Écrivain salarié, ça vous tente?

Posted by Annie Bacon | Le métier,Réflexions | Mardi 30 août 2011 06:05

Je viens tout juste de terminer la lecture d’un excellent article du Guardian qui parle de la survie des auteurs dans un monde où le prix des divertissements tend vers zéro.

Si, dans l’introduction, son hypothèse que, dans une génération, le métier d’écrivain tel qu’on le connait sera disparu peut choquer, son argumentation est bonne, citant la diminution actuelle des avances payées par les éditeurs ainsi que de multiples exemples d’autres industries dans lesquelles le prix d’une commodité (film, photo, musique) est de plus en plus faible.

J’aurais tendance à crier « foutaises », mais voilà que mes dernières lectures d’articles sur l’autopublication racontent un processus audacieux par lequel les auteurs vendent leurs livres 99 cents jusqu’à ce que ceux-ci se voient propulsés dans les palmarès, où le livre jouira d’une grande visibilité. D’ailleurs, l’industrie du livre jeunesse au Québec n’a pas attendu le numérique pour offrir des livres (et créer d’immenses succès) avec un tel prix! Évidemment, dans les deux cas, le livre finit par reprendre un prix normal, mais ce qui est insidieux avec des prix aussi bas, c’est que le consommateur pourrait s’y habituer, voire y prendre goût.

L’auteur de l’article explique également que les éditeurs numériques et les « librairies numériques » s’en sortent grâce au « long tail », un principe par lequel le fait de pouvoir rejoindre énormément de monde permet de vendre des articles utra-spécialisés à haut prix à un très petit nombre d’intéressés. La technique marche, à condition d’avoir assez de ces articles ultra-spécialisés pour que, tous mis ensemble, ça puisse équivaloir à la vente d’un gros best-seller. Par contre, chaque auteur de ces livres, de manière individuelle, ne recevra qu’un chèque risible de droits d’auteurs.

 

Si l’auteur ne peut vivre de ses droits ni en vendant des millions de livres à 10 cents, ni en vendant 10 livres à 100 dollars, quelles sont ses autres options? Selon l’article du Guardian : un salaire lui permettant de subvenir à ses besoins, quel que soit le chiffre de vente des livres.

Quelques réflexions sur l’idée de l’auteur salarié:

  •  - Tout d’abord, la source d’un tel salaire? Les super éditeurs (à la Google Books) pourraient certainement se permettre de payer un tel salaire à certains auteurs en échange d’une plus grande part sur leurs livres. Sinon, ce serait plutôt des subventions gouvernementales, ce que nous avons déjà ici, et qui ne fait pas vivre grand monde!

  •  - Quel est le prix caché d’un salaire? La censure, certainement, possiblement même une imposition des sujets, et, ne soyons pas étonné : l’apparition du positionnement de produit dans les livres!

  •  - Est-ce qu’une commande à un « employé » peut devenir un livre à succès? Absolument! Il n’y a qu’à regarder du côté de Géronimo Stilton pour voir qu’un auteur unique et dédié à son œuvre n’est pas nécessaire pour l’obtention d’un succès. Bien au contraire, des équipes de type « sweatshop » seraient possiblement plus appropriées au rythme de publication parfois nécessaire pour la création d’un tel succès, surtout dans le secteur jeunesse. Évidemment, je ne parle ici que de « quantité »!

  • - La stabilité d’un salaire permettrait à des auteurs de se consacrer à leur œuvre à temps plein. On ne peut pas dire que ce ne soit pas attrayant…
  • - Mais l’absence de partage de risque, veut habituellement également dire une absence de partage des bénéfices dans le cas d’un succès énorme. C’est un pensez-y-bien!

La question se pose : échangeriez-vous vos droits d’auteurs contre un salaire?

 

Ma tentative, complètement ratée, d’écrire sans plan

Posted by Annie Bacon | Le métier | Lundi 22 août 2011 10:48

La semaine dernière, je me suis lancée dans ma nouvelle série pour la Courte Échelle. Moi qui aie toujours fonctionné avec un plan listant le contenu de chaque chapitre,  j’avais décidé de laisser une plus grande liberté à mon imagination an tentant d’écrire au fur et à mesure, avec comme guide mes seules notes mentales sur le déroulement général de mon histoire. Après tout, je m’enlignais pour une histoire plus simple et avec beaucoup moins de personnages que pour un Terra Incognita. Cette même semaine, Édith Kabuya (Lunatic Extraordinaire)  écrivait justement un billet sur son plaisir d’écrire sans plan. L’expérience valait donc une tentative…

… et n’a résulté qu’en un échec!

