas dire qu’ils invitent souvent des auteurs jeunesse sur leur plateau.

Puis, je suis allée à Toronto, pour les prix de la forêt de la lecture. Et soudainement, tous les auteurs jeunesse étaient des vedettes! Nous devions être environ une 15aine d’auteurs Québécois et tout était en place pour que nous nous sentions spéciaux! Tout d’abord par le traitement que nous réservaient les organisateurs : transport en avion et hôtel 4 étoiles payés, cocardes spéciales pour nous identifier comme nominés, et accueil chaleureux. Une des volontaires avait même amené une valise complète de livres à nous faire signer.

Mais encore plus le traitement que nous réservaient les jeunes! Lors de la cérémonie de prix, une foule complète acclamait la présence de chaque auteur sur scène à grands cris. Dans les corridors, les têtes se tournaient, et nos noms étaient chuchotés derrière nos dos. Lors de la séance de signature, nous avons tous eut droit à des files d’attente interminables de jeunes excités d’avoir nos autographes. Il aura suffi de quelques passeurs extraordinaires pour allumer des milliers de jeunes à la lecture, et faire de nous quinze des vedettes instantanées.

On rit toujours un peu, entre auteurs, du cirque médiatique lorsqu’une vedette écrit un livre jeunesse. En revenant de Toronto, je me demande soudain si les médias ne prennent pas le phénomène à l’envers : ils pourraient eux-même transformer les auteurs jeunesse en vedettes à la place! Ça leur en ferait plus! C’est possible, je l’ai vu à Toronto.

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Victor chez l’APFUCC

ScreenHunter_01 May. 10 15.03Mais qu’est-ce que c’est que cet acronyme, me direz-vous! Il s’agit de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens, et, grand honneur pour moi, mes livres seront discutés lors de leur prochain congrès, à la fin du mois, à Ottawa.

Vous pouvez découvrir le programme général ici.

Et le programme plus complet en pdf ici.

Dans l’atelier 10, intitulé « Les pouvoirs de la littérature jeunesse », la conférence suivante est listée :

Pierre-Alexandre Bonin, « De la nécessité du sacrifice en littérature jeunesse : dilemmes et libre-arbitre dans ‘Victor Cordi’ et Tobi Lolness » 

Eh oui! Vous avez bien lu! Le nom de mon Victor dans la même phrase que celui de Tobi Lolness, possiblement LE MEILLEUR livre jeunesse jamais écrit, du moins, selon moi! L’honneur est immense! Mais au-delà de ça, il m’a également permis de discuter en profondeur de mes livres avec quelqu’un qui s’y connait, et pas qu’un peu!

J’ai rencontré Pierre-Alexandre Bonin à la librairie Monet, où j’étais venue faire une animation scolaire. Lui-même y est libraire jeunesse, un vrai, un passionné. Il en lit, il en mange, il s’y penche en profondeur, et il écrit des articles dans diverses publications sur le sujet. Et il donne des conférences. L’idée est donc de lui, et il m’a contactée il y a quelques mois pour me parler de cette conférence à l’APFUCC. Nous avons échangé quelques courriels pour valider de ses hypothèses. Voici quelques extraits de cette correspondance, pour vous donner une idée du ton!

Moi : Je ne sais pas si l’idée des difficultés pour le héros est moderne, quand on repense aux grands classiques (Rémi sans famille, ou Little Princess), les héros traversent des moments de grande misère!

Pierre-Alexandre : Je suis d’accord avec toi, mais j’ai plutôt l’impression qu’on est peut-être plus dans le misérabilisme ou dans l’émotion constante que dans le véritable sacrifice. Et je me demande si cette littérature jeunesse « classique » n’est pas justement fondée sur l’absence de libre-arbitre de l’enfant. Et si les fictions pour la jeunesse, comme Victor Cordi et Tobi Lolness ne sont pas une réponse à cette absence.

Moi : Pour Tobi, il faudrait que je le relise, c’est trop loin dans ma mémoire. Je me souviens qu’il a de grands moments de fuite et de survie, et qu’il va devenir entièrement passif (chez le peuple du sol) avant de prendre consciemment la décision de s’impliquer dans le T.2. Mais il peut certainement y avoir fuite ET libre-arbitre. Je ne crois pas que les deux soient mutuellement exclusifs.

