Les fautes attrapées de justesse!

Posted by Annie Bacon | Anecdotes,Terra Incognita | Mercredi 30 juin 2010 07:00

J’exprimais, dans un billet récent, ma lassitude face à la relecture avant impression. À quoi peut bien servir tant de révision, se demanderont certains! J’ai donc décidé de partager avec vous certaines de ces fautes qui seraient « passées tout droit »!

Il y a, évidemment, quelques virgules et répétitions de mots, parfois causées elles-mêmes par des corrections antérieures.

Il y a les corrections déjà acceptées, mais qui nous chicotent. Acculés au mur de la publication, on prend le taureau par les cornes! Un exemple ? Dans la phrase suivante : « Jessica considère le prendre par surprise et lui subtiliser son uniforme. », le verbe « considérer » avait été changé par « compte » par la correctrice, substitution que j’avais moi-même acceptée. Mais depuis deux relectures, le mot me dérangeait, le sens en étant trop différent. En effet, Jessica n’a jamais décidé de poser le geste, elle en étudie seulement la faisabilité. Dans la version finale, la phrase sera donc : « Jessica examine la possibilité de le prendre par surprise pour lui subtiliser son uniforme. »

Parfois, à force de vérifier l’orthographe, on en oublie de vérifier le sens. Ainsi, j’ai trouvé deux erreurs intéressantes vers la fin. En page 95, le roi s’exclamait : « Un seul cri de ma part et des douzaines de gardes entreront dans cette chambre. » Quelques pages plus loin, faisant référence à cette semi-menace, il avoue : « Tout à l’heure, lorsque j’ai dit que je pouvais compter sur cent gardes, j’exagérais. » Oups! Les gardes se multiplient!!!

Je vous laisse découvrir la dernière vous-même! Voici la phrase :

« Le garçon, à quatre pattes, monte une seule marche par roulis; il attend patiemment, avant de lever le pied, que le mouvement de balancier du bateau lui offre un plancher à l’horizontale. »

On a dû le lire des dizaines de fois avant que l’erreur ne nous saute aux yeux!

Choisir un titre, c’est comme choisir un nom de bébé!

Posted by Annie Bacon | Terra Incognita | Jeudi 17 juin 2010 14:54

Il y a des titres qui nous viennent immédiatement, alors que le livre est à peine embryonnaire, et qui servent à en cimenter le ton. D’autres sont pénibles à trouver et donnent lieu à des brainstorms interminables. D’ailleurs, dans le film « Julie & Julia », il y a une scène aussi inutile qu’intéressante dans laquelle la désormais célèbre cuisinière et son éditrice cherchent un titre à son livre de recettes à l’aide de mots écrits sur des post-its. Des fois, c’est comme ça!

Cette semaine, j’ai envoyé deux titres possible pour le quatrième Terra Incognita. Les choix : « La tribu des insectes » et « Le vol des scarpassons ». L’idée était de pouvoir intégrer le titre avec la mention « à paraître » dans le troisième tome, qui partira bientôt chez l’imprimeur. La majorité des commentaires étaient favorables au deuxième, plus intrigants, surtout à cause de ce mot inconnu qu’un de mes amis est allé jusqu’à googler! J’ai finalement décidé que le roman n’était pas encore assez avancé pour mériter une étiquette, mais le titre est tout de même, en attendant, en haut de mon manuscrit en devenir.

Pour « Le fantôme du caporal poltron », j’ai eu le titre en tête avant d’écrire la moindre ligne! J’aimais sa consonance! Quelque chose d’intéressant dans la répétition des sons « P », « O » et « L » des deux derniers mots, et de la juxtaposition de deux termes foncièrement forts et courageux avec l’adjectif contraire. Au contraire, pour « Les Naufragés de Chélon », le titre n’a été choisi que vers la fin, et ce n’est que tout récemment que je me suis mise à l’aimer. Je me demande parfois si je n’aurais pas dû garder cette phrase comme titre de la série plutôt que du premier recueil.

Un autre qui a posé problème : « L’ogre, la sorcière et le grand méchant loup » de jesuisleheros.com. Son point positif : une forme semblable aux titres de films « Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant » et « le bon, la brute et le truand ». Mais l’éditeur et moi aurions voulu y intégrer le nom de l’enfant, pour renforcer la personnalisation. On a tout essayé, rien n’y faisait! « NOM_ENFANT dans la forêt des malaimés » aurait été parfait… mais l’expression était déjà prise! Alors, le titre est resté comme tel!

