La question qui tue

illustration de studio_hades prise sur openclipart.orgAu Salon du livre de Trois-Rivières samedi dernier, une petite d’environ 6-7 ans m’a posé la question qui tue, celle pour laquelle je suis sans réponse. Je venais de lui décrire mon Encyclopédie du merveilleux urbain, et de lui expliquer qu’il fallait lever les pieds lorsqu’on passe sous un viaduc pour ne pas qu’un Troll nous enlève un orteil, ou encore de lui décrire les amours passagères des fées d’abribus et des chauffeurs d’autobus de ville, je ne sais plus. Elle a levé vers moi des yeux remplis de toute la confiance qu’ont les petits envers les paroles des adultes pour me demander :

« Est-ce que c’est vrai? »

Je ne peux pas lui répondre que non, j’invaliderais ainsi tout mon livre dans lequel j’ai fait exprès de mettre le plus de détails pointus possible pour que le tout soit crédible.

Mais je me trouve incapable de lui dire que oui. Dans un livre, je mets tout ce que je veux, j’invente, je fabule, d’extrapole. En personne, il m’est impossible de mentir de bonne foi.

J’ai balbutié quelque chose, qui ressemble sans doute à cette chanson de Mathieu Boogaerts et Vincent Delerm que j’aime tant. Elle a paru satisfaite, je suis restée troublée.

Où se trouve la ligne entre « faire rêver » et mentir?  Entre une complicité de fantaisie et une trahison de confiance?

C’est mon mari qui m’a fourni une réponse à mettre dans ma poche pour la prochaine fois. Il m’a proposé très finement de retourner la question. Se pencher vers l’enfant, le regarder bien dans les yeux, et lui demander : « toi, qu’est-ce que tu en penses? »

Je l’essaie et je vous en reparle!

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Et je signe avec…

En septembre, j’ai eu une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour écrire le premier tome d’une série s’intitulant Le gardien des soirs de bridge. Mon plan était de l’écrire au complet, peinard, et de prendre mon temps pour lui trouver un éditeur. Puis, Courte Échelle a fait faillite, réduisant mes livres à publier pour 2015 à zéro! Paniquée, j’ai appuyé sur l’accélérateur pour trouver un éditeur à mon nouveau manuscrit, même s’il n’était pas terminé.

J’ai envoyé le document de concept utilisé lors de la demande de bourse ainsi que les 10 premiers chapitres (mes chapitres sont courts!) à quelques éditeurs. La décision s’est prise assez rapidement, même si je ne vous la dévoile qu’aujourd’hui :

J’ai signé avec les Éditions Druide

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Pour les profanes, il s’agit de la filiale édition de Druide Informatique, bien connu pour leur logiciel de correction Antidote. J’ai tout de suite adoré leur approche, qu’ils qualifient eux-mêmes de « boutique », au sens de « boutique-hôtel », donc personnalisée, proche de leurs auteurs, et qui allient qualité et petite taille d’entreprise.

Ils publient très peu de titres en jeunesse. Ils ont, pour le moment, seulement deux séries de romans, soit Destination Monstroville, et Ce livre n’est pas un journal intime, ainsi qu’un seul album, Millie Rose, qui vient tout juste de paraître. C’est tout un honneur que de voir un de mes titres s’ajouter à cette liste restreinte!

Le Gardien des soirs de bridge sortira donc avec eux cet automne. Je vous en dévoilerai certainement plus au fil des mois d’ici là! À commencer, si tout va bien, par le choix d’illustrateur dans les prochaines semaines.

 

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4 Victors pour le prix de 2!

C’est une surprise que je gardais dans ma manche depuis l’automne. Une surprise que j’ai bien crue serait perdue avec la faillite. Mais non! Elle est apparue sur les sites de librairies en ligne, avec la mention 25 mars, exactement comme le premier livre du deuxième cycle : la première attaque.

J’annonce donc ceci :

Un coffret Victor Cordi!

Il s’agit en fait des quatre premiers livres, le premier cycle au grand complet, regroupés par une simple jaquette papier, et vendu au joli prix de 29,95$ pour les quatre! Le titre du cycle : La clé du Finnglasik. Parce que « le cycle de la grand-mère » comme je l’ai toujours appelé dans ma tête, ça ne fait pas très punché!

La jaquette en question, illustrée par Mathieu Benoit :

jaquette

Et les quatre livres que le coffret regroupe :

Victor Cycle 1

Non, mais, ce n’est pas une belle manière de découvrir la série?

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Le retour de Victor Cordi!

On m’a parlé du 11 mars, puis du 25, puis du 1er avril. La date est toujours incertaine,  mais une chose, elle, ne l’est plus :

Victor Cordi Cycle 2, Livre 1 : la première attaque
arrivera en librairie dans les prochaines semaines.

