Une mauvaise critique assumée

Les mauvaises critiques, ça fait partie du métier. Même les plus grands succès en reçoivent. C’est normal : les lecteurs n’ont pas tous les même goûts. Pour les auteurs, parfois, ça fait mal. On se sent incompris, on trouve les reproches injustifiées et on développe des envies de positions fœtales.

Cette semaine, pourtant, j’en ai reçu une avec laquelle je suis tout à fait d’accord!

Je l’ai vu sur Babelio. Déjà, ce qui est drôle, c’est qu’elle est apparue quelques jours à peine après que je me sois vantée sur ce blogue que certains de mes livres étaient accessibles à tous et que même les adultes y trouvaient leur compte. Je me fais donc un peu remettre à ma place, ce qui n’est pas mauvais! 

Voici donc la critique en question, qui parle de la Promesse du Fleuve :

« (…)  c’est trop gentillet pour que la lecture soit vraiment agréable et prenante pour les adultes et même les adolescents.

La fin est aussi à cette image, poussant les enfants à faire le bien, à être généreux, à penser aussi aux autres.

Les personnages sont très éclectiques car ils sont tous les rejetés des peuples qu’ils croisent. Tous trop gentils pour être vraiment intéressants pour moi.(…) »

Je lui donne raison, car cette gentillesse, je l’assume entièrement! Je suis une autrice optimiste, qui voit du bon dans chacun de ses personnages. Ils peuvent tous être sauvés d’eux-même, même ceux qui sont remplis de défauts, de préjugés. 

Accablée par le deuil, j’ai tenté, une fois (avec les chroniques post-apocalyptiques), d’écrire un livre plus sombre. Tous les commentaires que j’en ai reçu disent qu’il est lumineux, et plein d’espoir. On ne peut se battre contre sa propre nature.  

Il y a d’excellents auteurs qui jouent avec le côté sombre de la littérature (lisez Patrick Isabelle, lisez Véronique Drouin, et pour les moins jeunes et plus coriaces, lisez Ariane Gélinas!), je ne me sens aucun besoin d’aller jouer sur leurs plates-bandes. 

Si mon créneaux à moi, c’est la gentillesse, je m’y installe avec joie!  

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Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine Saint-Denis

Aussi appelé « Salon de Montreuil » et SLPJ, c’est le plus grand salon jeunesse francophone. J’en entendais parler depuis longtemps, puisque chaque année, une délégation d’auteurs québécois y voyagent. Cette fois-ci, j’y étais! J’écris d’ailleurs ce billet depuis la Gare de Lyon, où je me suis réfugiée dans un café pour attendre mon train. Drôle d’idée, que cette gare non-chauffée en plein mois de décembre (brrrrr!)!

Pour donner un ordre de grandeur, disons que c’est un Salon de la taille de celui de Québec ou de Montréal, mais étalé sur deux étages. L’achalandage est aussi pas mal le même. La plupart du temps, on peine à avancer dans les couloirs. Les parents en poussettes devaient se faire patients (les femmes désirant aller aux toilettes aussi, d’ailleurs!)! La grosse différence est qu’on y trouve que des livres jeunesses, ou du moins pouvant intéresser les jeunes.

Le Salon, vu de la mezzanine, le seul où l’on peut circuler facilement!

Constatation #1 : Étude démographique des visiteurs
Moi qui m’attendais à une succession sans fin de familles avec de jeunes enfants, j’ai été surprise de voir une grande quantité de jeunes adultes (16-24 ans) non-accompagnés. Ils viennent au Salon du livre jeunesse comme d’autres vont au Comiccon : à la recherche d’une dédicace et d’un moment privilégié avec leurs auteurs favoris. De quoi faire mentir tous ceux qui pensent que les adolescents ne lisent pas, et encore plus ceux qui pensent que la littérature jeunesse n’est bonne que pour les enfants!

