Archives mensuelles : février 2013

Récapitulatif de mes projets

D’habitude, j’en fais l’exercice à la nouvelle année, mais ayant à peine couvert les principaux dans mon Bilan 2013, voici, classés par étape de complétion, tous les projets que j’ai dans mes tiroirs, en tête ou sur ma table.

 

Les « publiés et en cours de publication »

Victor Cordi : Le troisième sortira au mois d’avril, juste à temps pour le Salon du livre de Québec. Le quatrième est déjà écrit et en cours de direction littéraire. Je m’attaque au cinquième dès mon retour du salon de l’Outaouais.

– Encyclopédie du merveilleux urbain : mieux connu dans le présent blogue sous le nom de « mon album illustré pour Boomerang », et sous celui de « fées urbaines » pour mes amis, il est tout prêt et attend sagement d’être envoyé à l’imprimeur. Il sortira en septembre, et vous pouvez vous attendre à plus d’info (résumé, extraits et images) dans les trois mois précédents la sortie!

Terra Incognita : la série est pas mal officiellement terminée. Après 4 tomes, l’éditrice trouvait qu’elle s’essoufflait, et comme je peinais moi-même à trouver le temps d’écrire un cinquième tome, nous avons décidé d’un commun accord qu’elle ne continuerait pas… du moins pour le moment.

 

Les « en recherche d’éditeur »

Les Farfous : Mon roman pour les tout petits a subi une transformation à la demande d’un éditeur, et se retrouve désormais sous forme d’album! Les coupures lui ont permis de passer à travers la première ronde de sélection chez ledit éditeur, et j’attends les commentaires pour effectuer une nouvelle version sur laquelle le comité prendra sa décision finale. Bref, on croise les doigts!

– Mon conte de Noël : Il a traîné longtemps sur ma tablette. Je l’ai repris en main depuis quelques mois, et j’utilise désormais une méthode très scientifique pour ne pas qu’il ne perde son temps à nouveau : à chaque refus reçu, je le renvoie à deux autres Éditeurs. On verra bien, donc!

 

Les « tout nouveaux tout beaux »!

Bedondaine et bedondon : C’est un projet que j’avais en tête depuis longtemps : des albums pour les tout-petits légèrement inspirés de mes deux plus vieux lorsqu’ils avaient moins de 5 ans. J’ai terminé l’écriture d’une présentation de projet et d’un premier tome au courant du mois et commence à peine à le faire circuler, on lui souhaite bonne chance.

– Chroniques postapocalyptiques d’une enfant sage : Un roman inclassable, inspiré de mon billet sur la disparition des héros obéissants. C’est un projet plus littéraire, psychologique et atmosphérique que tout ce que j’ai pu écrire jusqu’ici. Il n’est encore qu’embryonnaire, mais j’ai commencé à mettre mes notes en ordre afin de demander une bourse au CAC et au CALQ au 1er avril.

 

Fiouf! Mis bout à bout, ça en fait tout de même pas mal! Je me retrouve d’ailleurs pour la première fois depuis des années, à ne plus avoir de projets qui n’existent que dans ma tête. Ils ont tous été mis sur des rails quelconques et attendent leur heure pour être complétés ou publiés. J’ai hâte qu’une nouvelle idée se pointe, mon cerveau se sent tout-nu sans projets cachés!

Unwritten et le plaisir de la référence obscure

Page de Unwritten trouvé sur le site de  Forbidden PlanetLa semaine dernière, j’ai eu droit à un des grands plaisirs de la lecture. Je suis une lectrice fidèle de la série Unwritten, un comic book dans lequel il est souvent question d’un Harry Potter très légèrement déguisé. Le héros de la série pastiche s’appelle Tommy Taylor, mais porte les lunettes rondes, manie la baguette magique, et a un garçon et une fille de son âge comme compagnons. Bref, il n’y a que le nom de changé… et encore!

Dans le dernier billet de Clémentine Beauvais, mes yeux ont atterri sur une illustration de page couverture d’Harry Potter. En dessous, le nom de l’illustrateur : Thomas Taylor!

Moment de grâce! Tommy Taylor vs Thomas Taylor! Je venais de comprendre l’origine du nom du héros dans Unwritten!!! Rayon de lumière, musique céleste et tout!

Nous plaçons parfois des références obscures dans nos livres en nous disant : « Bah! Il y a un lecteur sur cent qui la comprendra. » Mais ce qu’on oublie, c’est que, pour CE lecteur, l’expérience sera tout simplement extraordinaire! C’est comme déchiffrer son propre Code Da Vinci! L’espace de quelques minutes, on se sent intelligent, privilégié, et surtout, on sent une connexion à l’auteur, comme si on partageait désormais avec lui une « inside joke » tout ce qu’il y a de privé.

