Archives mensuelles : mars 2011

Parlons revenus!

C’est le temps des impôts, et je viens de passer toute la matinée dans les chiffres! Je fais donc comme Cécile Gladel, Patrick Dion et François Bélisle, et vous dévoile mes résultats pour 2010.

Droits d’auteurs : 2 289,71$

Animations scolaires : 4 541$

Total de mes revenus : Je ne suis pas transparente à ce point!

L’important, c’est le total des deux chiffres mentionnés, soit 6 830,71 $ de revenus liés directement au métier d’auteur. Si on considère que, tant que tous mes enfants ne seront pas au secondaire, je me considérerai comme un travailleur à mi-temps (et donc, à mi-salaire!), ce chiffre constitue une première marche importante vers le fameux objectif de « vivre de l’écriture ».

Pour 2011? Trop tôt, et pas suffisamment réaliste. Par contre, 2013, here I come!!!

Le DPP expliqué aux non-auteurs.

Ceux qui, parmi vous, suivez des auteurs sur Twitter et Facebook, avez pu voir, vers la fin du mois de février, des messages joyeux annonçant l’arrivée du DPP. Mais qu’est-ce que ce drôle d’acronyme?

 

Une amie à moi m’avouait se sentir parfois coupable vis-à-vis des auteurs de prendre leurs livres à la bibliothèque plutôt que de les acheter. Si ça vous est déjà arrivé, rassurez-vous, le DPP, ou Droit du prêt public, est justement une compensation monétaire versée aux auteurs pour la présence de leurs livres dans les bibliothèques publiques. De plus, de manière surprenante, cette compensation est assez élevée. Elle peut facilement jouer dans les 3 chiffres pour un seul roman, et plafonne à 3000$ pour les auteurs ayant publié de nombreux ouvrages.

 

En fait, le calcul se fait sur un échantillonnage d’inventaire de 6-7 bibliothèques. L’auteur recevra un montant pour chaque livre trouvé dans cet inventaire, majoré selon le nombre d’année depuis la sortie du livre. Donc, si votre geste de prendre le livre à la bibliothèque ne compense pas l’auteur directement, vous pouvez tout de même « louer » sans aucune culpabilité, la seule présence de l’ouvrage sur la tablette indique que l’auteur a probablement été rémunéré.

AJOUT: Tel que suggéré par @Anouk dans les commentaires, demander à votre bibliothèque locale d’acheter le livre d’un auteur québécois que vous aimez bien est possiblement le plus beau geste que vous puissiez faire pour lui!

Remarquez, un achat… c’est bien aussi!!!

Entre deux manuscrits

Voici la situation : J’ai terminé tous mes manuscrits en cours, envoyé tous mes projets futurs à des éditeurs, et mon prochain projet prévu ne sera « greenlighté » que la semaine prochaine. Trop tard pour commencer tout de suite, mais trop tôt pour commencer autre chose. Aucun contrat à terminer, aucun enfant à soigner, une journée qui aurait été parfaite pour écrire.

La question se pose donc : que fait un auteur entre deux manuscrits?

  • Est-ce qu’il repose son esprit fatigué à l’aide d’une grosse sieste et de quelques heures de jeux vidéo?
  • Est-ce qu’il ressource sa créativité vidée en allant au cinéma ou en batifolant dans les champs?
  • Est-ce qu’il analyse le milieu littéraire en passant à travers quelques bouquins?

 

Et non!

 

Il fait DU MÉNAGE!

 

Ce même ménage qui a été remis à plus tard de trop nombreuses fois sous prétexte qu’il y avait des manuscrits à terminer, du développement à faire, des contrats à livrer et des enfants à soigner!

 

*Gros soupir*

 

J’y retourne.

Lorsqu’un plan remplace le manuscrit

 

La manière classique de placer un nouveau projet chez un éditeur est d’écrire le manuscrit complet du premier tome, et de l’envoyer à différents éditeurs avec espoir de publication. Cette technique demande à l’auteur de faire des mois de travail, sans savoir s’il sera couronné de succès.