Nob  en signature

Constatation #2 : Le culte de l’auteur
On sait que les auteurs jeunesse peuvent attirer des foules. Au Québec, il y en a bien quelques-uns qui ont des files de fans devant leur table de dédicace. La surprise, ici, c’est le nombre d’auteurs capable de créer un tel engouement! Des douzaines de kiosques avaient, en tout temps, au moins un, parfois deux-trois, auteurs en dédicace avec de telles files. À avoir eu plus de temps (et de budget), j’aurais bien joint certaines d’entre elles! J’ai tout de même joué les voyeurs en regardant signer, de loin, François Place, Nob, Vincent Villeminot et même Jessica Townsend! Sans compter ceux que j’aurais pu voir avec un peu de planification, puisque j’ai raté Thimothée de Fombelle, Julien Neel, Gilles Bachelet et TANT d’autres!!!

Il y a même des 1eres éditions rares!

Constatation #3 : QUE DE LIVRES!
Il est un adjectif en anglais qui n’a pas de traduction appropriée en français:  humbling, que je définirais ainsi : « qui te met une bonne claque de modestie en pleine face ». C’est ça aussi, le Salon de Montreuil, pour un auteur jeunesse. Tellement de livres! Mieux encore : tellement de BEAUX livres! Il y a de quoi voir son syndrome de l’imposteur rappliquer au galop!

Le lumineux kiosque de PKJ (Pocket Jeunesse)

Constatation #4 : Un peu de poudre aux yeux, ça ne fait pas de tort!
Entre ce Salon, le Japan Expo et le Comiccon de Paris, j’ai fait pas mal d’événements d’envergure cette année. J’en arrive à un constat : les kiosques des salons du livre du Québec manquent de panache! Vendre des livres, n’est-ce pas un peu vendre une ambiance, du rêve? À Montreuil, par exemple, le kiosque de PKJ était décoré d’arches néon sous un toit de toiles transparentes. La table de signature de Lumen prenait la forme d’un château lumineux, et les mangas Ki-Oon avaient de petits décors représentant les univers de leurs plus grands titres. Alors, plutôt que de subir l’invasion des mascottes, les éditeurs pourraient mettre le même budget sur un peu de déco! Autant pour se distinguer les uns des autres que pour pimenter les visites !  Et s’ils pensent que c’est trop coûteux, qu’ils aillent faire un tour à une séance de dédicace à la librairie Bric-à-brac! Ils font chaque fois des miracles avec trois bouts de ficelle.

Table de signature de chez Lumen. Photo piquée sur leur fil Facebook.

Je ne sais que conclure, à part de dire que je n’en pouvais plus après deux jours, et que je serais prête à recommencer demain matin. Comme la plupart des Salons, quoi!

 

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Découverte du « livre familial »

Clémentine Beauvais ne blogue pas souvent, mais lorsqu’elle le fait, c’est toujours hyper intéressant! La semaine dernière, elle a publié un billet dans lequel elle disait, en gros : il existe des « films familiaux », alors pourquoi pas des « livres familiaux », pour ensuite décrire, analyser et tenter de définir ce qu’il est.

Lisez le texte entier, c’est ici!

Il y a quelque chose de jouissif dans cette idée : que l’on puisse lire un livre, partager notre plaisir et en discuter en famille comme on le fait avec les séries télé et les films. Chez nous, on le fait également avec les BD. Je discute des Bergères Guerrières avec ma fille comme je discutais des Thorgal avec mon père étant enfant.  Et les livres…? Mais oui! Pourquoi pas les livres! Comme les albums que l’on lisait tous ensemble avant que notre progéniture ne sache lire… mais cette fois, avec la possibilité aussi de les lire chacun de son côté.

Il aurait été facile de dire qu’il suffit qu’un livre soit bon pour qu’il puisse être familial, ou encore de mettre seulement tous les classiques dans ce bateau. Heureusement, le billet de Clémentine Beauvais va plus loin! Il est d’excellents livres jeunesse qui ennuient les adultes et ravissent les enfants! Comme il est des titres méconnus qui peuvent faire de très bons livres familiaux. Non, la classification est ailleurs.