Terminé le cauchemar de la faillite! Les affaires de Courte Échelle reprennent, et l’attente pour ce sixième tome de la série sera bientôt terminée.

Un petit récapitulatif de ce que je vous en avais dit à l’automne :

Un premier billet avait récapitulé les titres de la série et offert une première vue de la page couverture, que je remets ici, pour le plaisir de vos yeux (illustration : Mathieu Benoit)

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Dans un second billet, je vous avais dévoilé deux nouveaux peuples d’Exégor qui seront importants dans ce deuxième Cycle, soit les Ghorix, et les Pachinks.

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Et j’annonçais finalement le dévoilement, une semaine plus tard, d’une surprise!

Je reprends exactement où j’avais laissé en vous ré-annonçant que cette même surprise serait dévoilée… la semaine prochaine! Pour patienter, et pour fêter le retour de Victor, je procéderai à un tirage sur ma page Facebook d’auteur cette semaine! Surveillez le tout!

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Écrire sur un lieu que l’on connait

320px-Bibliotheque_Plateau-Mont-Royal_04Avec les chroniques postapocalyptiques d’une enfant sage, pour la première fois dans mon écriture, le lieu où se passe l’action est un lieu existant. Mieux encore, c’est un endroit que je connais comme le fond de ma poche, soit la bibliothèque du Plateau Mont-Royal et ses environs.

Alors pour la première fois de ma vie, plutôt que d’inventer, je décris. Et je dois avouer que c’est plutôt agréable! Je ferme les yeux et vois facilement le coin lecture des tout petits, je sais exactement où se trouvent les téléphones, la hauteur du comptoir, le revêtement du plancher.

Si mon personnage sort à l’extérieur, je connais par cœur la place du métro juste en face, le parc quelques mètres plus au nord, la pharmacie au coin. Lorsque j’ai eu besoins d’un restaurant de quartier, je suis allée sur Google Maps pour trouver exactement ce dont j’ai besoin aux coins des rues St-Andrée et Marianne.

J’ai même pris la peine de nommer ces deux rues dans le manuscrit. Les gens qui connaissent le coin seront heureux de les retrouver, et pour les autres, leur présence donnera un sens plus réel à l’histoire.

C’est la première fois que je tente cette technique, et ce n’est pas impossible que j’y prenne goût!

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Auteur Vs Startup

Les entrepreneurs du film The social networkMon mari est un entrepreneur en série, qui en est à monter sa deuxième startup technologique. À force d’échanger sur nos métiers respectifs, on en est venu à les trouver très similaires… à quelques grandes différences près. Il est intéressant de comparer les deux manières de fonctionner, pour voir si nos industries ne pourraient pas apprendre une de l’autre.

Les similitudes :
Au tout début, le processus est le même : l’auteur et l’entrepreneur partent de leur idée personnelle, et l’amènent le plus loin possible par eux-mêmes (ou à deux-trois dans le cas des startups). Cela veut dire un manuscrit complet pour l’auteur, et bien souvent un prototype pour l’entrepreneur.

Avec ce manuscrit/prototype en main, ils partent tous deux à la recherche d’un partenaire qui permettra de pousser le travail jusqu’à sa commercialisation. Un éditeur pour l’auteur, un investisseur en capital de risque (un peu comme les Dragons de l’émission télé) pour les entrepreneurs. Dans les deux cas, ils frappent à plusieurs portes, et choisissent selon des critères semblables : saura-t-il m’aider efficacement? A-t-il la même vision du projet que moi?

Là où les chemins se séparent :
L’auteur donnera son projet entièrement à l’éditeur, qui le transformera en produit commercial. L’auteur tiendra alors plutôt un rôle de consultant créatif, puis de figure de proue pour la vente à travers les animations scolaires et les séances de signatures. Il aura droit à 10% des revenus générés par la vente des livres.

L’entrepreneur pour sa part, se verra offrir un montant d’argent en échange d’une participation dans la startup et partira de son côté bâtir une équipe et commercialiser le projet. L’investisseur utilisera son réseau et ses connaissances pour appuyer l’entrepreneur, mais il sera de la responsabilité complète de l’entrepreneur de mener l’entreprise à bien. L’investisseur ne touchera rien des profits au jour le jour, mais lors d’une vente de la startup, il aura droit à sa part financière liée à sa participation (son nombre d’actions) dans la startup. L’entrepreneur, lui, se sera payé un salaire à même l’apport financier de l’investisseur et les revenus de l’entreprise, et prendra le reste du pourcentage lors de la vente de l’entreprise.