Pierre-Alexandre : Chez Fombelle, on sent vraiment que c’est un moment pour Tobi de se recentrer, de réfléchir et de planifier. Dans le cas du peuple du sol, j’y vois aussi un avertissement de la part de Fombelle aux lecteurs : oui, c’est facile de laisser tomber le combat, de se laisser aller, mais il y a des conséquences à cette attitude et il vaut mieux faire face et combattre, plutôt que de simplement abandonner par appât de la facilité.

Bref, un grand plaisir intellectuel que cette discussion! Un peu comme deux entomologues qui se rencontrent et peuvent enfin discuter de fourmis pendant des heures sans ennuyer les autres!

 

Je ne doute pas que la conférence de Pierre-Alexandre sera hyper intéressante. Mon seul regret est de ne pouvoir y aller en tant que mouche sur le mur, pour écouter tout ce qu’il va dire!

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Les illustrations de l’Encyclopédie du merveilleux urbain

À l’occasion du Salon du livre de Québec, Anouk Lacasse et moi avons eu le privilège d’être interviewées sur scène par Marc Proulx au sujet de notre Encyclopédie du merveilleux urbain. Pour l’occasion, Anouk avait pris le temps de noter sa démarche sur papier, histoire de mettre de l’ordre dans ses idées avant l’entrevue. Elle a eu la gentillesse de me faire parvenir le texte en question, et je vous l’offre donc aujourd’hui, en tant que billet de « blogueuse invitée » !

Texte de Anouk Lacasse :

ScreenHunter_02 May. 03 19.29Chers amis du merveilleux, j’aimerais vous parler de mon rôle d’illustratrice et de graphiste dans la création de l’Encyclopédie.

C’est d’abord à partir des textes originaux de l’auteur Annie Bacon que j’ai élaboré les différents personnages et univers de tous les peuples du merveilleux urbain. Bien sûr, beaucoup de documentation et de recherches ont été nécessaires à la création des images. Si j’ai pris plusieurs mois pour réaliser tout le visuel du livre, le projet entier s’est échelonné sur 4-5 ans, avant de voir le jour dans les librairies.

ScreenHunter_04 May. 03 19.30Mais revenons aux illustrations. Les dessins sont un beau mélange de crayonnés faits à la main, d’aquarelle et d’infographie. Les personnages sont inspirés des représentations classiques, que j’ai transformées pour leur donner un caractère actuel, adapté à la vie urbaine. Vous remarquerez que les fées d’abribus ont des ailes en parapluie, que le troll de viaduc a un look plutôt hip-hop, et que les gobelins d’égout portent des lampes frontales…

Pour chaque peuple, j’ai aussi créé une atmosphère particulière, avec une typographie et des éléments spécifiques à chaque peuple. Les décors sont un reflet de ma ville, de mon environnement. Par exemple, la ruelle des farfadets s’inspire de Limoilou, alors que les craques de bitume illustrent les dommages que causent les Duegards de trottoirs. La tôle rouillée utilisée en page couverture vient d’en arrière de chez nous . Vous auriez dû me voir partir avec mon appareil photo à la recherche de preuves « véritables » de la présence de ces petits êtres parmi nous !  D’ailleurs, pendant que je dessinais sur mon balcon, j’ai eu droit à un concert de glands qui rebondissaient sur les capots de voitures, orchestré merveilleusement par… les faunes-écureuils !

ScreenHunter_03 May. 03 19.30

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Signatures chez Bric-à-brac!

Pour fêter la sortie du coffret du premier cycle de Victor Cordi, ainsi que le premier livre du deuxième, plutôt qu’un lancement dans les règles,  je fais une séance de signature en librairie!

Ce samedi 2 mai
à la librairie Bric-à-brac
de 15h à 17h! 

Le tout s’est arrangé au détour d’une publication Facebook! Je suis doublement contente de l’opportunité, puisque, d’un côté, ça me permet de souligner la sortie du sixième Victor Cordi, et de l’autre, ça me permet de visiter cette librairie Montréalaise qui se spécialise en littérature jeunesse et que je voulais aller visiter depuis longtemps!

bricabrac

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sera ma première séance de signature en librairie! J’ai déjà signé des livres dans d’innombrables salons du livre et salons scolaires, mais jamais au point de vente. J’ai bien hâte de voir comment le tout va se passer.

Il va de soi que vous êtes les bienvenus si vous voulez venir me dire un petit bonjour!

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Victor est arrivé en librairie!