Je recopie ici son paragraphe qui en liste ses hypothétiques prérequis :

« Par exemple, je crois que le ‘livre familial’, comme le ‘film familial’, entretient un rapport principalement romantique à l’enfance et à l’adolescence, avec des thèmes de prédilection comme la nature, le voyage, la famille (of course) et la littérature; valorise la découverte et l’aventure, une certaine ouverture sur le monde libérale; une esthétique de l’émerveillement ou de la curiosité; est plutôt intertextuel/ interréférentiel et révérend envers les classiques; est stylistiquement d’un registre de langue plutôt élevé, l’esthétique stylisée, métaphorique, le ton spirituel et bienveillant, pas majoritairement cynique; l’humour à différents niveaux (du scatologique au pastiche); et suit des chemins narratifs plutôt bien balisés. Il a tendance à avoir une voix narrative bien définie, souvent une troisième personne focalisation interne, qui incite à la performativité et à l’oralité. Il est publié et distribué commercialement dans une tranche qu’on appellerait ‘mid-brow’ en Angleterre, c’est-à-dire ni snob ni littérature très commerciale, juste entre les deux. »

Il y aurait sans doute place à une grande discussion sur chacun des points, mais mon épiphanie personnelle est surtout que je reconnais certains de mes livres dans cette liste (particulièrement sur l’esthétique de l’émerveillement et le niveau de langue plutôt élevé que me reprochent parfois les professeurs, mais pas du tout sur l’humour à deux niveaux, qui n’a jamais été ma force!). J’ai toujours dit que mes Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage et, plus récemment, La Promesse du fleuve, étaient mes livres les « plus accessibles aux adultes ». J’ai d’ailleurs des mamans qui me disent avoir volé le premier à leur fille et avoir adoré, et une journaliste m’a récemment demandé du deuxième si c’était vraiment du jeunesse, parce qu’elle y avait pris son pied!

Je n’ai jamais trop su qu’en penser, mais désormais, j’ai une réponse si jamais on me demande le public cible : ce sont des romans familiaux, voilà tout!

En post-scriptum, je voudrais ajouter quelques titres que j’affectionne particulièrement à ceux que Clémentine Beauvais cite en exemple de romans familiaux :

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Réflexion de déracinement #2: les petites choses qui tuent

Pour la réflexion #1, c’est par ici! 

On pourrait croire que les différences les plus énormes seraient ceux qui nous marque le plus lorsqu’on vit dans une autre culture. Étrangement, c’est tout l’inverse! L’accent, je ne l’entends même plus, comme je ne remarque plus les grandes différences architecturales. Je ne m’étonne même plus de voir les gens se stationner sur le trottoir, j’ai même déjà tendance à faire comme eux.

Vous voulez savoir ce qui me fait sentir le plus loin de chez moi?

Les feuilles mobiles. Elles ne sont pas lignées de la même manière qu’au Québec, et ça me tue à chaque fois.

Voici la comparaison:

Motif d’une feuille mobile du Québec

feuille mobile canadienne

Motif d’une feuille mobile en France (aussi appelées « copies simples »).

feuille mobile francaise

C’est tout bête, une différence sans importance, mais c’est justement sa mondanité qui lui donne toute sa force. C’est un objet du quotidien que l’on tient pour acquis, que l’on ne remet pas en question… jusqu’à tomber sur une version nouvelle.

Lorsqu’on crée de nouvelles cultures en littérature de l’imaginaire, on s’attarde souvent sur le cérémonial: culte, événements spéciaux, objets d’apparat, etc. Alors que la différence culturelle (ou l’altérité, si vous préférez) peut jaillir de partout, même de l’objet le plus banal.

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La promesse du fleuve au Québec!

promesse du fleuveSi La promesse du fleuve est sorti en France à la mi-septembre, il n’était pas encore disponible au Québec… jusqu’à la semaine dernière! Il a commencé à apparaître sur les tablettes des librairies mercredi dernier, et devrait être facile à trouver partout au moment où vous lisez ces lignes.

Il a aussi commencé à faire parler de lui! Avant même sa sortie, il avait son « oui » des libraires, et un critique dans le magazine du même nom, que je vous mets ci-dessous.

