Archives mensuelles : janvier 2013

Pourquoi les enfants, ados et jeunes adultes sauveraient le monde?

Le Wesley Crusher en questionJ’ai déjà touché au fait que les héros des livres jeunesse modernes sont rarement des adultes. Dans plusieurs livres, cela permet tout simplement de toucher des sujets plus près des lecteurs, comme la vie à l’école, la relation avec les parents et autres. C’est bien beau lorsque l’objet du livre est de gagner la coupe ou de trouver le garçon parfait pour le bal, mais lorsqu’il s’agit de changer le monde, comment justifier que quelqu’un sous la vingtaine réussisse là où ses aînés ont échoué?

Voyons d’abord l’exemple typique d’échec de justification. Tous les geeks connaissent l’irritation que peut causer l’utilisation d’un trop jeune pour sauver les fesses des adultes sous le nom « syndrome Wesley Crusher ». Dans un vaisseau remplis d’adultes entraînés professionnellement à explorer l’espace, l’ado était trop souvent, et sans raison, celui qui trouvait la solution au problème. Leur seule justification : « C’est un génie ». Pour une série qui se voulait sérieuse, c’était insupportable!

Dans les livres que j’ai lu dans la dernière année, j’ai rencontré trois très bonnes manières de justifier la capacité de la jeune génération à dépasser ses ainés. La première est de rendre le jeune protagoniste si connu qu’il devient un symbole derrière lequel les autres peuvent se regrouper. Par exemple, dans Hunger Game, Katniss pose un geste très public de défiance sociétale et gagne ainsi le support de toute une population. Soudainement, il devient possible qu’elle mène une révolution.

La deuxième : par la technologie. En effet, dans Pirate Cinema de Cory Doctorow, et Ready Player One de Ernest Cline, les ado-qui-changent-le-monde le font à partir des outils technologiques qu’ils utilisent bien mieux que les adultes. Les ados sont des natifs des technologies, desquels ils ont une grande compréhension, en plus de n’avoir aucun scrupule à les utiliser à des fins détournées (hacking).

Finalement, un moyen secondaire utilisé par les deux mêmes livres est la capacité de mobilisation de cette tranche de la population. Les ados ont beaucoup de temps libres, officiellement « rien à perdre », et sont constamment reliés les uns aux autres par les réseaux sociaux. S’il doit y avoir une manifestation monstre, le mot se passe rapidement, et les interpelés se libèrent sans problèmes.

Bref, notre meilleure d’une révolution (par exemple contre les armes aux États-Unis, on peut rêver!), ce serait qu’une vedette de type Justin Bieber s’acoquine à une jeune Hacker et organise un Flash Mob via Twitter!

Soit dit en passant, le personnage de Madame PerelPixy dans mes Victor Cordi est présente dans le premier cycle principalement pour justifier ce que réussira Victor dans le deuxième ! Je ne vous en dis pas plus, vous n’aurez qu’à les lire!

 

Hello, y’a quelqu’un?

Illustration de Angelo_gemmi prise sur openclipartLa semaine dernière, j’ai un peu déprimé. Ça m’arrive souvent après la fin d’un manuscrit. Lorsque je suis entre deux livres, mon cerveau trouve le temps de penser, et la première chose sur son agenda est souvent : comment vont mes livres déjà sortis? Il y a bien eu un ou deux palmarès de librairies indépendantes au mois de septembre, puis quelques critiques, mais sinon, c’est le vide complet. Mon imagination s’engouffre alors dans des « à quoi bon tout ce travail? » qui spiralent hors de contrôle.

Puis, pour je ne sais plus trop quelle raison, j’ai cherché Victor dans Nelligan, le catalogue des bibliothèques de la ville de Montréal. Et là, trois petits mots m’ont redonné le sourire.

« De retour le… ».

Non seulement la bibliothèque avait commandé un bon nombre de Victor Cordi, mais certains d’entre eux étaient sortis. J’avais là la preuve ultime que tout allait bien : quelqu’un sur l’île de Montréal était en train de lire mes livres.  Et soudainement, tout en vaut la peine, puisque le livre vit. Dans le fond, le nombre, on s’en fout.

Après m’être questionné des années sur le sens que devaient prendre les Salons du livre pour l’auteur, je venais de trouver la réponse. Comme les livres sortis en bibliothèques, ces événements nous permettent de réaliser que nous ne sommes pas vraiment seuls devant nos ordinateurs à nos tables de cuisine. Il y a en fait des centaines de personnes qui lisent par-dessus notre épaule… en différé.