Victor 6Ça y est! Le premier livre du deuxième cycle de Victor Cordi, ainsi que le coffret des quatre premiers tomes sont arrivés en librairie vendredi dernier! Voici les liens pour les trouver en ligne, ou pour vérifier l’inventaire près de chez vous!

Victor Cordi cycle 2, livre 1 : La première attaque

Leslibraires.ca
Archambault.com
Renaudbray.com

Victor Cordi, coffret du premier cyclejaquette
Leslibraires.ca
Archambault.com
Renaudbray.com

J’ai une deuxième annonce pour vous, mais je garde le suspense jusqu’à demain! Revenez sur le blogue!

 MISE À JOUR: la surprise? Je serai en signature à la librairie Bric-à-brac samedi 2 mai de 15 à 17h! 

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Mine de rien, j’ai écrit un autre livre

writeforfoodPendant tout le mois de mars, mine de rien, j’ai écrit un livre. Je n’ai pas continué les chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, ni commencé un huitième Victor Cordi. Pendant le mois de mars, j’ai écrit un livre-sur-commande.

Il existe deux modèles économiques complètement différents dans l’univers du livre. La plupart des ouvrages commencent dans la tête d’un auteur, qui prend le risque de l’écrire, puis le propose à un éditeur, qui le publie et verse à l’auteur des redevances de 10% du prix de vente.

Mais parfois, l’éditeur a des besoins précis. Un livre, un sujet, et, bien souvent, avouons-le, un marché, en tête. L’auteur peut alors être engagé comme le serait un pigiste, pour écrire le livre. Ce dernier reçoit alors un montant fixe pour son travail, et, une fois le manuscrit remis, il sera très peu impliqué dans les autres étapes. Ce ne sont pas des livres qu’on signe en salon, ce sont des contrats qui, une fois terminés, sortent entièrement de notre contrôle, et sur lequel nous ne recevrons rien de plus, quels que soient les chiffres de vente.

22histoiresnoelCe qui ne veut pas dire que nous n’avons pas de plaisir à les écrire, ni que nous ne pouvons en être fiers! Le livre 22 histoires de Noël que vous trouverez dans ma page publication était une commande semblable, et j’y ai inclus quelques poèmes en rimes qui m’ont remplie de bonheur.

Je ne sais pas ce que j’ai le droit de dévoiler sur celui que je viens de terminer, alors je dirai seulement ceci : c’est un album illustré avec tirettes, et je me suis bien amusée à l’écrire! Je suis très satisfaite du résultat, et j’ai bien hâte de le voir illustré, comme n’importe quel autre livre que j’aurais écrit. Je vous en reparlerai lorsqu’il sortira, mais d’ici là, motus et bouche cousue!

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Ma mère

photo m'manTous les soirs de mon enfance, ma mère s’est installée dans le lit de mon frère pour nous faire la lecture du soir à tous les deux. Albums, grand-livre-pour-piger, bandes dessinées, tout y est passé. Elle qui se croyait peu créative, elle avait une voix différente pour chaque Schtroumpf.

Des années plus tard, elle a offert à mes propres enfants la même attention et la même énergie que celle à laquelle j’avais eu droit. Elle qui se croyait sans imagination, je l’ai surpris à maintes reprises à leur inventer des histoires impossibles pour leurs petshops ou leurs toutous.

Elle se savait sportive, avec raison. C’est elle qui m’a appris à lancer une balle de base-ball, à nager la brasse, à plonger du tremplin. Elle a montré à trois de ses petits-enfants à skier, encourageant les plus timides, et retenant les plus téméraires avec un harnais. Soixantenaire, elle n’hésitait pas à monter en ski nautique (un seul ski, oui madame), juste pour prouver qu’elle en était encore capable.

Elle se savait excellente gestionnaire, aussi. Ses employés à la Banque Nationale (jusqu’à 300 dans les dernières années) l’ont tous adoré. Elle le leur rendait bien. Ce don pour l’organisation se faisait sentir à chaque fois qu’elle recevait. Ma mère aimait les maisons pleines. Amenez-en de la visite! Petit général de 4 pieds 11, lorsqu’elle prenait les choses en mains, tout roulait au quart de tour.

Ma mère n’hésitait jamais à faire passer les autres avant elle. Généreuse à l’extrême, elle se serait fendue en quatre pour ses enfants, ses petits-enfants, son amoureux, ses amis, sa famille.