Un peu comme les gens de mon quartier qui réalisent que le nom de la directrice d’école dans Victor Cordi est étrangement semblable à celui de la directrice de l’école au coin de la rue…

Trois manières d’être exportable

illustration de johnny_automatic sur openclipart.orgBon! Billet sérieux.

J’ai atteint mon objectif de publier trois livres par année, je fais juste assez d’animations pour arrondir les fins de mois, et pas trop pour ne pas nuire à ma productivité, mon DPP passera bientôt dans les 4 chiffres. Bref, ça se stabilise. Je commence donc naturellement à penser à la prochaine étape, soit l’exportation.

Je n’en suis pas encore à la réflexion du qui et du comment. C’est le « quoi » qui m’intéresse. Qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est exportable et une autre pas? Pour le moment, j’en aperçois trois.

 

Celui qui saute aux yeux : les chiffres de vente faramineux.

Je l’ai entendu plusieurs fois, et de différentes sources : la France ne s’intéresserait à un titre que s’il a dépassé le cap des 5000 copies vendues. La première manière est donc de dominer les palmarès suffisamment pour se faire remarquer et pour que le chiffre à lui-même devienne un argument de vente : « On en a vendu 10 000 au Québec, alors imaginez ce qu’il pourra faire chez vous ». C’est le cas d’Amos D’Aragon ou d’Aurélie Laflamme.

 

Celui qui n’est que légitime : la qualité exceptionnelle

Mais là, attention. Quand je dis exceptionnelle, je ne veux pas juste dire « bon ». On parle du genre de niveau que même les auteurs les plus doués n’atteignent que dans un livre par 10 ans. Il faut qu’en le lisant l’éditeur étranger soit obligé d’admettre ne pouvoir trouver une œuvre aussi merveilleuse dans son propre pays, ou même dans un autre. On se retrouve alors en compétition avec la planète entière, et considérant la qualité de ce qui se fait en Angleterre, mieux vaut manger ses croutes! C’est le cas de Toby Lolness, par exemple.

 

Celui qui me semble le plus atteignable : le concept original

Ça peut être une question de personnage (Frisson l’écureuil), de ton (Funestre destin des Baudelaire), de forme (Géronimo Stilton, ben oui!), de sujet (Adoptez un Glurp!) et de tout ce que vous voulez d’autre! L’unicité permet de traverser les frontières! Même si le livre n’est pas parfait, même s’il s’adresse à une niche et n’a pas fait des chiffres de vente faramineux, si l’idée est suffisamment originale, le livre a une chance de trouver preneur.

 

Je laisse tout ça mijoter, après tout, ce n’est probablement qu’en septembre que j’attaquerai de front cet épineux problème. En attendant, il me reste tout de même à remplir le calendrier de mes parutions 2014! À go, on écrit!

 

 

Bien utiliser la mort

Illustration de Sirrob01 sur openclipart.orgSujet joyeux ce matin, parlons de la mort! Mais non, pas de celle de vraies personnes! De celle des personnages!

Mais juste avant, un message d’intérêt publique:

Je serai au stand de la Courte Échelle (#11) au Salon du livre jeunesse de Longueuil mercredi et samedi de 10h midi. Venez faire un tour!!

La mort, donc. Dans Terrienne, de Jean-Claude Mourlevat, un personnage important meurt de manière complètement gratuite dans la première moitié du livre. « Pourquoi un tel choix de la part de l’auteur? » m’étais-je alors demandée. Ma réponse : « pour monter le niveau de risque ».

Comme de fait, la mort est le plus grand risque que courent nos personnages. Plus elle rôde, et plus le suspense et l’action prennent de l’importance. Si en plus, comme auteur, on prouve qu’on n’hésitera pas à aller jusqu’au bout, le lecteur craindra d’autant plus pour la survie des personnages restés derrière. Le plus bel exemple possible étant possiblement A Game of Throne dans lequel G.R.R. Martin n’a aucun scrupule à tuer des personnages, et pas juste des secondaires!

À l’inverse, si on l’utilise mal, les enjeux disparaissent. J’adorais la série Dragonships Of Vindras de Margaret Weis et Tracy Hickman, jusqu’à ce qu’un des personnages meurt… puis non finalement. Un cœur qui arrête de battre quelques secondes et se ravive sous les coups de poing du docteur (allô Lost!), c’est une chose. Mais les auteurs des Dragonships étaient allés trop loin dans cette supposition de mort. Le corps était bien là, et les rites funèbres avaient commencé. Voler cette mort au lecteur déjà en peine équivalait à dire : « ce personnage ne mourra jamais ». Et si de danger est écarté à jamais, à quoi bon lire le reste?

La Bande dessinée « Seul » a fait bien pire, je ne rentrerai pas dans les détails, mais je leur en veux encore!

Bref, assumez vos morts, ou ne tuez personne, mais de grâce, ne restez pas pris entre les deux!!!