Vivement le Salon du livre de Longueuil!

 

Post-Scriptum : Et juste comme je désespérais d’avoir des nouvelles de mon livre, il est apparu en dixième position du palmarès des meilleurs vendeurs jeunesse de la librairie Monet pour 2012! Yééééé!!!

 

Deux excellentes critiques, et l’INÉVITABLE…

 

Mes trois livres sortis l’année dernière se trouvent critiqués dans le dernier Lurelu! Le premier livre de Victor Cordi y est encensé à grand coup de « Le style de l’auteure est vif et empreint d’humour » « Les émotions sont bien rendues » et mon préféré, « le livre met de l’avant des valeurs profondes ».

Le Vol des scarpassons, de la série Terra incognita a également bien plu au critique! Je me permets de vous en mettre un passage :

« Ce quatrième livre de la série propose un récit époustouflant, palpitant. Les rebondissements des succèdent à un rythme fou, pour le bonheur des amateurs d’action. La narration tantôt surprenante, tantôt mystérieuse, toujours stimulante, entretient le suspense sur un ton énergique. »

Jamais deux sans trois? Eh non! Pour la première fois de ma carrière j’ai eu droit à une mauvaise critique, passage à peu près obligatoire lorsqu’on fait un métier artistique.

Ma première surprise? Ça fait mal! Pas position-fœtale-et-refus-d’écrire-pour-des-mois mal, mais certainement j’manger-du-fun-dip-jusqu’au-mal-de-cœur mal.

Deuxième surprise : une envie énorme de me justifier! Comme si contre-argumenter pouvait servir à quelque chose!

Troisième surprise-qui-n’en-est-pas-une : quelques heures plus tard, on s’en fout! Ben oui, une des critiques (pas la même que pour le tome 1) n’a pas aimé. Rares sont les romans qui plaisent à tout le monde.

Ça m’a rappelé pourquoi je suis restée dans les sciences si longtemps lors de mes études : leur objectivité me rassurait. En physique, si la réponse balistique était de 320 mètres et que ce même chiffre apparaissait sur ta feuille d’examen, personne ne pouvait t’enlever ta bonne réponse. Cette certitude calmait mon âme sensible!

Heureusement, des années de jeux vidéo à traiter avec des clients à caractères et goûts variables m’ont bien endurcie! Amenez-en des critiques! À la longue, ils seront confondus-dus-dus!

Bilan de fin d’année et regard sur 2013

J’avais déclaré l’année 2010 celle du développement, et l’année 2011 celle des ententes d’édition. On ne sera donc pas surpris que l’année 2012 ait été… une année d’écriture! Eh oui! Une fois tous les contrats signés, il faut bien les écrire, ces foutus manuscrits!

J’ai donc eu une année productive, durant laquelle j’ai écrit trois romans (Victor Cordi 2, 3, et 4). Et si tout ça ne fait que 60 000 mots, donc moins que bien des romans adultes, le rythme était tout de même intense, considérant que je n’avais que quelques heures par semaines à y consacrer.

Côté publications, c’est enfin la première année où j’atteins l’objectif que j’avais fixé comme condition pour en vivre un jour, soit de publier au moins 3 livres par année. J’ai ainsi publié L’Anomalie maléfique et le Guerrier venu d’ailleurs de la série Victor Cordi ainsi que le Vol des scarpassons de la série Terra Incognita.

Sinon, l’année a été évidemment marquée par la perte de mon père, mais également par un non-événement dont je ne vous avais pas parlé. Mon mari a changé d’emploi, et pour les six premiers mois de l’année, j’ai été dans l’ignorance complète du pays dans lequel on se retrouverait. J’ai donc passé la première moitié de l’année à rêver de/appréhender une nouvelle ville chaque deux semaines, et la deuxième moitié à m’adapter au fait que nous resterions finalement à Montréal.

Ce qu’on me souhaite pour 2013? De manière surprenante, une année tranquille. Il en faut bien une de temps en temps. Ce sera ma première en tant qu’auteur à temps plein et j’ai envie de la savourer tout en douceur.

Les plans pour 2013 :

  • – Publication des 2 prochains Victor Cordi bien sûr, et également de mon album illustré pour les 9-11 ans chez Boomerang.
  • – Rédaction de deux autres Victor Cordi (#5 et #6)
  • – Tentative de placer un (ou deux, ou trois) autre texte et série pour 2014
  • – Possiblement une première demande de bourse

Ce qui me laisse juste assez de place pour les inspirations soudaines et imprévues!

Bonne année 2013 à vous tous!