L’avantage de chacun :
L’avantage de l’auteur est de pouvoir se concentrer sur un nouveau projet immédiatement, et d’ainsi multiplier ses chances d’un succès. Celui de l’entrepreneur est de pouvoir garder un grand contrôle sur le sort de son idée, et de se payer un salaire jusqu’à ce qu’il y ait succès ou échec.

Et maintenant, la partie intéressante de ce long billet :

Imaginons un amalgame des deux :
Imaginons que les éditeurs donnent un montant d’argent à l’auteur pour que celui-ci se paie une direction littéraire, révision, illustrations et infographie. Il deviendrait alors une sorte de « réalisateur » de son livre.

Imaginons, de l’autre côté, que l’investisseur prenne l’idée de l’entrepreneur sous son aile, et offre une équipe de codeurs, développeurs, équipe de vente et autre pour la compléter.  Il pourrait ainsi partager son équipe entre les différents projets qu’ils épaulent et l’entrepreneur pourrait, de front, veiller au bon développement de son projet, et en partir un nouveau.  En fait, c’est une si bonne idée que ça existe déjà!

 

Je ne dis pas que l’une ou l’autre méthode serait mieux que le statu quo actuel. J’aime juste l’exercice mental d’imaginer les choses autrement… et d’en discuter avec vous!

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Les chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage 

diorama Lori NixÇa fait longtemps que j’en parle. La première mention date de février 2013, d’un billet dans lequel je récapitulais tous mes projets.

Mais cette fois-ci, ça y est, je me suis mise à son écriture. J’ai une douzaine de pages, et l’intention ferme de me rendre au bout de l’histoire.

L’idée m’est venue lors de ma réflexion sur la disparition des enfants sages en littérature jeunesse. Cette jeune fille m’est alors apparue. Mal dans sa peau, obéissante, rigide, mais aussi courageuse et résiliente. Après une catastrophe soudaine qui anéantit la majorité de la population mondiale, elle se réfugie, seule, dans une bibliothèque.

Pendant longtemps, c’est tout ce que j’avais : cette fille, dans cette bibliothèque. Peu à peu, des détails de son mode de vie me sont venus, puis des scènes entières se sont construites. La difficulté, c’est que je marche loin des sentiers que j’ai l’habitude de fréquenter. Il n’y a pas de quête, pas de magie, pas d’aventure. Juste une petite histoire de survie, tout en ambiance et en émotions.

Je vous laisse sur le premier paragraphe :

« Montréal n’est plus que ruines. Au centre-ville, les hautes tours gisent en piles informes, réduites à leurs plus petites composantes telles des constructions Légos retournées à la hâte dans leurs bacs d’origine. Pas un bruit, si ce n’est quelques hurlements de systèmes d’alarmes qui ne sonnent pour personne. La poussière est à peine retombée; les rats se terrent encore. Dans une rue du Plateau Mont-Royal, une fille de treize ans marche, tirant derrière elle une valise bleue. »

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Avec ou sans sérif?

ScreenHunter_01 Jan. 31 07.41Produire un livre est une aventure toujours différente, d’un éditeur à l’autre. Cette semaine, j’ai eu droit à une expérience tout ce qu’il y a de plus nouvelle, alors que mon éditeur pour Les gardiens des soirs de bridge m’a invitée à participer à la création de la maquette graphique de mon livre.

La maquette est l’ensemble des règles qui régira l’intérieur du livre : la police de caractère, les marges, l’interligne, l’emplacement des entêtes de chapitres, le positionnement des images et quelques autres codes du genre.

Au début, je me sentais presque dépassée par toutes ces questions. Mais je me suis tranquillement réchauffée à l’idée de participer à cet aspect de mon livre, et me suis mise à donner mon opinion, pointant ce que j’aimais, et ce que je trouvais moins approprié pour mon livre dans les exemples présentés par la graphiste.

Mais je me suis vraiment excitée à l’idée d’une maquette graphique lorsque mon éditrice a mis le doigt exactement sur ce que je voulais : « Tu voudrais que le côté savant fou, le côté merveilleux, ressorte? ». OUI! C’EST ÇA!!!!

Et soudainement, l’idée que des polices de caractères, des marges et des interlignes puissent diriger l’esprit du lecteur vers des concepts aussi abstraits m’a enchantée. J’ai eu l’impression que l’experte graphiste devant moi avait un pouvoir spécial : elle peut représenter l’esprit d’un livre en décidant comment placer les lettres, peu importes les mots que ceux-ci forment.

À bien y penser, dans notre décision d’achat, nous ouvrons systématiquement le livre désiré pour en regarder les pages intérieures, sans lire un seul mot, juste pour regarder comment cette fameuse maquette graphique nous interpelle. Pour voir si on s’y sentira confortable pendant notre lecture.