En France, trois critiques sont sorties à ma connaissance, toutes très positives. L’ une d’entre elles le compare même à La Rivière à l’envers de Mourlevat, un de mes romans jeunesse préférés ! Voici les verdict, cliquez sur le nom du blogue pour la critique complète :

« Si nous retrouvons la plupart des péchés humains comme l’orgueil ou la cupidité, c’est bien une promesse que fait ce récit, celle d’un monde meilleur qu’il est possible de se construire…
À lire ! »
Nouveautés Littérature Jeunesse

« L’auteure nous offre un voyage unique, en compagnie de personnages très attachants. La lecture est douce et poétique. C’est un roman jeunesse à mettre entre toutes les mains. »
Rêveurs de mangeurs de papier

« Ce roman est un coup de cœur, je n’ai qu’un seul regret : que le voyage n’ait pas duré plus longtemps! Je vous le recommande chaudement, certains livres changent la manière de percevoir le monde et La promesse du fleuve en fait partie. »
Délivrer des livres 

Bref, un beau début de vie pour ce livre! N’hésitez pas à vous le procurer ou à l’offrir; un peu comme mes Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, il s’agit d’un livres jeunesse plutôt accessible aux adultes!

Bonne Lecture!

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Les vibrants portraits anthropomorphiques de Travis Louie

Ça fait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’art contemporain. Mon obsession actuelle est pour Travis Louie, qui peint des portraits si réalistes qu’on dirait de vieux Daguerréotypes. En plus, les portraits en question représentent parfois des personnes excentriques, parfois des créatures étranges, et, dans ma série préférée, des animaux anthropomorphisés!

Trois des "storied animals" de Travis Louie
Trois des « storied animals » de Travis Louie

C’est donc eux que je vous présente ici, ses « storied animals », ou animaux historiés. Ils ont l’air si vivants qu’on croirait qu’ils ont véritablement existé, et pour amplifier cette impression, l’artiste accompagne la plupart des portraits de la biographie du personnage.

Voici deux exemples, pris sur le site de la Gallerie Roq La rue de Seattle, où Travis Louie vient tout juste d’exposer :

Travis louis rabbit « Sam was thought to be part rabbit, part wallaby, but very often he was referred to as that “rabbit”. He was very ill-tempered and prone to cussing. He also had the nickname of “Surly Sam”. They say when Sam was a small child, his whole family was eaten by wild dogs and being the only survivor of that ordeal made him mean and quick tempered. For a short time, he was a lawman in New Mexico, but he let his temperament get the better of him and was fired for excessive use of force on a public building. When gold was discovered in the North Dakota territory, Sam moved out there, became a goldminer, and spent the rest of his days living a more solitary existence taking out his aggressions with a pickaxe and shovel.”

Travis Louie pig« Harriet was a popular “entertainer” at an establishment in Port Royal, Jamaica. She possessed a remarkable ability to make people laugh while also insulting them. It was her skill at detecting a person’s deepest insecurities and making light of them that was so alluring. She attracted many would be suitors, which consisted mostly of sailors, thieves, and the occasional cutthroat. She made the best of her situation and longed to save enough money to retire to a farm in the Americas. Her plans changed when she met a privateer who used his letters of marque to acquire a vast fortune only to have it stolen by his first mate. She struck a deal with him to help lure his betrayer into a trap and share the recovered treasure. The scheme worked and she ended up living the rest of her life with him on a sugar plantation. »

J’aime à penser que Travis Louie invente l’histoire de ses personnages en amont, et que c’est ce qui donne tant de vie à ses portraits. Ils seraient alors de parfaits exemples de ce que l’on peut faire en écriture : étoffer le passé (back-story) de nos héros pour les rend plus crédibles. Même si le matériel ainsi créé n’est pas utilisé directement dans l’œuvre finale, on sentira, dès la première rencontre, qu’ils ne sont pas que de simples protagonistes en carton-pâte.

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Réflexions de déracinement #1 : La différence entre culture et personnalité 

Lorsque je parlais à une amie (coucou Eza!) de notre année en Provence, elle m’a demandé tout naturellement si j’allais écrire sur l’expérience. Je dois avouer que je n’y avais pas pensé jusque là! Après tout, j’écris rarement le réel, et même, je ris régulièrement du grand nombre de romans miroirs qui commencent par un déménagement (et finissent par un bal de fin d’année!).

Deux mois plus tard, je n’ai toujours pas l’intention d’écrire le récit de mon déménagement, mais je réalise que l’expérience acquise me sera utile dans l’écriture de romans de l’imaginaire. Ces réflexions risquent de faire une série de billets, dont voici donc la première :

La différence entre culture et personnalité. 