Et pour finir, quelques uns de mes coups de cœur, côté titres :

Un récent : « La solitude des nombres premiers » de Paolo Giordano

Un jeunesse : « Un escargot sur la main » de Gilles Gemmes

Un classique : « Le silence des homards » de San Antonio.

En avez-vous à partager?

Quelques perles tirées de « Le fantôme du caporal poltron »

Posted by Annie Bacon | Terra Incognita | Lundi 7 juin 2010 14:27

Pendant la fin de semaine, j’ai révisé, format maquette, le troisième tome de Terra Incognita, prévu pour publication au mois de septembre. J’en ai profité pour garder en mémoire mes phrases préférées, que je partage avec vous!

Alors que les naufragés plaident leur cause à Christophe IV, monarque de douze ans :

Lorsqu’on porte le titre de roi à un si jeune âge, on ne peut qu’être sensible au sort des orphelins.

Un peu mélo, je l’avoue. Pour un peu plus, je me mettrais à chanter la chanson thème de « Rémi sans famille »!  Enfin, j’aime tout de même!

Alors que le caporal poltron du titre tente d’en apprendre plus sur les hommes sous son commandement :

À en croire les dirigeants de l’école militaire, les soldats n’ont qu’une envie : se battre pour l’amour de la patrie. Si le mot « amour » a souvent été prononcé lors des entrevues, il a toujours été suivi d’un nom propre.

À vrai dire, j’aimais mieux la phrase lorsqu’elle se terminait par « il n’a jamais été suivi que d’un nom propre », mais ça avait été jugé « pas assez direct ».

Alors que Basile, mon cuisinier, vit sa première peine d’amour :

Ressassant sa peine, le cuisinier sort son rouleau à pâtisserie et attaque la boule de pâte à grands coups de chagrin.

La phrase fait d’ailleurs partie d’un de mes chapitres préférés dans le roman… moi qui tombe rarement dans l’eau de rose, j’y suis allée à fond! Dans le même coin, il y a vait également un parfum « à base de rosée et de lavande, qui rappellera le lever du soleil au premier matin du printemps ». Lyrique à souhait!

Alors que les naufragés en apprennent un peu plus sur le système politique de l’île.

(…) répond le roi, avec la fierté feinte du patriote désabusé.

Je ne sais pas quoi dire sur celle-ci, j’en aime juste la consonance autant que la signification!

Je vais essayer de faire de ce petit jeu une coutume à chaque fois que je publie un texte, et j’invite tous les auteurs qui me lisent à me faire parvenir leurs propres phrases préférées dans leurs oeuvres à venir! Je me ferai un plaisir de les publier ici!

Classique ou cliché? Dans le doute, s’abstenir!

Posted by Annie Bacon | Terra Incognita | Jeudi 3 juin 2010 07:03

Iroquois Savage, tiré de "Encyclopedie des Voyages", 1796Cette semaine, j’ai pu continuer un peu Terra Incognita Tome 4, qui n’a pas encore de noms, je dois l’avouer. Côté histoire, c’est celle qui m’a posée le plus de problèmes à ce jour. J’avais déjà parlé de la coupure de ma scène originale dans un précédent billet, mais depuis, la scène avait eu le temps de revenir dans une version que je pensais bien finale. Mais voilà, l’intrigue tournait autour de ce que je pensais être une classique : une tribu d’indigène qui impose trois épreuves à un des naufragés pour être accepté parmi les leurs.

Hors, de classique à cliché, il n’y a qu’un pas. Plus j’approchais de la scène des épreuves, et plus elle me dérangeait. Je me rappelle avoir vu cette structure dans les Schtroumpfs et dans Natasha, mais je suis certaine que ces deux ne sont que la pointe de l’iceberg. La manière grâce à laquelle les naufragés allaient réussir les épreuves avait beau être merveilleusement originale et inventive, le doute n’en planait pas moins : nageais-je en plein cliché?

Dans le doute, s’abstenir! Exit les trois épreuves, remplacées par quelque chose d’autre! Jamais histoire ne m’aura donné autant de difficulté!

Chose promise, chose due

Posted by Annie Bacon | Anecdotes,Terra Incognita | Vendredi 16 avril 2010 07:30


Mercredi dernier, j’étais dans une école de Saint-Hubert pour faire des animations. Lors d’une période de questions merveilleusement enthousiaste (jamais moins de 5 mains levées, du jamais vu!), une élève m’a demandé si mes personnages allaient parfois aux toilettes dans mes romans. Plutôt amusée, j’ai du répondre par la négative, en sachant pertinemment que cette absence complète de fonctions digestives est un cliché non seulement de littérature, mais également de télévision et de film.