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Un examen nommé Victor!

examen2Drôle de découverte, cette semaine, dans une classe de 5e année. Alors que je parlais de mes livres, un des élèves se met à me poser des questions très précises :

– Est-ce qu’il est question de sa grand-mère?

– Est-ce que le père de Victor s’appelle François?

– Est-ce qu’il met un jeu vidéo sur pause en cachette quand ses parents lui demandent de le fermer?

Oui, oui, et oui. J’ai d’abord cru qu’il avait lu le livre il y a longtemps, et tentait de vérifier si c’était bien le bon. Mais les questions posées n’étaient certainement pas les choses qu’un lecteur aurait retenues du livre entier. On me demande habituellement plutôt : « c’est le livre avec le monsieur à 5 bras? »

Alors, tout sourire, l’élève a déclaré fièrement : On a fait un examen dessus!

Au tour du professeur, d’être aussi étonnée que moi! Elle a fouillé dans ses papiers, et a trouvé, comme de fait, un examen de compréhension de texte, tiré du manuel scolaire Arobas, qui portait sur le premier chapitre de l’Anomalie Maléfique, premier tome de Victor Cordi.

J’ai commencé par en être flattée : mon texte a été choisi, parmi tant d’autres, pour un manuel scolaire.

Ensuite, plutôt amusée, je me suis excusée auprès de tous les élèves qui auraient trouvé l’examen difficile.

Finalement, un peu agacée : ils ont utilisé mon texte sans me demander la permission. Il faut s’avoir que les auteurs sont possessifs. Ce sont NOS livres.

Je me suis donc renseignée sur le processus habituel en envoyant des courriels aux principaux intéressés. Il semblerait donc que :

  1. L’éditeur du manuel scolaire demande la permission de l’éditeur du livre.
  2. Selon son contrat avec l’auteur, l’éditeur du livre demande à son tour la permission à l’auteur… ou pas.
  3. La présence de compensation monétaire est ensuite une question de négociation entre l’éditeur du livre et l’éditeur du manuel scolaire.

Il semblerait donc qu’Erpi ait reçu la permission de Courte Échelle en juillet dernier, et que ce dernier n’ait juste pas pensé à m’en informer.

Dossier clos, qui me permet de revenir aux deux premiers sentiments : soit d’être plutôt flattée que mon texte ait été choisi, et d’autant plus amusée que la professeure a eu la gentillesse de me faire des photocopies qui m’ont permis de voir les questions posées sur mon texte!

Je pense que j’aurais eu tout bon!

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Le retour de… la pige

Je n’en avais pas fait depuis trois ans. Avec la faillite de Courte Échelle, je m’étais demandé si je ne devrais pas relancer quelques-uns de mes anciens clients, histoire de palier la perte de revenu. Puis, avec l’achat de Courte Échelle et la promesse de nos droits d’auteurs, le besoin s’est fait moins pressant, et je n’ai pas bougé. J’ai plutôt pris la fin de l’automne pour débuter deux nouveaux projets, presque trois, même.

Puis un contrat est tombé du ciel.

 Il a eu un peu d’aide, c’est une amie auteure qui leur a donné mon nom. Un contrat d’écriture plutôt que de Game Design, ce qui fait bien mon affaire. Un gros contrat, aussi, qui risque de m’occuper tout le printemps.

Le timing ne pourrait pas être meilleur:

  • Tant que je n’ai pas de nouvelles de Courte Échelle, je n’ai pas de « deadlines » pour un nouveau Victor Cordi, et suis donc libre de mon temps.
  • J’ai déjà suffisamment de projets dans les airs pour ne pas craindre de manquer de publications à moyen terme.
  • Même si nos droits d’auteurs de 2013 seront payés, la faillite de Courte Échelle m’a également privée de deux publications dans la dernière année, et celle de Benjamin a mis un sérieux frein dans les ventes des livres déjà publiés. J’ai une importante perte de revenus à compenser.
  • Après trois ans à ne vivre que de l’écriture (droits d’auteurs et animations scolaire), le coussin financier laissé en héritage par  mon père commence à baisser.

Il faut l’avouer, pour un auteur aux revenus précaires (pléonasme!), avoir un coussin est toujours une bonne idée! Me faire mercenaire pour les prochains mois me permettra de renflouer le mien.

Je suis chanceuse en plus: l’équipe est sympathique, le projet est créatif, et les demandes en temps sont moins grandes en février, ce qui devrait me laisser juste le temps de terminer le Bestiaire du merveilleux urbain commencé en décembre, et la direction littéraire prévue sur le Gardien des soirs de bridge.

Des mois occupés en perspective!

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