Lors de la première rencontre de parents avec la professeure de ma plus jeune, j’ai rigolé intérieurement, car je trouvais que sa professeure semblait bien stricte, et qu’en fait, je m’y attendais un peu. Nous avions même averti les enfants sur ce point avant leurs rentrées respectives. Pourtant, quelques semaines plus tard, je discutais avec une mère du coin, dont le fils avait eu la même professeure, et elle a commenté sur sa sévérité. Ce que j’avais pris pour une différence culturelle (tous les professeurs français sont sévères) n’était en fait que le trait de personnalité d’une seule personne.

En récit fantastique, il arrive souvent que l’on ne présente de prime abord qu’une seule personne d’une race inventée. Lorsqu’on désire introduire une seconde personne de la même race, on se retrouve devant cette grande question: “qu’est-ce qui est culturel et commun à tous ceux de la race, et qu’est-ce qui fait simplement partie de la personnalité du personnage initial?”

C’est une ligne difficile à tracer! S’ils tous les personnages se ressemblent trop, la race deviendra caricaturale. S’ils sont trop différents, aucune culture n’émergera et l’effet d’exotisme sera gâché.

Ajoutez à ça le fait qu’il y a des exceptions partout (un Italien introverti, ça existe!), et qu’en plus, la littérature aime bien s’intéresser aux personnages qui ressortent du lot. Le seul représentant pacifiste d’une race guerrière sera bien plus intéressant que ses cinq cousins à gros bras qui rentrent dans le rang!

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Les doutes vs les raisons d’écrire

On entend souvent parler du syndrome de l’imposteur, par lequel l’auteur doute de son talent, de ses capacités, mais le doute peut prendre bien d’autres formes. “Est-ce que tout ça sert à quelque chose?” est la forme qui m’assaille le plus souvent.

En général, le meilleur remède pour calmer les doutes est la réaction de nos lecteurs. Après tout, c’est pour eux que nous écrivons. Par exemple, chaque fois que l’un d’eux nous avoue avoir aimé notre livre, le syndrome de l’imposteur s’éloigne pour quelque temps. Pour la question de l’utilité de notre livre à travers cet océan de publications, ça prend des commentaires tout particuliers. J’en ai repéré trois sortes, qui correspondent chacun à une raison d’écrire différente.

Raison n.1: Créer des lecteurs

Cette raison d’écrire est spécifique aux auteurs jeunesse, peut-être même encore plus aux auteurs de romans. Un petit message via les médias sociaux : “Je (mon fils, mon élève) n’aimais pas lire jusqu’à ce que je tombe sur votre livre…”. Notre coeur d’auteur jeunesse explose de joie: on a rempli notre rôle!

Raison n.2: Pour toucher/faire du bien

Une lectrice adulte est venue me voir un jour pour me dire qu’elle avait lu mes chroniques post-apocalyptiques dans un moment difficile, et que ce dernier l’avait aidé à passer à travers. C’est l’autre raison d’écrire: pour aider les gens. Pour qu’ils se sentent moins seuls, qu’ils oublient leurs problèmes quelques instants, qu’ils se reconnaissent. À chaque livre  sa manière de faire du bien. Cela va au-delà du simple « j’ai aimé », ça se voit dans les yeux du lecteur.

Raison n.3… 

C’est une raison un peu plus utopiste, une sorte de sommet de la pyramide de l’utilité d’un livre.

Écrire pour changer le monde.

Bon, à petite échelle, bien sûr! Une personne à la fois. J’avais déjà parlé de Le silence de Mélodie, dont la lecture avait fait de moi une meilleure personne. Cette semaine, le blogue de Délivrer des livres a écrit ceci d’un de mes livres:

“Certains livres changent la manière de percevoir le monde et
La promesse du fleuve en fait partie”  (critique complète ici)

Je ne me suis jamais sentie aussi légère. Peu m’importe désormais l’opinion des autres sur mon livre, s’il réussit a élargir la vision du monde d’une seule personne, mon travail n’aura pas été vain. Toutes ces heures passées à mon clavier en auront valu la peine.

Le doute est repoussé… du moins pour quelques jours!

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Le cabinet de curiosités

D’abord un petit mot pour dire qu’il y a un exemplaire de Pétronille gagner sur mon Facebook! C’est tout!

