Archives mensuelles : septembre 2011

Écrire… par plaisir

Récemment, mon mari et moi jouions à « et si on était millionnaires ». Ayant des tendances plutôt paresseuses, je me suis demandé si j’écrirais dans une telle situation. Entendons-nous, tant qu’à avoir besoins d’un métier pour mettre du beurre dans les épinards, j’aime mieux écrire que faire n’importe quoi d’autre, mais si tous mes besoins monétaires étaient comblés, est-ce que je prendrais la peine de m’asseoir à l’ordinateur pour noircir quelques pages-écrans chaque jour plutôt que de simplement m’écraser dans un divan pour lire et jouer à des jeux vidéo?

Puis, cette semaine, quelque chose d’intéressant s’est produit. Je m’étais fixé quelques objectifs d’écriture avant l’arrivée du bébé, soit un premier jet du tome 1 de mon roman pour Courte Échelle, ainsi qu’une révision et un envoi de la deuxième partie des textes pour l’album illustré chez Boomerang. Une fois ces deux choses faites, j’ai pris une journées de paperasserie et bureaucratie, puis une journée à ne rien faire du tout.

La troisième journée, j’ai repris la plume.

Je me suis lancée dans une première relecture du roman Courte Échelle, sans objectif de productivité, sans obligation, par simple envie. C’était merveilleux!

L’ambition de vivre de l’écriture m’a poussé m’imposer à moi-même certains critères de productivité et certains délais dans les deux dernières années qui ont transformé le tout en obligation. Mais dès que j’ai du temps libre en quantité suffisante, une évidence me rattrape: si je n’écrivais pas, je serrais morte d’ennuie!

Est-ce que j’écrirais si j’étais millionnaire? Il semblerait bien que oui… mais peut-être pas au même rythme!

 

Lorsque les étoiles s’alignent… et que l’une d’entre elles tombe

Au printemps dernier, je suis allée au « Book Expo America » à New York. J’en suis revenue avec les noms de deux éditeurs américains intéressés à en savoir plus sur mon projet avec Boomerang. Le problème, c’est que rassembler le matériel additionnel en question a été long… très long… trop long! Si bien qu’hier, lorsque j’ai enfin envoyé le tout, l’un des deux courriels est revenu avec la notice « Madame XXXXX ne travaille plus chez nous ».

ZUT!

Évidemment, tout n’est pas perdu et je vais tout de même envoyer le tout à sa remplaçante, mais cette dernière ne m’a pas rencontré, je ne lui ai pas présenté le concept sur papier, en personne, dans toute sa splendeur. Est-ce qu’un simple message accompagné de JPEG pourra vraiment avoir le même effet?

Une opportunité ratée.

Il y en aura d’autre.

Si mon passage au BEA m’a appris quelque chose, c’est que ce projet sera vendu à l’international éventuellement. Peut-être pas aux États-Unis, pas nécessairement grâce à mes efforts personnels, probablement pas avant d’être au moins complété et imprimé, mais il s’y rendra!

La fin des vacances… de nos glorieux!

 

J’en ai parlé lorsque j’ai obtenu le contrat , et une seconde fois pour décrire le processus de création : j’ai vécu ma première véritable expérience professionnelle de scénarisation de bande dessinée cet été, grâce à l’illustrateur Martin Roy. Les derniers strips sont passés il y a une ou deux semaines, voilà donc le temps d’un petit bilan.

Pour les curieux qui ignorent de quoi je parle, j’ai créé une page « Les vacances de nos glorieux » à l’intérieur même du site, ce qui m’a d’ailleurs obligée à changer l’étiquette « Mes livres » pour une catégorie « Publications », puisque ces bandes dessinées n’ont existé que dans les pages du Journal de Montréal.

Je suis extrêmement contente de l’expérience! Après avoir accepté le contrat dans l’euphorie, j’ai bien eu quelques moments de doutes. Ma première angoisse : suis-je capable de parler de hockey, moi qui n’y connais rien? Comme de fait, depuis que je ne vis plus sous le même toit que mon grand frère, tout nom de joueur, statistiques, et état général de la LNH me sont devenus complètement extérieurs à mon quotidien. Mais avec un heureux mélange d’abonnement à la Presse, de recherches sur le site du journal de Montréal et d’utilisation intense de Wikipédia, les tics et personnalités des joueurs n’ont bientôt plus eu de secrets pour moi!

Deuxième angoisse : suis-je capable de faire de l’humour? Je considère, dans la vie de tous les jours, comme quelqu’un de relativement drôle, mais j’ai eu la surprise, m’étant mise à l’écriture, que l’humour était pratiquement absent de mes manuscrits, au profit de l’aventure, de l’action et de l’émotion. Mais il semblerait que l’humour marche exactement de la même manière que mes autres inspirations : donnez-moi une chaise et un « deadline »,  et les idées fuseront.

Quelques trucs que j’ai appris en cours de route:

  • –  La bande dessinée en trois-quatre cases est un médium très précis. Trouver la blague n’est qu’une infime partie de l’équation, le succès de cette dernière dépendra du langage visuel utilisé, du dialogue, etc.
  • –  Si trouver plusieurs idées de blague est souvent facile, décider de la valeur de chaque est plus compliqué. Ainsi, j’ai souvent envoyé à Martin Roy plus d’idées qu’il n’en fallait, le laissant ainsi choisir avec un œil externe (et un œil plus habitué au médium visuel) les trois meilleurs.
  • –  Il est plus facile de rire des mauvais joueurs que des bons! C’est le principe du caricaturiste. Plus le sujet est laid, plus le travail est facile!