 

Heureusement, il existe une deuxième technique, soit celle de proposer un plan de projet! Qu’est-ce que j’entends pars un plan? Pour être honnête, je n’en suis pas certaine! Si je sais de source sure que certains éditeurs acceptent de prendre la décision de publier un livre sur un simple plan, je n’ai jamais vu un tel document. Comme j’ai décidé de tenter ma chance, j’ai dû improviser!

 

Ma vision du plan

Cette semaine, j’ai donc un projet qui partira chez éditeur avec lequel j’ai déjà discuté de cette possibilité. Le projet se présente en  deux documents. Premièrement, un extrait du texte final, dans mon cas, les trois premiers chapitres (environ 10 pages) du premier tome. Deuxièmement, une description du projet, incluant les thèmes, les personnages principaux, un synopsis des trois premiers tomes, et une idée globale des trois suivants.

 

Ce qui est merveilleux de cette technique, c’est que le tout m’a pris entre une et deux semaines, et que le premier document (l’extrait) pourra être réutilisé pour le manuscrit final, une fois celui-ci accepté. Évidemment, choisir une telle stratégie me coupe beaucoup d’éditeurs, puisque plusieurs ne signent aucun auteur sans avoir vu un manuscrit final. Mais rien ne m’empêche, si la vente par projet ne marche pas, de me rabattre sur la technique classique en terminant le manuscrit. Je n’aurai, en tout et pour tout, perdu qu’une semaine de travail, alors que je contemple la possibilité d’écrire le manuscrit en toute tranquillité avec un contrat signé sous le bras, et un éditeur qui sait déjà à quoi s’attendre!

 

Et ne croyez pas que l’éditeur n’y trouve pas son compte! Ceux qui acceptent cette manière de fonctionner ont le premier choix et peuvent ainsi ramasser des projets que les autres n’auront même pas eut la chance de voir. Ils peuvent également donner leurs commentaires et influencer la direction que prend le projet dès ses tous premiers pas.

 

Bref, je suis de plus en plus convaincue que c’est la meilleure manière de fonctionner… ne reste plus qu’à tenter le tout ! Le premier courriel partira vendredi, je vous en redonne des nouvelles!

Les trois manières de vivre de l’écriture jeunesse au Québec

photo prise par bookgrl sur FlickrIl y a parfois des coïncidences étranges. Voilà plusieurs jours que j’ai en tête ce billet sur « comment vivre de l’écriture Jeunesse », et voilà que, à mon retour de voyage, je découvre que Dominique, Mathieu et Geneviève ont tous les trois parlé du sujet, et pas de manière particulièrement optimiste! Comme je suis moi-même bien décidée à y arriver, voici le fruit de mes réflexions et observations des cinq dernières années.

 

Première manière : le gros succès!

Évidemment, c’est celle dont on rêve tous! Un roman, ou, plus souvent dans le jeunesse, une série, s’enflamme et se vend à plusieurs milliers d’exemplaires! On peut ajouter dans cette catégorie la vente de droit pour produits dérivés (Films, série télé, etc.) ainsi que l’exportation à l’étranger. Évidemment, cette méthode de vivre de l’écriture existe, on le sait, puisque c’est celle qui fait parler d’elle, mais c’est également la moins prévisible! Celle sur laquelle on peut difficilement compter dans notre plan de carrière. Aussi, elle arrive rarement au premier livre, on entend souvent dire, dans l’industrie, qu’une série commence à marcher à partir du 3e, voire du 5e tome.

 

Deuxième manière : les animations scolaires

Évidemment, je ne parle pas de ne vivre que des animations scolaires, mais certains auteurs qui ont un talent de communicateur et un grand désir de partage réussissent à vivre de l’écriture grâce aux animations scolaires que le statut d’auteur permet. Les droits d’auteurs deviennent une partie presque marginale de leur revenu, alors que des tournées intenses à travers tout le Canada leur permettent de subsister. Les désavantages : ça ronge le temps d’écriture et il faut être disponible pour de longs voyages, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tous (pas le mien!)!