Je l’avais vu annoncé il y a quelques semaines: “Salon de l’imaginaire du pays d’Aix”. L’événement me tentait bien… puis j’ai vu qu’ils proposaient un cabinet de curiosité, et c’est devenu un incontournable! Si j’aime les littératures de l’imaginaire, je ne peux résister à ces collections d’objets hétéroclites qui jouent les funambules entre le merveilleux et le bizarre! Voici quelques-unes de mes trouvailles:

Tout d’abord, il y avait Retro Univers, une compagnie de Carcassonne,  qui proposaient des accessoires steampunk, des pieuvres articulées, et des livres hantés sous vitres.

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Puis, Studio Landai qui, pour leur part, avait des squelettes d’animaux, des hippocampes séchés, et même un masque à gaz classique.

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Gros coup de coeur pour les potions magiques qu’offrait l’Atelier des flammes noires! Tellement que je compte conserver mes prochains pots d’épices vides… et peut-être mettre ma plus grande là-dessus!

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Et finalement, clou du spectacle, une exposition de l’artiste Gerard Boyer, pour lequel je n’ai malheureusement pas trouvé de site web, mais qui fabrique des machines-animaux plutôt abstraites, mais qui prennent vie de manière fascinante lorsque les spectateurs appuient sur un bouton. Je m’en veux de ne pas avoir fait de vidéos pour vous montrer… il faudra, pour ce coup-ci, me croire sur parole!

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Petit détour par une librairie d’Amiens!

La fin de semaine dernière, j’ai pris le train jusqu’à Amiens, afin d’aller rencontrer des lecteurs à la Librairie Martelle.

Malgré la température maussade (après un mois en Provence, on oublie c’est quoi un ciel gris!), la ville d’Amiens est très accueillante avec sa rue marchande piétonne, sa cathédrale spectaculaire, et ses immeubles enjolivés par des auteurs de BDs, comme ci-dessous.

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La librairie elle-même valait les 4 heures de train! D’une taille que l’on associe généralement aux grandes chaînes, elle s’étend sur deux étages, avec des salles distinctes selon les genres et les thèmes : littérature générale, documentaire, livres pratiques, jeux de société, bandes dessinées… les sections se suivent à perte de vue, avec chacune leurs petites touches artistiques pour nous mettre dans l’ambiance. Même la littérature fantastique et de science-fiction a sa propre salle, ornée d’un poteau déguisé en trône de fer.

20191005_152351Évidemment, c’est l’espace jeunesse  qui m’intéressait le plus! Ce dernier possède un arbre majestueux en son centre, histoire d’inviter le lecteur à l’évasion et à l’imaginaire. On le voit mal sur la photo, mais des centaines de petites grenouilles vertes peuplent cet univers de feuilles colorées.

J’ai bien rigolée, devant une table, de voir que je n’étais pas si loin de chez moi! Le rayon des romans pour les 7-8 ans est absolument envahis par la littérature québécoise. Dans la photo ci-dessous, presque tous les titres viennent du Canada! Je n’ai d’ailleur pas pu m’empêcher de jouer moi-même les libraires. Puisque les gens confondent parfois la table de dédicace pour un kiosque d’information, je me suis fait un plaisir de répondre à leurs questions en leur suggérant des livres lorsque j’en étais capable (et de les diriger vers la « vraie » libraire la plus proche lorsque je ne l’étais pas). J’en ai profité pour vendre un Marianne Dubuc, histoire de prêcher pour ma paroisse!

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Lorsque je n’étais pas trop occupé à m’émerveiller des livres et du décor, j’ai aussi fait de grandes rencontres! Les lecteurs, évidemment, mais aussi ma très sympathique comparse de signature, Marie Caillet  qui partage ma passion pour le chocolat noir (allez-voir son dernier livre, Kaleidoscope il a l’air fantastique), et bien sûr, les libraires, avec qui jaser de littérature (nous étions prêtes à partir un fan-club pour Mourlevat!), mais aussi de musique (Alice, si tu lis ce billet, tu me refilerais le lien vers l’inédit de Renan Luce dont tu m’as parlé?), et même de mes quêtes culinaires (je n’ai toujours pas trouvé de vergeoise!).

Bref, une très belle expérience, et surtout, un incontournable si jamais vous passez par Amiens!

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