Lorsque cette même élève est venue me demander une dédicace au salon à peine une heure plus tard, ça a été plus fort que moi. Je lui ai promis solennellement par écrit qu’un de mes personnages irait aux toilettes d’ici le tome 5 de Terra Incognita. Moi! J’ai fait cette promesse, à peine quelques heures après vous avoir avoué, chers lecteurs, mon aversion pour tout ce qui touche à l’humour anal.

Me voilà donc pris, non seulement à mentionner une visite aux toilettes, mais en plus à le faire avec bon goût. Je suis une femme de parole! Rendez-vous au tome 5 (peut-être même au 4, mais ce serait surprenant puisque le plan est déjà terminé) pour voir le résultat.

Prochain billet, je vous le promets, on change de sujet!!

Mon plan de travail

Posted by Annie Bacon | Le métier,Terra Incognita | Vendredi 2 avril 2010 08:13

Cette semaine, malgré les enfants malades, j’ai réussi à terminer mon plan de travail pour Terra Incognita : tome 4. Ce plan est en fait une courte description de ce qui arrivera dans chaque chapitre. C’est un exercice que je fais avant l’écriture de chaque livre. Au cours de l’écriture, il arrive que le plan change. Des chapitres se fondent les uns aux autres, d’autres sont ajoutés, mais je ne fais jamais de changements sans mettre à jour le plan, pour m’assurer que le tout fera du sens. Il faut dire que, dans cette série, j’alterne toujours les chapitres entre plusieurs groupes de personnages, donc, impossible de couper un chapitre sans revoir la structure au complet.

En exemple, voici le début de mon plan de travail pour Terra Incognita : Pirates à bâbord. Le plan complet comprend 21 chapitres, un prologue et un épilogue.  Avec le recul, c’est amusant de voir comment tous les noms ont changé! SharkMeat est devenu « Squale », Alan est devenu « Aldebert », et La Miss Fortune est devenue « la Rapinière ».

Petite note : il n’y aura pas de nouveau billet lundi! Joyeuses Pâques tout le monde!

Série or not série, telle est la question!

Posted by Annie Bacon | Le métier,Terra Incognita | Mercredi 17 mars 2010 17:47

Dans ma tête, il n’a jamais été question de n’écrire qu’un seul livre. Même lorsque j’ignorais encore si j’aimerais faire ce métier, j’avais décidé d’en écrire au moins trois avant de choisir. Mon tout premier manuscrit envoyé  à un éditeur portait un nom de série en plus d’un titre. Mon calcul était aussi simple que mercantile : selon moi, les enfants retiennent les noms de série, mais pas les noms d’auteurs.

Il y a deux jours, le tome 2 de ma série Terra Incognita est arrivé en librairie. Comme le seul outil d’analyse de vente dont les auteurs disposent est la fonction « disponibilité dans les succursales » du site de Renaud-Bray, j’y suis allée dans la joie. Première vérification : le nombre de Terra Incognita : Pirates à bâbord. Verdict : deux fois plus de commandes que pour la sortie du premier livre! Jubilation! Comme on dit en business :  ça « scale »!

Deuxième vérification : combien de Terra Incognita : Les naufragés de Chélon Renaud-Bray ont-ils recommandé pour accompagné la sortie du deuxième? Oups! Z-É-R-O! Il ne reste donc plus que trois copies de ce livre dans toutes les librairies Renaud-Bray de la province. J’ai peut-être crié victoire un peu trop vite.

Évidemment, il ne s’agit là que d’une seule chaîne, et je vois bien, lorsque je fais des salons, que le principe de série marche, puisque la moitié des acheteurs me prennent les deux d’un coup. Reste à espérer que les lecteurs n’hésiteront pas à prendre le deuxième sans avoir lu le premier, et surtout, qu’ils l’aimeront assez pour passer une commande lors de leur prochaine visite en librairie!

Une sctructure narrative de « soupe au caillou »!

Posted by Annie Bacon | Terra Incognita | Jeudi 11 mars 2010 19:08

Hier soir, je disais, par Twitter, avoir passé une semaine de « congé d’écriture » alors que j’étais en Floride pour 7 jours. Je ne mentais qu’à moitié! Je n’ai pas écrit une ligne, mais j’ai commencé à planifier les différents chapitres du tome 4 de Terra Incognita. J’ai donc passé un peu de temps à réfléchir en faisant semblant de prendre des notes, que j’ai, évidemment, oubliées là-bas! Qu’à cela ne tienne, le geste de prendre des notes est souvent plus important que la pérennité desdits écrits.