Après une trentaine de pages, j’ai dû constater que mon histoire s’enlignait pour être :

1-      Trop courte

2-      Trop linéaire

3-      Trop plate!

J’ai donc pris la matinée de vendredi pour écrire un plan! Ah! Ça va beaucoup mieux! J’ai maintenant des histoires secondaires et tertiaires à intercaler entre les chapitres du récit principal, je contrôle mieux le rythme des scènes d’action versus les scènes relationnelles, j’augmente le suspense en coupant certains chapitres juste au moment où tout va mal, j’ai maintenant assez de matériel pour atteindre les 75 à 90 pages prévues avec un récit dense de et sans remplissage inutile bref, TOUT VA BIEN!

Il faut croire que je suis moins aventurière que mes personnages; j’aime savoir exactement où je m’en vais!

 

 

Grande annonce : je signe chez la Courte Échelle!

Posted by Annie Bacon | Réflexions | Lundi 15 août 2011 06:05

Je vous avais glissé un mot de la rencontre avec l’éditrice mais j’ai eu cette semaine la permission d’en dévoiler un peu plus!

La Courte Échelle a accepté mon nouveau projet de série. Il s’agira d’une série de romans d’aventure pour les 9-11 ans. Environ huit tomes sont prévus! J’avais déjà également glissé un mot sur la petite place spéciale qu’il y a dans mon cœur pour cette maison d’édition! Il faut dire que, dans ma jeunesse, la Courte Échelle était presque la seule maison d’édition à faire du jeunesse québécois. Ou du moins la seule dont les enfants retenaient le nom!

Nul besoin de dire que j’en suis très excitée!

Quelques significations intéressantes de cette nouvelle :

  • - Le porte-à-porte au Salon du livre de Montréal continue de porter ses fruits, puisque c’est là que le contact avec l’éditrice jeunesse de la Courte Échelle s’est établi
  • - Par extrapolation, les médias sociaux sont fort utiles, puisque c’est grâce à un contact virtuel que j’ai obtenu la rencontre au Salon du Livre.
  • - Il est absolument possible de trouver un éditeur sans avoir un manuscrit complet!
  • - À partir de 2012, je devrais réussir à publier entre 3 et 5 livres par année, le chiffre nécessaire selon moi pour réussir à vivre de l’écriture jeunesse au Québec.

Et dire que, à huit mois de grossesse, je n’ai même pas le droit de sabrer le champagne! Quelle perte!

L’évolution de l’imagination.

Posted by Annie Bacon | Inspiration | Lundi 8 août 2011 08:35


 Dans un récent billet, l’auteure Marie Potvin, exprime que, avant d’écrire elle-même, elle se demandait « comment une histoire aussi longue pouvait bien prendre forme dans l’imagination de l’auteur ».  Le questionnement a résonné dans mon esprit, puisque j’ai vécu quelque chose de similaire dans les dernières années. Je m’explique.

 

Ma première série, Terra Incognita, présente une suite d’histoires indépendantes. Tout en écrivant les premiers tomes, je m’extasiais de la capacité d’auteurs comme J.K. Rowling de pouvoir étaler les aventures de leurs personnages sur plusieurs livres. « J’en serais incapable », pensais-je.

 

Pourtant, mon prochain projet sera une série tout ce qu’il y a de plus épique! Étalée sur au moins 8 volumes, l’aventure se poursuivra d’un livre à l’autre. Non seulement j’ai déjà en tête une bonne idée de ce qui se passera dans chacun de ces recueils, mais certaines scènes des quatre premiers livres sont déjà claires à mon esprit.  Non seulement cette chose qui semblait impossible est-elle désormais à ma portée, mais elle me vient de manière toute naturelle, sans forcer.

 

Cette réalisation est presque enivrante! Qui sait quelles autres fausses limites mon cerveau décidera de défoncer la prochaine fois!