En conclusion, j’ai ADORÉ l’expérience et suis même pas peu fière des résultats! Tenez-vous-le pour dit : ça ne sera pas ma dernière incursion dans ce médium! Avis aux illustrateurs férus de phylactères, dès que mon carnet de danse se libère, je passe à l’attaque!

Toujours trop court!

Jeudi dernier, j’ai terminé le premier jet de mon Tome 1 de la série d’aventure pour Courte Échelle. Après la préparation du plan, tout a bien roulé sauf un tout petit détail : malgré le grand nombre de chapitres prévus au plan, le résultat est trop court pour respecter le contrat. Trop court de 3 pages, pour être précis. De manière amusante, je suis arrivée, exactement, au nombre de pages des tous mes manuscrits Terra Incognita, soit 72 (17 000 mots pour ceux qui comptent plutôt comme ça). On dirait que c’est mon chiffre magique… je devrais peut-être essayer de le jouer à la loto!

Faire trop court a toujours été mon plus grand problème en écriture. À l’école, lorsque le professeur demandait un travail de 10-15 pages, je ne dépassais jamais les 9 feuilles, et devait faire des miracles de mise en page (paragraphes aérés, marges agrandies, Police de caractère légèrement plus grande, etc.) pour réussir à remplir les exigences requises. Non pas que je manquais de matériel, aucun professeur ne s’est jamais plaint que le contenu du texte manquait de substance. J’ai une écriture concise, voilà tout!

Remarquez, écriture concise et écriture jeunesse se conjuguent à merveille! Et j’ai déjà vu pire que moi! Je me souviens avoir lu un simple chapitre de Celtina (coucou Corinne!) et m’être dit que ces cinq petites pages recélaient d’assez de contenu pour écrire un demi-roman.

Ne vous en faites pas pour mon manuscrit, je le laisse macérer quelques jours, le temps de régler un petit contrat, et je trouverai bien quelques paragraphes manquant lors de la réécriture.

Eh oui, certains auteurs coupent de moitié à la relecture; moi, j’ajoute! À chacun son style!

Hunger Games et la différence en romance selon le public cible

Après avoir lu le premier livre de la très populaire et très aimée série « Hunger Games », je n’avais qu’une seule critique : le pourcentage trop élevé de temps accordé à l’analyse, par l’héroïne et narratrice Katniss, des faits et gestes de son pendant masculin, Peeta. Cette surabondance m’énervait, jusqu’à ce que je rappelle mes propres amours adolescentes. N’ai-je pas moi-même déjà noirci, à l’adolescence, plusieurs pages d’un journal intime à inventer mille et une raisons pour lesquelles Vincent Hébert m’aurait emprunté un crayon? Il faut croire que l’analyse inutile de gestes anodins fasse partie de cette phase de la vie, du moins pour les filles.

Ce qui m’amène à une grande réflexion sur la différence entre la romance en littérature « adulte » et en littérature « ado ».

Du côté des ados, et, par association, dans la littérature « jeune adulte », tout est une question de « est-ce que je l’aime? » et de « m’aime-t-il en retour? », alors que, pour les adultes, il s’agit plutôt de comprendre « Mais où diable cette relation s’en va-t-elle? ». Un peu comme si, avec la maturité, on apprend à reconnaître la présence d’amour chez soi comme chez l’autre, mais qu’on a également appris que cette dernière ne suffit pas à l’élaboration d’une relation harmonieuse.

D’ailleurs, chez les ados, une fois le premier baiser échangé, tout est dit, alors que, chez les adultes, plusieurs longues nuits de passions peuvent s’écouler sans que la trame narrative n’ait atteint son paroxysme. Ami, amant, amoureux exclusifs, mari et femmes, les adultes ont accès à plus de choix dans l’étiquetage de leurs relations et chaque passage ne se fait qu’avec sa part de drame… et de romance!

Deux jolis exemples : dans Sex and the City, on a beau savoir, avec certitude, que Carrie Bradshaw et Mr. Big s’aiment, leurs tribulations amoureuses ne nous tiennent pas moins en haleine. Du côté « jeunesse », une fois que Ron et Hermione (SPOILER ALERT) se sont embrassés dans Harry Potter, on peut passer directement à l’épilogue : « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ».

Sinon, un dernier petit commentaire sur Hunger Games : je voudrais saluer le brio avec lequel l’auteur réussit à naviguer le terrain délicat qu’est le concept de « des adolescents qui s’entretuent ». La plupart des morts surviennent en périphérie de l’action (au cinéma, on dirait « off screen »), et Suzanne Collins réussit à garder les deux héros à la fois actifs et « propres » en ne les rendant responsable que de morts accidentelles, mort par pitié pour quelqu’un qui souffre, ou encore en présentant la victime comme un meurtrier qui l’a bien mérité. De toute façon, l’héroïne agonise bien moins sur sa première victime humaine que sur les états d’âme de son peut-être amoureux à la maison! Question de priorité!