Elle était forte, courageuse, résiliente.

Elle qui se croyait sans flamboyance, elle aurait fait une parfaite héroïne de roman.

Ma mère s’est éteinte hier, à 67 ans, suite à une bataille de deux mois contre la leucémie.

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Que d’excitation dans l’air!

Ça y est, c’est reparti pour de vrai! Courte Échelle a publié son communiqué de presse, ils ont remis leur site internet à jour, et les premières sorties sont annoncées! Mon Victor a d’ailleurs une place de choix dans leurs communications!

Page d'accueil du nouveau site internet!
Page d’accueil du nouveau site internet, avec Victor bien en évidence!

Mes Victors (Coffret regroupé du cycle 1 et premier livre du cycle 2) en profitent pour recevoir une date officielle de sortie : 17 avril. Mais ils ne sont pas seuls! je vous invite fortement à jeter un coup d’œil sur les autres titres qui sortent : 2 nouveaux « Petits dégoutants » d’Élise Gravel, ainsi que le troisième « Les voleurs de… » d’André Marois, bref, dont le premier tome avait été couronné par le prix des libraires. Bref, que du bon!

nouveautes copy

Les médias se sont d’ailleurs déjà emparés de la nouvelle! J’ajouterai les articles à la liste au fur et à mesure qu’ils apparaissent (billet vivant!)

Et en plus de tout ça (et du printemps!) c’est le Salon du livre de Québec cette semaine! Et après plusieurs petites présences « aller-retour » à d’autres salons, voilà que je ne fais pas une, pas deux, mais bien trois jours de signature! Vous pourrez me retrouver au kiosque de courte échelle ET de Boomerang, en plus de me voir en entrevue sur la Scène des rendez-vous littéraires en compagnie d’Anouk Lacasse, ma merveilleuse illustratrice de l’Encyclopédie du merveilleux urbain. Horaire de tout ça ci-dessous!

unnamedJeudi:
10h à 11h30 Kiosque Boomerang (152)
13h10 à 13h20 Scène des rendez-vous littéraires
13h30 à 15h30 Kiosque Boomerang (152)

Vendredi:
10h à 11h30 Kiosque Boomerang (152)
11h30 à 13h30 Kiosque La Courte Échelle (12)
15h à 17h Kiosque La Courte Échelle (12)

Samedi:
10h à 11h30 Kiosque La Courte Échelle (12)

Et finalement, j’ai bien failli l’oublier, j’enregistre un extrait de Victor Cordi Cycle 2, Livre 1: la première attaque pour Sophielit!

Fiouf! Grosse semaine en vue!

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La question qui tue

illustration de studio_hades prise sur openclipart.orgAu Salon du livre de Trois-Rivières samedi dernier, une petite d’environ 6-7 ans m’a posé la question qui tue, celle pour laquelle je suis sans réponse. Je venais de lui décrire mon Encyclopédie du merveilleux urbain, et de lui expliquer qu’il fallait lever les pieds lorsqu’on passe sous un viaduc pour ne pas qu’un Troll nous enlève un orteil, ou encore de lui décrire les amours passagères des fées d’abribus et des chauffeurs d’autobus de ville, je ne sais plus. Elle a levé vers moi des yeux remplis de toute la confiance qu’ont les petits envers les paroles des adultes pour me demander :

« Est-ce que c’est vrai? »

Je ne peux pas lui répondre que non, j’invaliderais ainsi tout mon livre dans lequel j’ai fait exprès de mettre le plus de détails pointus possible pour que le tout soit crédible.

Mais je me trouve incapable de lui dire que oui. Dans un livre, je mets tout ce que je veux, j’invente, je fabule, d’extrapole. En personne, il m’est impossible de mentir de bonne foi.

J’ai balbutié quelque chose, qui ressemble sans doute à cette chanson de Mathieu Boogaerts et Vincent Delerm que j’aime tant. Elle a paru satisfaite, je suis restée troublée.

Où se trouve la ligne entre « faire rêver » et mentir?  Entre une complicité de fantaisie et une trahison de confiance?

C’est mon mari qui m’a fourni une réponse à mettre dans ma poche pour la prochaine fois. Il m’a proposé très finement de retourner la question. Se pencher vers l’enfant, le regarder bien dans les yeux, et lui demander : « toi, qu’est-ce que tu en penses? »

Je l’essaie et je vous en reparle!

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