 

Troisième manière : la super productivité

Trois à cinq romans par année. Ça vous paraît énorme? En littérature jeunesse, c’est absolument possible! Évidemment, ça demande d’écrire à temps plein, et bien souvent d’avoir plus d’un éditeur. Ce n’est pas le genre de chose qu’on réussit lorsqu’on tient un emploi à 40 heures semaines et qu’on écrit « on the side »! Par contre, avec un DPP à son maximum et des droits d’auteurs sur les livres cumulatifs des trois années précédentes, on arrive à en vivre, même si frugalement. De plus, si ces livres font parties de séries, l’auteur augmente ses chances d’atteindre la manière numéro 1! Le problème ici en est un d’œuf ou de poule : pour écrire entre 3 et 5 romans pas année, il faut écrire à temps plein, et pour écrire à temps plein, il faut écrire entre 3 et 5 romans par année… depuis plusieurs années!

 

Évidemment, un auteur n’est pas obligé de choisir une méthode et de s’y restreindre! La plupart des auteurs vivent d’un joyeux mélange du tout! La plupart des auteurs superproductifs font des animations scolaires pour arrondir les fins de mois, et des succès, mêmes mineurs, sont accessibles à tous et permettent parfois simplement de vivre un peu mieux, sans ralentir quelque activité que ce soit.  Chose certaine, il faut être prêt à ce qu’atteindre l’objectif prennent du temps (on compte en année, pas en mois!) et être capable de subsister avec peu.

 

Mon propre plan? Je vous en parle une autre fois, ce billet est déjà bien assez long comme ça!

 

 

Les auteurs, comme le bon vin…

Presque systématiquement, lorsque je suis dans une classe, la question de « à quel âge j’ai écrit mon premier roman » est posée. Je réponds « 30 ans » avec le sourire, en cachant parfaitement cette petite déception de m’y être mise un peu tard… je ne serai jamais Christopher Paolini !

Mais l’autre côté du spectre existe également ! Ce qui m’amène à ma lecture actuelle : The sweetness at the bottom of the pie, de Alan Bradley. Pour ce livre, l’auteur a gagné le Debut Dagger Award, un prix britannique décerné à un roman de mystère policier d’un auteur dont c’est le premier roman… Alan Bradley avait alors 70 ans!

Le roman en question est écrit avec une plume absolument délicieuse! Assez belle pour être remarquée, mais sans jamais encombrer la lecture ou arrêter le lecteur dans son élan. Un petit bijou!

Je ne serai jamais publiée à 19 ans comme Paolini, mais, après tout, je considère son Eragon comme étant plutôt naïf et sans profondeur. Mieux vaux donc cesser de pleurer sur le passé, et plutôt me concentrer sur un défi atteignable : peaufiner ma plume pour qu’elle rejoigne celle de Bradley! En m’y mettant tout de suite, je réussirai même peut-être avant d’avoir son âge!

Le genre de choses qu’on peut se permettre avec sa propre éditrice!

J’avais un manuscrit de roman pour les 6-8 qui traînait depuis quelque temps dans mes tiroirs. Il avait un ton très particulier, assez original, mais ne trouvait pas sa place. La semaine dernière : illumination! Je venais de comprendre ce qui ne marchait pas! Je tentais de le faire entrer dans une boîte qui ne lui appartenait pas, et sa véritable place venait de me sauter aux yeux! Une place nouvelle, pour un nouveau genre en littérature jeunesse… un livre qui donnera des mots de têtes aux libraires qui tenteront de le placer!

Dès que j’ai eut un peu de temps libre entre les nombreux rhumes qui ont affecté la maisonnée, je l’ai retravaillé jusqu’à ce qu’il soit à mon goût, et je l’ai envoyé à mon éditrice. L’envoi s’accompagnait d’une offre osée : commencer une  nouvelle collection aux Éditions du Phoenix, pour accommoder le manuscrit en question. Rien de moins!

Sa réponse : ces quelques petits mots : « Ton idée est géniale. J’embarque. » Temps de délais entre mon envoi et la réponse positive : 2 heures à peine!

Avoir une éditrice qui a confiance en vous est une chose bien précieuse!

N.B. : Plus de détails sur la collection? Je ne vais tout de même pas vous dévoiler tous mes petits secrets, non?