Depuis presque une année que j’ai en tête une scène autour de laquelle j’avais décidé d’élaborer la quatrième aventure de mes naufragés : j’imaginais des nuées d’insectes poursuivant le bateau par la faute d’une idole qu’un membre de l’équipage (Bernard, probablement) aurait subtilisée aux ruines d’un temple insulaire.  Des éléments sont venus s’y ajouter, puis j’ai bloqué sur le thème. Voyez-vous, j’aime bien utiliser un thème qui sert de ligne directrice aux différentes actions du roman, un peu comme on retrouve dans des épisodes télévisés pour lier les histoires « A » et « B ».

Aparté : Pour ceux que ça intéresse, le thème du premier est le chez-soi, le thème du deuxième, la confiance, et le thème du troisième, le « leadership ». Fin de l’aparté.

Donc, joue et rejoue avec l’histoire, décide finalement du thème, joue et re re-rejoue avec les péripéties, pour réaliser que le tout marche… à condition de retirer la scène initiale.

Joss Wheedon a déjà dit : « Si ton histoire ne marche pas, retire ta scène préférée » (traduction plus que libre, aucune idée de la source originelle!). Cette fois-ci, c’était le cas!

Pour le Tome 6, les insectes?

Terra Incognita Tomes 4, 5, 10… et 50?

Posted by Annie Bacon | Réflexions,Terra Incognita | Mercredi 3 mars 2010 07:56

Il m’est arrivé souvent d’en vouloir à certains auteurs de bandes dessinées de continuer les mêmes vieilles séries sans jamais rien offrir de nouveau. Scrameustache N.39, Yoko Tsuno N. 24, pourquoi Gos et Leloup s’entêtent-ils à ne faire carrière que de ces seuls personnages?

Puis, j’ai moi-même commencé une série de roman. Pas une série épique avec une fin prévue telle qu’Amos Daragon ou Harry Potter, quelque chose qui ressemble plus à une série de bandes dessinées ou d’animation télé: des aventures différentes à chaque livre, et un « presque statu quo » retrouvé à chaque dernière page. Le troisième était à peine entamé que j’avais déjà des idées pour les tomes 3 et 4. Récemment, un chapitre complet du tome 10 m’est venu en tête.

Je comprends maintenant les auteurs qui continuent des séries année après année! Une fois que les personnages t’habitent, les aventures viennent toutes seules. Une fois celles-ci en tête, pourquoi ne pas les écrire?

Aperçu d’un lancement à la fois local et social!

Posted by Annie Bacon | Terra Incognita | Lundi 22 février 2010 14:14

Et voilà! 42 livres signés plus tard, le lancement est terminé, et l’auteure prend un repos bien mérité!  Malgré la neige du matin, l’événement a été un franc succès et le Péché Glaçé autant que mon Éditrice sont très satisfaits des résultats! De mon côté, j’en conclus que le succès a été dû à deux choses : le choix de faire un lancement « local », et l’utilisation des médias sociaux dans ma vie en générale.

Soyons d’abord prophètes dans notre quartier!

L’idée était de mon chum. Je me questionnais sur la pertinence d’une semaine d’animations scolaires dans les maritimes, et il me suggéra de commencer plutôt par mon quartier. Après tout, on y trouve une bonne dizaine d’écoles! J’ai donc fait deux animations scolaires dans le coin pendant la semaine qui précédait le lancement. Résultat? Plus de la moitié des livres vendus lors du lancement l’ont été à des élèves de ces deux écoles qui, plusieurs jours après l’animation, m’avaient encore assez en mémoire pour faire le détour jusqu’au péché glacé. Merci aux parents, d’ailleurs!

Les réseaux sociaux rendent asocial? Pffffttt!

Ce n’est pas de la promotion du lancement dans les médias sociaux qui m’a impressionnée, mais bien le fait que, grâce à ce médium, j’ai de nouveaux amis! Des amis que je n’avais jamais rencontrés avant des les suivre sur Twitter, d’autres que j’avais perdus de vue avant Facebook, d’autres encore qui n’auraient jamais sauté la clôture qui sépare « contact de travail » et « amis » si ce n’était des réseaux enligne. Certains prétendent que les contacts humains se raréfient à cause des médias sociaux, et bien plusieurs personnes sont venues prouver le contraire samedi, et je leur envoie un merci tout particulier!

On se reprend en septembre pour la sortie du troisième?

« Page précédentePage suivante »